‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 79 sur 480 · Bulletin de la Société archéol., t. XLIII, p · texte numérisé non relu

Bulletin de la Société archéol., t. XLIII, p

M4 vfi Nffccr.K r>K vire v^XLfMiAsriQVK en province

(»ln ftfiNftfU'/m Ift mort (lu ««rvileurrle Dieu, de nombreuses guér\miun nUtpiwnut h mm tombeau, l'évAque de Limoges ordonna une Ml^luAI*^; iutiïn on i^tum^ ni hn pUtcAm du procès furent transmises k Ih ('((intlt%fitlort (U^H MlloH ^ Le 21 avril 1666, le cercueil de Barlioii fut InuiNlVu'*, <iu un tombeau «pécial, en forme d'arcade, prati- (|Ui^ dl4tii« lu MMiriilllo du clocher do Saint-Pierre, à côté de la (<httpti||n dn Notro-Diuuo don Awoulsants. L*éveque, François de la l^^uyi^ll^i (^hur^mi Hlurn rorilclal du diocèse, assisté du greffier de ri^v^oiu^i dn pK'Ntdor h In translation ^. La tête de celui que Collin tlppMlIt^ tf l'orutunout du riorgô du Limousin, et une image parfaite dt» Ih pluK «^udut>ulo V(M*lu », ont oncore conservée à Saint-Pierre, duuN uut* tH»upt» do umrbro dt^poHôo sous une grille, auprès des restes du pnlrluiTho Lnmyi dnuH la socondo chapelle à gauche de la prinripttlot^uliH'^o» U\ wUutetiNdo liardondo Brun fut, dit-on, proclamée |mi' \pt^ \\{\^^Mi^'^^ do Loudun. La voix publique donna, dès le jour do w^ uuM't, lo titiH> do bioulunmnix A ce saint prêtre» mais l'Église uo lolui tt jttUitttî* ol1loioUouu>ut iHHHmuu ^

Ki\ \\\\M\ t^lmilo ttvoo cot huuuno de bien, dont la protection était |umv ouVv vl^Uî* lo i^ivî^^ uuo m^udo forct\ les Pères Jésuites du ^H^JbV^ SiiuU^^M^rio, * qui ^:^t»iont totaltnnent à la dévotion de iVv^j^^ ^^^ làuuHixv^ *% Wttluuièn^ut à gouverner olTicîeusement son v^UKH^^^ ^vm>à \^ ^V^uo do lUyuuMut do la Martonte, avec plus d'au- Iv^H^^ ouwi*t* quo >^m5i ropi2iv\»|\Ht vIo $i>a prvviôcesseur. Une preuve MkvUHu;^l>to ol 5M^uUUNAtivii> do l induoniV pK^lominaute de ct^ reli- ^^H^\>iVU' lodoi'^x^ï^vulu^t^c^^st lo fait oMraorvlînain* de notre pré- Ut v|U^ ku^ xs> l<>vu;* ivuUJÎ^v^b^u^ior doux lVro:>Jê>iùtos>>de faire? en ti^>iv l^^ii \tsAt\^ dc^ ^HA^\H::i5^^s do 5^.>u duK\»:i^. nuùs alla Jusqu'à leur vv>»»K^< le ivuvvur ^\\U>uUt»î^ vU' ^vrtor.t^tt î^m uoaude5^>u>^iea<es c4 ;^u^v\<<.vuMu\'ts tiT^ dv^ rv*tidni* ^f^ux-tt^ç^tu^ dç»:> ordoaa.iLt:c^s *-

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huit heures du matin, après la célébration d'une grand'messe, on remarquait en tête du cortège, plus de mille écoliers du collège, choisis dans toutes les classes, et l'on distinguait dans les rangs du clergé trente-deux religieux de cette maison *. Le fait seul du nombre des maîtres et des élèves attestait un progrès considérable, qui ne devait atteindre un plus grand développement, qu'en 1683, sous répiscopat de Louis d'Urfé.

3^ Réforme du clergé par la pratique des visites pastorales.

