Mss. n. 40, p. 359 et suiv
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'î" f!f'foi'ii/e '/'/ L'ff-'fé par 'a ^en^te rp-viiit^t'f* les >'/»iO'/es.
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F/i fdiis r'é|/}irr' flf, res assemblées i/énérales du clergé limousin, fin moins ail point do vue rie l'utilité deses «lécisions pour l'avenir v('\]</ii'\\\ du riiofvsf», fut celle qui eut lieu le jeudi après Saint |jK\ (\f' l^irinéo ffHO. L'évéque de Limojzes y fit publier, en une y^f'ulc l'ois, nrif admirable série d'ordonnances, qui constituent dans Irnr ^-ns^Triblf! le mnil leur code possible, pour cette époque, de législation fTr'|ésin>fiqun. On y voit brilh^r, en effet, un esprit de ^;l^^' ,-(• rd r|p ^onvcuMu^ment, qu'on n'observait pas dans les anrirrrs ré'rj^.rriPîits. Leur auteur, Ilaymond de la Martonie, s'inspira Mirrioul, d.'ins leur ronq)osition, des décrets du concile provincial df' fioiM'to's f ir»K4).
f/pvrqnp df' fjmo)KO's fit irrî primer les nouveaux statuts de son diorr.vc, après avoir pris l'avis fd. le conseil des doyens et chanoines do sa rut liéd raie, «r I.os doux f)remières éditions de ce recueil d«'s n''^îlofnpfds diocésains fie Limoges parurent, précédées d'une hdtro, ou <' épistn» n, de l'évérpie Fiaymond de la Martonie à son clrmé '. I» Nous \n rapportons ici en gi'ande partie, à cause de la t'/ti'p|é v\ do rtMilité (lu documoid.
t M^M n ^»7. f ftl. p. 'IW,
^K NnlO" npliilttn rsl \m^rr siif loM extraits suivants dos ro^ïistres capilulaires \\i* ''^',\\\\\ JumIi'M «'t ilo Siiiiil NtMitijil : I.o prcMnior i»st uiio dôlihération du 23 fémIi'I IO.M I.r «ItMpiltp .II» SmImI .lunien « il.puta «loiix clmnoinrs, pour assister it I 'O i'inl>l.'(' (pli iIcMill SI' lMin« à I.iint^vies, lo jtMuli il'apivs Quasimodo, pour tir !\l1:\ii.": Iiiipoi l?\iil«w x\\\ »ll(>risi\ ainsi q\u» M. lovôquo lavait maiulé au rixiplhi* *' M^^ n. 10. \s :\\\\. la soromio ritation ost un extrait de chronique. i« Vw oi lnl>o» ItVM^. MUonitu \v }»i'rtntt itanuor do n\aladio qui rognait alors à Ïjn\nîM j. I l'N.'tpir itii). vi\ \v <\\uhW drln San\t \ uo jns«)u'ào«^Uu d apivs Pâques. » M';% n X\ p. *'î \> \ rt\:\i1 dour alors d.M»\ \>'\\nu>ns sxut^dalos î>;ïr an. Dautre Y:\\\. on <\\\ \\\\ A\\ <\n.Ndo dt^ tt>'''^\ lo « l'M-or x\\\ dioxvso ao^vnîa à lovèque de \ i\uo. » s nn. lo\ M i1o .p^\ivo nullo ln\f"«». p< n\' la «N>nvtnb tîon d tine salle syno- \\'\\v \ V.*\.'. hô \ ,-. 10S i^^i niionno onotMV lo sxu.vtr d apros Pàqnos qui eut lieu ,M< 1<.^\% M.. \^ .li. p .VV^
:\ M'v u :ï:^. \\ :^\\•^, r-tto « Opi^Ov > <vt lo soûl mandomnit oounudcce pivlat
JIAY3Ï0ND DE LA MARTONIE 91
c Raymond de la Martonie, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège i( apostolique, évêque de Limoges, à tous abbés, prévôts, doyens, « prieurs, archiprêtres, curés, vicaires perpétuels, et autres per- ^ sonnes ecclésiastiques de notre diocèse. Salut en Notre-Seigneur !
