‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 97 sur 480 · Acte consistorial, Mss. fonds latin, n · texte numérisé non relu

Acte consistorial, Mss. fonds latin, n

6. Mss. n. 34, p. 1. Notons ici, d'après le P. Anselme, qu'un Jean de la Fayette, fils cadet du célèbre maréchal, avait été reçu en août 1447, chanoine comte et custode de Saint-Jean de Lyon. Il mourut au château de Coindriers, en août

recherchés, que celui de siéger au milieu de cette grande aristocratie sacerdotale, riche, puissante, et dotée des plus beaux privilèges ^.Tous les chanoines de Saint-Jean, au nombre de trente-deux, devaient appartenir à une noblesse irréprochable, et faire preuve de seize quartiers. A cet effet, quand la vacance d'une prébende s'était produite, par décès ou par résignation, le candidat devait soumettre au chapitre, avec sa requête, ses lettres de cléricature et ses parchemins de noblesse. Les chanoines de Saint-Jean nommaient alors deux d'entre eux, pour les examiner. L'arbre généalogique, les armes, le blason, les originaux des titres et contrats, toutes ces pièces qui prouvaient la noblesse du candidat, devaient être minutieusement vérifiées par les commissaires. Après quoi, on procédait, en chapitre, à la nomination du nouveau confrère.

Le cérémonial observé, le jour de la prise de possession, était des plus solennels. Avant l'installation du récipiendaire, on procédait en séance, à ce qu'on appelait a la preuve testimoniale » des quartiers de noblesse. On n'admettait, pour ces sortes de témoignages, que des chevaliers de Malte, ou des gentilshommes de nom et d'armes, au nombre de quatre, pris en dehors des parents ou alliés du récipiendaire. Ils devaient prêter serment dans l'assemblée générale ; et attester qu'il n'existait, entre eux et Télu du chapitre, aucune espèce de parenté. Ils entraient, les uns après les autres, en séance et l'on interrogeait chaque témoin, à son rang, sur les qualités du candidat, et l'état de noblesse de sa maison. Quand les réponses avaient paru satisfaisantes, les seigneurs capitulants déclaraient la preuve « bonne et valable », pour avoir été bien et duement faite suivant les statuts. Le récipiendaire était alors introduit dans la salle ; il suppliait humblement le vénérable chapitre de le vouloir recevoir en cette compagnie, offrant de faire le serment et de payer comptant toutes les charges dues par les nouveaux chanoines et comtes de Lyon à leur réception 2.

Tout étant prêt, on faisait entrer les hauts fonctionnaires du roi, préalablement invités à la cérémonie. Le récipiendaire s'approchait, d'abord, du précenteur, ou premier dignitaire du chapitre, qui le revêtait du rochet et du camail, en lui disant : ad multos annos! et lui passait au cou le cordon rouge, brodé d'or, au bas duquel était attachée une croix de vermeil, avec l'effigie de la Sainte Vierge et de saint Jean. Ainsi paré, le récipiendaire s'avançait au milieu de l'assistance, et s'agenouillant entre deux enfants de chœur, qui élevaient leurs flambeaux de cire blanche, il prononçait, à haute voix, la formule ordinaire du serment. Le nouveau chanoine jurait, en substance, « fidélité et soumission aux anciens statuts ». Les officiers du roi, s'étant alors retirés, un dignitaire et un chanoinecomte conduisaient leur confrère au chœur de la primatiale, pour

1. Le roi de France était de droit premier chanoine-comte de Lyon. Cinq papes, quatorze cardinaux, quantité d'évêques et d'archevêques sortirent de ce chapitre. Moreri, Dictionnaire.

2. Le total des frais de réception se montait à douze cents livres. Moreri, Dictionnaire, V* Lyon.

lui faire baiser le mattre-autel, et Tinstaller à sa place du chœur, selon le rite accoutumé. Après lecture faile des provisions, on le ramenait dans la salle capitulatre, où ses collègues lui donnaient le baiser de paix. La fête s'achevait dans une effusion réciproque de compliments et d'actions de grâces. Ainsi fut solennisée, le 19 décembre 1610, la réception de François de la Fayette.

Le jeune chanoine, âgé de vingt-et-un ans, commença ensuite le t noviciat ». Cette période, qu'on nommait la rigoureuse, comprenait tout le temps qui s'écoule, de la veille de Noël à la fête de saint Jean-fiaptîste. Pendant ce stage de six mois, François de la Fayette ne dut point participer à la jouissance des revenus de l'Eglise, ni être considéré comme capitulant ; il devait assister aux délibérations générales, mais sans avoir à la lettre « voix au chapitre ». C'était, en effet, la condition des novices, de ne pouvoir être compris dans la répartition des menses, s'ils n'avaient fait dans le cloître leur résidence semestrielle.

Son noviciat terminé, le titulaire était encore astreint à un séjour de même durée, sous peine d'encourir les censures disciplinaires portées contre les délinquants ^. Nous savons du reste, par son panégyriste, que François de la Fayette, après avoir « exercé », à Lyon, c les fonctions de sa dignité » avec une parfaite exactitude, ne cessa point de « servir d'instruction vivante à tous ceux qui vivaient dans la même profession » ^.

1. P. Em. RégnaLuli, Chvlgtophe de Beaumont, Paris, 18S2, t. I, p. 25 et suiv. Moreri, Dictionnaire Imtorique, V« Lyon.

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