Dès le début de son épiscopat, l'évêque de Limoges, Raymond de la Martonie, se mit à visiter, d'une façon régulière et conforme à la méthode inaugurée par son prédécesseur, les paroisses de son vaste diocèse 2. A en juger par le sommaire des procès-verbaux de ses tournées, que nous rapporte l'historiographe du diocèse, les mœurs et la discipline ecclésiastique étaient alors étrangement compromises, dans une partie du clergé séculier. A Sainl-Pierredu-Queyroix, la première paroisse de Limoges, par où l'évêque commençait ordinairement sa tournée pastorale, il y avait cinquante-trois prêtres habitués, qui étaient loin d'avoir une tenue irréprochable. La plupart d'entre eux étaient pauvres, et vivaient uniquement des distributions quotidiennes ou du casuel de l'église. Plusieurs prêtres, en outre, étrangers à cette paroisse, s'étant réfugiés dans cette église en 1624, avaient diminué la part du faible revenu des autres ecclésiastiques, et les avaient réduits à une mendicité lamentable. Nonobstant l'ordonnance récente de l'évêque sur ce point, ces prêtres intrus et bientôt après, entraînés par cet exemple, les prêtres habitués, «se tenaient dans les porches ou le cimetière qui était à l'entrée de l'église, pour aller au devant des fidèles et leur demander des honoraires de messes, ou bien encore ils se présentaient d'eux-mêmes aux personnes qui avaient l'intention d'en faire dire, afin de prévenir ainsi les autres prêtres 3. » Bien plus, on laissait ces prêtres administrer les sacrements et confesser les fidèles, quoiqu'ils ne fussent pas approuvés par l'évêque. On les voyait célébrer la messe avec des calices, des

1. Laforest, Limoges, p. 167. A ceUe occasion, le chapitre de Saint-Martial décida, le 9 août, de contribuer à la solennité des Pères Jésuites par une messe chantée en musique, et par une procession qui eut lieu le lundi matin, de la collégiale au collège. Pendant les trois jours de la solennité, les chanoines de l'abbaye se privèrent de la musique qu'on leur avait demandée, et qu'ils accordèrent volontiers. Mss. n. 35, p. 72. Notons encore, qu'au retour de la procession générale, les bannières des nouveaux saints Jésuites furent suspendues dans la cathédrale, en souvenir de la solennité. Archives histoi\, t. VI, p. 15. Ces deux faits attestent la concorde parfaite qui régnait entre le collège et les chapitres de Limoges.

2. L'abbé Legros mentionne expressément les tournées pastorales des années 1617, 1619, 1621, 1622, 1623. L'évêque visita à plusieurs reprises, notamment en 1624, les églises paroissiales de Limoges. En 1621, le 24 mars, il fit sa première entrée à Saint-Junien (Mss. n. 40, p. 360). En 1622, il était en tournée dans la région de Combraille (en Marche). Mss. n. 33, p. 593 et suiv.

3. Mss. n. 33, p. 592. Ordonnapces. synodales de 1619, édition de 1703, p. 75.

patènes, des aubes et des chasubles, si vils et si déchirés parfois, que le service divin en était grandement méprisé. L'ordre et la régularité étaient aussi, parmi eux, en telle désuétude qu'on dut leur ordonner d'assister aux offices, et d'obéir aux vicaires de la paroisse pour le service divin.

Ailleurs, dans les paroisses rurales, on trouvait des prêtres qui ne savaient même pas lire distinctement. L'évêque de Limoges, au cours de sa visite en 1647, fut contraint d'approuver les prêtres les moins capables, pour ne pas laisser le peuple sans confesseurs. Dix ans plus tard, le même prélat suspendait tous les ecclésiastiques de son diocèse, qui avaient été ordonnés en vertu d'induits du pape, c sans sa licence et attestation ». La précaution n'était pas déplacée, car,deux acolythesde Sournac (près Ussel), ordonnés prêtres ainsi par l'évêque de Tulle, avaient été auparavant refusés à Limoges, pour raison d'incapacité. Aussi n'avaient-ils aucune connaissance des fonctions de leur ordre, ni de la langue latine, et ils ignoraient les principes généraux même de la doctrine chrétienne. L'offlcial de Limoges les suspendit pour six mois, et leur ordonna de se présenter, après ce délai, à l'évêché, pour y être examinés.

On eut à se plaindre encore du peu de soin qu'on avait, à cette époque, dans beaucoup d'églises du diocèse, de la propreté et de la tenue des meubles, des vases sacrés, du linge d'église et de tout autre objet de piété. Parmi les prêtres de paroisse, les uns conservaient les saintes espèces dans un calice extrêmement noiret en apparence d'étain ou de plomb, où l'on trouvait un jour de visite une araignée (sic) ; d'autres les gardaient dans un ciboire fait d'une salière, ou dans une boite en bois, ou bien les tenaient pliées dans un linge ou sur du papier, en guise de corporal, à côté duquel étaient des chiffons de lettres. Ici, l'on portait le viatique dans des boites en fer-blanc ; là, on voyait la custode, ou le ciboire de la sainte réserve, suspendus à la chaire ^ 11 n'était pas rare de voir des prêtres porter des sabots à l'église, et faire diacre avec cette chaussure. On avait pris l'habitude abusive d'ondoyer les enfants à domicile, sans aucune nécessité, aussitôt après leur naissance, et de différer de longs mois le supplément des cérémonies du baptême. On donnait encore du vin à ceux qui faisaient la communion. Souvent, on ne donnait point aux malades le sacrement d'Extrême-Onction. Chose enfin plus déplorable encore : les mœurs d'un grand nombre de prêtres allaient de pair avec ces négligences coupables. La fréquen-