« Mes très chers frères, ce li\'Te que nous vous présentons est un « sommaire des devoirs des ecclésiastiques, et spécialement des « pasteurs, que nous avons recueilli, tant des conciles anciens et a modernes, que des ordonnances et règlements, que nos prédé- <( cesseurs ont faits et publiés en leurs synodes, pour le bon ordre « et discipline de ce diocèse. Nous Tavons divisé en trois parties... « Le dessein que nous avons est, non seulement de représenter à « chacun son devoir, comme en un tableau, mais encore de Ty <( obliger et contraindre, s'il est besoin, par Tautorité et puissance ft que Dieu nous a mis en main. Car les uns pèchent par ignorance « seulement, auxquels nous désirons donner quelque lumière et i( instruction... Les autres faillent par pure négligence ou mépris <( de leurs charges, et ont besoin d'être rangés à leur devoir par <!i autorité et contrainte. A raison de quoy, nous avons dressé ce « sommaire en forme de statuts, par Tadvis et conseil de nos véné- € râbles frères les doyen et chanoines de notre église cathédrale, <L pour obliger tous nos sujets à les garder... En d'autres, nous a avons remarqué l'ignorance et la négligence tout ensemble, lesc quels n'auront aucuu moyen de s'excuser, quand nous leur au- « rons donné cognoissance, par le menu, de ce qu'ils doivent faire, « et ordonné de faire ce qu'ils doivent savoir. Et pour ce qui nous « regarde, il a été de besoin que nous eussions en ce recueil un « abrégé des choses principales que nous devons faire pratiquer, * comme nous faisons état d'y tenir la main, et châtier ceux qui « contreviendront ou n'observeront la teneur de ces règlements. e Au surplus, nous espérons que vous tâcherez, de votre part, de « correspondre au désir que nous avons de corriger les abus qui « se sont coulés dans notre clergé, et y faire refleurir l'ancienne « piété et discipline. Et je ne doute point que ce désir ne vous « vienne en l'âme, quand vous aurez l'estime et le sentiment que g: vous devez avoir, de la hauteur et dignité de votre vocation. Vous <r êtes appelés à l'état delaprestrise, le plus divin qui soit entre les € hommes, ou même entre les anges. Vous portez le caractère de « Jésus-Christ, qui est venu au monde pour être prêtre. Vous de- € vez vous regarder entre Dieu et les hommes, et par ces deux « respects, reconnaître l'éminence de votre état. Pour le premier, « vous appartenez à Dieu en une manière du tout singulière. Vous « seul lui rendez le culte extérieur qui lui est propre. Pour le re- « gard du peuple, le champ que vous cultivez, sont les âmes, faites « à limage de Dieu, rachetées par le sang de son Fils ; ces esprits c immortels, créés pour le ciel, faits pour Féternité, sont le sujet « et le fond des opérations de la prêtrise. Les outils, que Dieu vous «c a mis en main pour exercer cette céleste agriculture, sont sa pa- « rôle, et les sacrements, par lesquels les mérites de Jésus-Christ « nous sont appliqués. Ce que vous opérez est la grâce de Dieu,
« iin<» participation de la divine bonté. Le fruit de vos actions est «« la possession et la jouissance de Dieu pour jamais... Ces quatre «^ considérations, sur lesquelles est fondée la gloire de votre vocaa tion, requièrent ({uatrc conditions en chacun de vous. La pre- " niière est une j^^rando [)ureté, nécessaire à ceux qui manient les c vases sacrés, les ânies, vaisseaux du Saint-Esprit. La seconde, i( une^^rande dépendance de Notre-Seigneur, qui opère par vous « en la prédiralion de sa parole et administration des sacrements. «' La tn )isième, l'union très étroite avec lui, attendu que vous êtes « l(*s eanaux qui porto/. Teau dévie... La quatrième requiert en <• vous la perf(»ction de toutes les vertus, (^e sont les biens que •' vous devez désirer et rechercher, beaucoup plus ardemment a que les rorumodités tonq)orelles.:. Dieu vous fera régner, quand " vous îivanrerez la gloire de son royaume sur la terre... Nous « rléplorons <le voir les laïcs, voire même ceuxqui se disent enfants w de rKglise, usurper iniquerueut, posséder par fraude et dissiper « sarrilègenienl \i\ j)atrimoine et riiéritage de Jésus-Christ. Nous « déplorons encore |)lus la perte do 1 ame conjointe, avec la ruine « de nos biens, et la désolation des églises ; et, ce (lui ne peut se a dire sans horreur, (ju'ou voie des ecclésiastiques prêter la main <' et servir (rinstruments à <»eux ijui jullent TEgiise ; couvrir de tf leurs noms cetix cpii luit dépouillé leur mère, i)ratiquer la conii- «< dence envers les hommes, par la perfidie et trahison envers Dieu (allusion aux custodhws).
