‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 90 sur 480 · Msa. n. iC», p · texte numérisé non relu

Msa. n. iC», p

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RAYMOND DE LA MARTONIE Ht

Son premier soin fut d'y appliquer avec fermeté les constitutions de réforme qu'elle avait rédigées Tannée précédente *. L'esprit de la réformatrice se révèle dans ces statuts : ce Les religieuses, y est-il prescrit, prendront ladiscipline tous les vendredis de l'année, de plus, les lundis et mercredis de l'Avent et autres jours du Carême ; aucune ne la prendra sans la permission de l'abbesse. Lever à trois heures trois quarts, suivi de matines et laudes au chœur, d'une heure d'oraison, de prime et de la messe. A sept heures, le travail des mains pendant une heure, puis le déjeuner. A neuf heures, tierce, chant de la grand'messe, sexte et dîner. Après le repas, none à l'oratoire et l'examen de conscience. Une heure de récréation, suivie d'une autre de silence et du travail manuel en cellule, jusqu'à deux heures. Lecture spirituelle, chant de vêpres et une demi-heure d'oraison. Souper à quatre heures et demie, récréation pendant une heure, puis compiles, l'examen de conscience, sujet de la méditation, et coucher à huit heures et demie. Aucune religieuse ne s'absentera de la récréation commune. Quand le Saint-Sacrement sera exposé dans Téglise, il y aura toujours des sœurs en oraison, qui se relèveront d'heure en heure. On ne recevra pas de pensionnaires qui n'aient sept ans, et on n'en gardera point au delà de vingt-cinq. Maigre et jeûne tous les lundis et mercredis de l'année. Pendant l'Avent et le Carême, le parloir sera interdit. Défense aux sœurs de se tutoyer, et de s'appeler par leur nom de famille. Communion de règle, deux fois la semaine, le dimanche et le jeudi 2. »

Jeanne de Verthamon, qui voulait être toujours la première à pratiquer les constitutions qu'elle venait de donner, ne tarda pas à rallier les cœurs ; l'autorité, sur ses lèvres, prit les accents de la persuasion dans les âmes flottantes et irrésolues de ses religieuses. Le succès couronnait ses efforts : chaque jour marquait un progrès nouveau. Peu à peu, l'ordre et la discipline se rétablirent. La clôture fut observée, la piété refleurit, et le service divin reprit sa splendeur.

Au gaspillage des ressources et des deniers communs, succédait une gestion régulière. L'abbesse ne toucha les revenus que par sollicitude pour tous les intérêts de sa communauté, dont elle rétablit l'aisance. Elle songea ensuite à relever les bâtiments conventuels, qui tombaient en ruines. Les chambres, les dortoirs, les réfectoires, l'église, les chapelles, les murs de clôture furent reconstruits ou réparés. Les biens de l'abbaye, pendant les guerres civiles, avaient été en partie aliénés, usurpés, détournés de leurs légitimes usages : l'abbesse en poursuivit les injustes détenteurs devant les tribunaux, et justice fut faite.

L'opinion publique, en Limousin, sut gré à Jeanne de Verthamon de son activité et de son courage. On applaudit aux résultats obte-

1. Soumises plus lard au Saint-Siège, ces mêmes constitutions furent approuvées par Innocent X, le i" janvier 1645. Laforest, ibid., p. 312.

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