‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 82 sur 480 · Art. de M. Imbart de la Tour, ibid · texte numérisé non relu

Art. de M. Imbart de la Tour, ibid

i« Réforme de Saint-Maur à Saint- Augustin-'lèS'Limoges,

La réforme la plus célèbre de ce temps, celle de Saint-Maur, abrita ses origines en 1617 dans la vieille abbaye de Saint-Augustin-lès-Limoges ^. A la fin du seizième siècle, ce monastère bénédictin était en ruines. Les derniers abbés n'avaient vu dans leur bénéfice, qu'un domaine à exploiter -î. Intéressés à grossir leurs revenus, ils avaient laissé dégrader les bâtiments conventuels ; et en même temps, la discipline négligée par le prieur s'était affaiblie. En 1594, il ne restait que huit religieux, qui ne résidaient môme plus à Saint- Augustin, mais un homme de cœur songeait alors à relever l'ancienne abbaye.

Jean Regnaud, né à la Souterraine 3, élevé au collège de Navarre, et docteur en Sorbonne, connu à Paris par ses prédications, venait d'être pourvu par le roi de la commende de Saint-Augustin (10 mai 1594). Restaurer l'abbaye devint la pensée dominante de son nouveau titulaire. Le premier soin de l'abbé Regnaud fut de rallier à sa personne les huit religieux dispersés, et de poursuivre devant le Parlement de Bordeaux la réintégration des biens usurpés. Il pria ensuite l'évêque de Limoges de désigner une commission qui s'occupât, de concert avec lui, de rédiger des constitutions nouvelles. Henry de la Martonie fit appel au conseil des prieurs de Brantôme, des Glandiers et des Ternes. Cette commission dicta, le 27 septembre 1607, des statuts qui imposaient aux religieux, entre autres obligations, celle de se réunir à minuit pour la récitation de l'office. Habitués à une vie molle, quelques-uns des moines trouvèrent l'obligation trop dure, et refusèrent de s'y soumettre : on leur permit de se retirer, moyennant une pension alimentaire. Les autres religieux se groupèrent autour du réformateur. L'édifice conventuel tombant en ruines, l'abbé Regnaud entreprit de le reconstruire: il fit, dans ce but, commencer les travaux en 1612 *.

< L'année suivante, le 5 mars, il signait à Paris, avec dom Didier

i. Saint-Augrustin-lez-Limojijes se trouvait prés et liors les murs de la ville. Rorice, évêque de Limoges, y lit bâtir vers la fin du cinquième siècle, une è^^lise en rbonneur de saint Augustin, Turpio d'Àubusson, l'un de ses successeurs, y mit des moines bénédictins l'an ^34. Le cbapiti-e de la catbôdraie conlirmait l'abbé de Saint-Augustin, qui devait se présenter ensuite à l'évêque, et recevoir de lui, sans autre examen, la cbarg(.^ du soin des âmes. Ou comptait dans l'église abbatiale, en 1613, vingt-huit évêques de Limog<\s qui y étaient inhumés. Aux processions générales de Limoges, les Bénédictins prenaient rang immé» diatement après le clergé de la cathédrale. PouiUè historiym^, p. 122. Bulletin d4i Limogps, t. XLVI, p. 350.

Page 1