1, IVinâ un grAnd nombre d'églises, et notamment à 5>aint- Pierre, le Saint- Serrement ôtJiit suspendu sur l'autel. Cétaît une manière ancienne, mais régiiliôre, do mettre T Eucharistie en résene pour les malades: on l'appelait le rv»r|Hf« Wf-ï-of»!»»». Rarmond de la Martonie pros<."rivit, à l'occasion de la visite qu'il fît à Saint -l^ierre. en Ii5i4. ce mo<1e de suspension du oilK»ire et onloniMi qu'il y eût partout des tal>emacles. Le chapitre de Sainl-Etienne usa alors de si>n ind»^|*endanre p<Mir maintenir Taneien système. q\ii subsista jusqu à la Révolution. Au-dessus du maitre-autel de la cath'iirale. un ange sur une colonne, le tout en ainun. tenait susi^endu à une main un ciboire garni de £3Ùntes espèces, ree»^uvert d'un rche voiîe. en fonue de dôme, Ms^. n. 33, ^ ôiH et HyU^-tm 4e Ltm^gt*, U XLVl. p. 3ii.

tation habituelle des tavernes et des marchés, et par suite le libertinage, n'étaient parmi eux que trop commun. Les cures tenues en confidence et les cusiodinos * pullulaient encore dans le diocèse de Limoges. On remarquait enfin, çà et là, dans cette même région, des prêtres receleurs de voleurs, faux témoins, « ruffians ^ publics » et faiseurs de mariages clandestins, dans les bois ou dans les prés ^.

Faut-il s'étonner maintenant, qu'en présence d'un tel débordement d abus si révoltants et de prêtres si dégénérés, l'évêque Raymond de la Martonie, qui avait vu à l'épreuve des religieux réformés et doués d'un grand zèle, et qui se mettaient t totalement à sa dévotion », en ait fait ses visiteurs diocésains, à défaut d'autres ecclésiastiques et les ait chargés de porter, en son nom, des suspenses et des censures, contre tous ceux qui seraient surpris en flagrant délit?

Les t corps » ecclésiastiques eux-mêmes, qui étaient en partie contaminés du mal de l'indiscipline, s'efforçaient depuis quelque temps de réagir contre le relâchement. Cette réforme, dont nous avons signalé les débuts dans les chapitres de la cathédrale et de Saint-Junien, se poursuivit sans interruption. Comme un certain nombre de clercs, qui faisaient partie de la collégiale de Saint-Junien, négligeaient d'avancer dans les ordres sacrés, le chapitre de cette ville arrêta, le 27 mars 1620, que « Messieurs les chanoines et les demi-prébendiers, qui étaient d'âge compétent, se feraient promouvoir à la prêtrise, sous peine de perdre leurs fruits. * Le 15 avril suivant, le même chapitre trouvait mauvais, avec raison, que les vicaires des deux paroisses de la ville, abusant de leurs charges, octroyassent des permissions à toutes sortes de personnes, pour « solenniser des mariages hors du territoire de ces paroisses, ce qui était un préjudice d'autant plus grand, qu'on faisait par ce moyen des mariages clandestins ». En conséquence, le chapitre ordonna « que ces vicaires seraient admonestés », et il leur interdit « de bailler à l'avenir de pareilles permissions ». Si quelques personnes s'avisaient de leur en demander, ils devaient les renvoyer par devant les chanoines, sous e peine d'être privés de leurs gages », et frappés « d'une autre peine plus grave », s'il y avait lieu.

Le 14 décenibre de la même année, le chapitre s'occupait de la répression d'un autre abus. Comme il avait précédemment « ordonnéqu'aucun prêtre, dépendant des églises du chapitre, n'ouïrait^ personne en confession, qu'il n'eût des lettres de l'ordinaire, par lesquelles il apparut qui avait été examiné », il défendit expressément « aux semi-prébendiere, chanoines et prêtres habitués, de remplir cette fonction sacrée », qui fut dès lors réservée aux vicaires des deux paroisses, et au théologal du chapitre. On exposa au cha-,

1 . Les cusiodinos, ou confidentiaires, étaient des ecclésiastiques qui gardaient un bénéfice pour le rendre à un autre dans un temps déterminé, ou qui admi-' nistraient un bénéfice dont un autre touchait les ivvenus. Cet abus avait été condamné par le concile provincial de Bourges. Voir à ces mots Durand de Maillane, Dictionnah'e dp droit.

2. On désigne par ce vieux mot des vagabonds, et môme des malandrins.

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