« A tous ces maux, nous ne voyons aucun remède de la part des « liomrTies; il nous le faut chercher en Dieu, par les moyens qui «' vous ont été [)roposés ci-dessus, et par l'observation des statuts ff et règlements, que nous vous donnons en ce sommaire, alin que « vous-mêmes soyez la règle et la loi vivante du peuple, qui, vous << re^^anlant et trouvant de (|uoi in^iiter en vos actions, se rendra « tel envers l'Eglise, (jne vous serez envers Dieu ' ».
(!e rnandenient épiscopal, ce directoire tracé d'une main ferme, pour servir de j)réface aux statuts diocésains. contenait, on le voit, de •i raves considérations, (pii tondai(mtà relever de sadéchéance <lans l'esprif du clergé lui-même, le caractère sacerdotal. Cette iustrucllou, si opportune ne devait être ptuirtant bien comprise cpie beaucoup pins lard, (juand le prêtre régénéré aura su imposer à tous ie rrspect et l'estime, par la dignité de ses muMirs et Tardeur île <nn y.r\i\ Sn\]< réservant de ne citer, dans le cours de celte étude les ordonnMmM»s >yno(lal(*s de» M>19 (pii sont pour notre sujet un docnmeni «l'fine valeur inconi[)arîible), ipi'au l'ur et à mesure que nou'^ le<^ troiivr'rons appliquées par les évé(pu's de Limoges, nous i\n\]< bornons a faire connaître maintenant les règlements les plus ur^cîenls, concernant •• la vie, les mceurs (^t la conversation des ecclésiastiques n. Les lrail> j)articnliers à cette épocpie seront aisément >onlt;^né^ par le lecteur, sans autre indication.
!. //. .V. /7."'.-/.. I l;. ir.1:2 statuts .^t nèu'lomciits du (iiocrsc de limoges, inoc'rs. Ant. liMrl.f)U, U'rJ^.K Prr/\rrt\ t. XIL I-JjVniftOntr d Kiicune Ualuze.
I. « Comme la maison du prêtre, et particulièrement celle du pasteur, doit être purgée de toute impureté, et exemte de tout soupçon, nous défendons, ditTévêque, à tous curés, à tous prêtres, et à tous autres ecclésiastiques de notre diocèse, de tenir en leurs maisons aucunes femmes, si elles ne leur sont parentes de si près comme la mère, la sœur et la tante, qu'on n'en puisse concevoir aucune suspicion d'incontinence.
IL L'étoffe, la couleur et la façon des habits que portent les ecclésiastiques, doivent être si conformes à leur état, qu'on puisse facilement les discerner des personnes laïques. C'est pourquoy, nous ordonnons, à tous ceux qui sont promus aux ordres sacrés, et à tous les bénéficiers de notre diocèse, de porter des habits noirs, à sçavoir une soutane qui couvre décemment le corps jusqu'aux talons. Et, lorsqu'ils font voyage, nous voulons qu'ils soient habillés d'une manière si convenable à leur état, que chacun puisse facilement les reconnaître.
IIL Nous leur défendons toutes supqpfluités et mondanités en leurs vêtements, comme manchettes froncées et autres choses semblables.
IV. Nous leur défendons, de porter la barbe longue, la moustache retroussée, les cheveux longs ou frisés ; et leur ordonnons de porter les cheveux courts, la couronne large et apparente, chacun selon l'ordre auquel il sera promu.
V. Tout port d'armes est défendu aux ecclésiastiques, lors même qu'ils voyagent.
VI. Nous défendons à tout ecclésiastique de notre diocèse de nourrir des chiens et des oiseaux de chassé, dedans ou dehors leurs maisons...
