‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 84 sur 480 · Laforest, ibid · texte numérisé non relu

Laforest, ibid

RAYMOND DE LA MARtONÎË 97

Parmi les religieux de Saint-Augustin les plus méritants, nous devons en mentionner deux particulièrement : Antoine, dit Maur Dupont, du diocèse de Beauvais, successeur de Jean Regnaud, et Jean Audebert de Beliac, qui furent dans leur congrégation des personnages remarquables. Le premier avait fait profession chez les Céiestins de Paris, en 1600 ; il avait été, en 1644, prieur d'Avignon, où il gouverna pendant quatre ans, avec beaucoup de piété et d'érudition. Les troubles de son ordre l'ayant fait passer dans la nouvelle congrégation de Saint-Maur, il y fit profession à Noaillé, en Poitou ^, le 21 juin 1620, à l'âge de trente-quatre ans. Il fut un de ceux qui contribuèrent le plus à l'érection de l'Ordre naissant de Saint-Maur. Il était prieur claustral à Saint-Augustin, en 1621, lorsque le roi consentit à la résignation du précédent abbé en sa faveur. On le fit visitent- d'Aquitaine, en 1623 et en 1626. Afin de rendre l'abbaye de Saint- Augustin triennale, il obtint, le 23 janvier 1629, du roi Louis XIII, de se démettre, au profit du chapitre de la congrégation de Saint-Maur, démission que le pape confirma, par une bulle du 20 mai 1632. Maur Dupont fut élu général de son ordre, en 1627, et fait prieur de Saint-Germain deâ Prés, en 1634. Il fut tué à la bataille de Saint-Denis, le 21 septembre 1652, au moment où il portait des secours aux blessés 2.

Jean Audebert, profès de l'abbaye de Saint-Augustin, en 1620, grand prieur de Saint-Denis en 1640, prieur de Saint-Germain des Prés en 1656, supérieur général de l'Ordre de 1660 à 1672, mourut aveugle en 1675. C'était un religieux d'un très grand mérite, d'un zèle, d'une régularité, et d'une humilité exemplaire. Il gouverna sa congrégation avec beaucoup de zèle et de prudence, et y développa le goût de la piété et de l'étude. Dom Mabillon, qui l'avait connu particulièrement, ne parlait jamais de lui qu'avec une profonde vénération. Dans d'autres ordres religieux, disait dotn Mar-

tène, on poursuivrait, avec beaucoup de justice, sa canonisation ^.

2^ Réforme de Vahbaye de Solignac.

La renommée de la régularité des moines de Saint-Augustin amena bientôt la réforme d'une autre ancienne et célèbre abbaye de Bénédictins, celle de Saint-Pierre de Solignac, située à deux lieues de Limoges, vers le midi *. Ce monastère fut même un des premiers en France à s'unir à la congrégation de Saint-Maur, et cela encore par le soin et la diligence de son abbé commendataire,

1. C^était une colonie de bénédictins réformés de Limoges qui avait fondé cette maison. Jean Regnauld en avait pris possession le 15 septembre 1615, au nom de la congrégation de Saint- Van nés. Cf. Laforest, ibici., p. 100.

2. Bulletin de la Société du Limousin, t. VIII. Art. Roy Pierrefitte, p. 170, 171.

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