Abbé Sorin, Louise de la Fayette, Nantes, 1892, p
4. Cette conjecture est en outre fondée sur la prédilection connue de son petit- fils aîné, le comte François de la Fayette, qui séjournait habituellement sur la terre d'Espinasse, et abandonnait l'hôtel que sa famille possédait depuis 1615 au n» 50, rue de Vaugirard. Voir la notice La Fayette dans la grande encyclopédie Lamirault.
5. A peine retrouve-t-on quelques vestiges des ruines de l'ancien château d'Espinasse, situé dans l'Allier, à égale distance (soit 8 ou 10 kilomètres) de Gannat et de Vichy. A une lieue de ce vieux manoir des Montmorin, était le château de Lyonne, situé au bas du village de Cognât, qui s'élevait sur la croupe d'un coteau. Une grande partie des terres des La Fayette étaient au milieu de la plaine de la Limagne, si abondante en céréales, en pàtui-ages, en vignes et en bois, Expilly, Dictionnaire, et de iolimoni, L Allier pittores(jne,
la vie était agréable à cette époque, pour une famille noble et considérée, comme celle des La Fayette, qui retrouvait dans les nombreux châteaux du voisinage ses plus belles alliances ^. Il y avait là pour l'instruction des jeunes gentilshommes de grandes facilités. A quelques lieues d'Espinasse, en effet, se trouvait Riom, ville riche, la seconde de la province d'Auvergne. Au collège de Riom, on enseignait les humanités et la philosophie. Les études classiques de cette maison avaient alors dans ce pays une grande réputation. Près de cet établissement était une célèbre Académie, des plus anciennes, des mieux tenues et des plus fréquentées du royaume, où Ton enseignait aux fils des nobles familles, qui la fréquentaient en grand nombre, la pratique des armes et des exercices militaires ^.
Tout nous permet donc de croire, que les cinq fils de Claude de la Fayette furent élevés dans ce collège de Riom, comme étudiants externes, sous la surveillance et la direction d'un gouverneur ou d'un précepteur ecclésiastique.
Nous n'avons pas à rechercher ici, faute de tout document utile sur la jeunesse de notre futur prélat, dans laquelle des universités du royaume, il prit ses grades de maître ès-arts et de licencié en théologie ou en droit. François de la Fayette, qui compta dans sa famille deux de ses neveux, docteurs de Sorbonne, n'avait pas manqué sans doute de leur donner, entre tant d'autres, ce bon exemple du travail, et de mettre des diplômes, conformément à la tradition de tous les clercs nobles de son temps, à la base de sa fortune ecclésiastique.
Le 19 décembre 1603, Jacques de la Fayette, son frère, fut reçu chanoine-comte de Lyon 3. C'est vers ce temps aussi que ses parents demandèrent à Tévêque de Clermont *, de donner à François la tonsure cléricale, qui le rendrait apte à recevoir des bénéfices s. De fait, elle lui servit d'abord à recueillir, en 1610, la succession de son frère Jacques, qui, avant de donner suite à son projet de vocation religieuse, et d'entrer chejL les Chartreux, résigna en faveur de François, avec le consentement des capitulants ses confrères, sa prébende canoniale de Saint-Jean de Lyon ^.
Cet acte ne dispensa pas néanmoins François de la Fayette des formalités obligatoires, pour tout nouvel aspirant au chapitre de Lyon. C'était, à l'époque dont nous parlons, un honneur des plus
1. Citons ici notamment les magnifiques châteaux de Randan, à la marquise de Senecey, tante maternelle de François de La Fayette, et de Busset, à la famille de Bourbon-Busset, qui subsistent encore avec leur ancien éclat.