‹ La réforme chrétienne des études classiques [microforme]Chapitre 21 sur 49 · Tome · texte numérisé non relu

Tome

futurs dans l’étonnement, Pour en arriver là, il est bien plus simple de ne pas faire les frais de l'étudier.

À ceux qui seraient tentés de croire que j'exagère ici, je donperai nos examens de baccalauréat pour preuve de ce que j'affirme. À ces examens, on exige que les élèves, qui finissent leur cours littéraire, fassent un thême de vingt-cinq à trente lignes au plus. Ce thême doit donner la mesure de ce qu'ils savent de latin, après n'avoir guère fait autre chose que l'étudier pendant leurs classes. Il leur est alloué trois heures poir ce travail et ils ont la faculté . de se servir du dictionnaire. Ils ont si grand besoin de cet auxiliaire, que, sans lui, ils ne compléteraient pas une phrase. Avec cela, nul ne parvient à faire un thême sans fautes, et que de vraïes fautes cependant ne sont pas comptées ! puisqu'on ne note généralement que ce qui pèche contre les règles de la grammaire et de la syntaxe. Des meilleures phrases qu’il a construites, on peut dire à chaque élève : tous les mots qne vous aves. employés sont latins ; mais l’usage que vous en faites ne l’est pas : le sens particulier que vous leur donnez ne l’est pas davantage et l'agencement de vos phrases l’est encore moins.

En vérité, c'est un mystère pour moi de voir qu'on ferme les yeux sur un pareil résultat ou plutôt qu'on ne les ouvre point pour reconnaître combien est absurde le système que l’on suit. Comment! trente lignes au plus de français à traduire en latin ! trois longues heures pour si peu! Uu dictionnaire par-dessus le marché ! et avec tout cela on fait du latin qui ressemble au vrai latin, comme un fond de tinette ressemble à la lune! Mais toutes les folies rassemblées des peuples enfants n'approchent point de la nôtre.

Cette ignorance du latin ne nous est point particulière. Conséquence nécessaire de la méthode païenne, que nous a léguée la Renaissanee, elle règne partout où domine cette méthode, ai bien qu'elle est presque générale aujourd'hui. Je n’appuierai que sur la France, car s'il est uv pays où l’on a voué un culte au beau latin, au latin te] que l'ont parlé les anciens Romains, c'est

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