VIL Nous désirons et entendons que les ecclésiastiques ne se trouvent que très rarement aux festins, principalement à ceux des noces, et partout où il y aura de la dissolution.
VIII. Nous leur défendons très expressément les tavernes, les danses, les jeux publics, tous les jeux de cartes ou de dés, comme aussi de se masquer de nuit ou de jour, le tout à peine d'être châtiés suivant la sévérité des canons.
IX. Le prêtre doit pratiquer le premier ce qu'il recommande aux autres.
X. Qu'il fuye les procès contre toute sorte de personnes, mais principalement contre les autres prêtres et contre ses paroissiens. Qu'on ne le voye point aux foires et aux marchés publics, et qu'il soit éloigné de toute sorte d'usure et de gain sordide.
XL Nous défendons à tous prêtres, diacres et soudiacres, de se rendre fermiers des revenus des bénéfices, médiatement ou immédiatement, à peine de suspense : et leur interdisons sous les mêmes peines, ou de plus grandes, si le cas y échoit, toute sorte de trafic et de commerce, et spécialement de lever les tailles (impôts sur les personnes qui n'étaient pas nobles ou ecclésiastiques), et de se rendre agents solliciteurs ou procureurs des maisons séculières...
9i VS SÎKCLE DE VIE ECCLÉSIASTIQUE EN PROVINXE
XII. Il faut qu'il soit sobre en sa nourriture, qu'il soit sérieux en ses paroles...
XIII. Que l'étude et l'oraison, la paciflcation des différends, la visite des malades, des pauvres et des affligés, soient son occupation et son employ ordinaire: comme aussi l'instruction des enfants et des autres ignorants, l'ornement des églises et la conversation des personnes ecclésiastiques ferventes et zélées. Qu'il s'applique aux fonctions sacrées et à l'administration des sacrements ; et enfin que sa conversation soit comme celle des anges > ^.
m. Réforme des anciens ordres de religieux.
Les instituts religieux qui couvraient depuis dix siècles les diocèses du royaume, étaient entrés dans les cadres de la société chrétienne. Peu à peu, parla puissance de l'idéal, ils avaient aspiré le meilleur de sa sève ; ils avaient été les produits les plus complets de sa culture. Quoique singulièrement affaiblis ou dégénérés, à la fin du seizième siècle, ils subsistaient tous 2. Ce qui distinguait la société monastique, c'était la communauté de vie sous une règle, et la profession des vœux. Mais par la diversité des statuts, du genre de vie, ce régime monastique répondait à tous les besoins de la vie reWgieuse ; par la variété des formes, il représentait tous les types de la structure ecclésiastique. Au premier plan apparaissaient les monastères bénédictins qui s'étaient constitués sous une forme fédérative. Dans la famille monastique, les abbayes et les prieurés qui s'étaient agrégés à Cluny et à Citeaux étaient de véritables républiques. Ils avaient dans l'abbaye-mère leur centre ; dans l'abbé général, leur chef, dans les chapitres généraux, leurs assemblées. Par leurs richesses, leurs privilèges, leur organisation, leur esprit, ils avaient formé dans l'Eglise du moyen-âge une puissance formidable. Mais à la fin du seizième siècle, le régime de la commende les avait grandement affaiblis sous tous les rapports 3. Ce fut pourtant de ce côté, par suite du choix heureux des abbés commendataires, que vint dans le diocèse de Limoges le relèvement de plusieurs abbayes bénédictines.
i. (ynhnnwtwpfi nynndalrsfhi diocffsp de Limofjes, à Limoges, chez Pierre Barbou, 1703. Edition 4« et dernière de François c^e Canisy, p. 9 et suiv. Les éditions précédontf's portaient le titre de Statuts et Rèjîlements synodaux du diocèse... \a partie concernant les ordonnances de Ravnmond de la Martonie comprend KiO paires in-1'2.
2. Article de M. Imhart de la Tour sur les origines de la Réforme. Revue Le CorrrHpondant, 10 août 1îK)3, p. 531. Répandu dans toutes les parties du diocèse de Limoges, l'élément monastique y représentait peut-être plus de la moitié, dans l'organisation générale de la .société ecclésiastique. Il se composait surtout, de couvents d'hommes des divers ordres ; trois abbayes de femmes n'y étaient qu'une exception.