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moindres manifestations de ses volontés. L'esprit de foi était si vif alors qu'il transforma les coupables, même ceux qui étaient assis sur le trône, en illustres pénitents. Il enfanta chaque jour des prodiges de vertus dans tous les rangs de la société, et il couvrit l'Europe de maisons de prières : les temples les plus «plondides, vraies merveilles que le génie chrétien pouvait soul réaliser, s’élevèrent comme par enchantement, et les monastères et les couvents se multiplièrent en nombre presque infini pour recevoir ceux qui désiraient marcher dans les voies de la perfection évangélique. Le Christ régnait donc véritablement ét le dragon rugissant, se proposant bien de reprendre une éclatante revanche, demeurait enchaîné au fond des abîmes. Satan pouvait bien encore séduire les individus, mais il n'avait pius de pouvoir sur les nations comme telles. En haine du catholicisme et du Christ, À qui toutes les nations de la terre ont été données en héritage, les hérétiques et les impies on: appelé cet heureux temps l’âge de fer, une époque d'ignorance, de superstition et de barbarie. (C'est {4 nuit du moyen-îge, et la plnpart des catholiques. réputés instruits, le répètent de confiance, L'histoire, qne l’on ‘apprend au collége et dans les petits séminaires, le répète aussi, et les jeunes gens y croient comme aux paroles de l'Evangile.
Après que mi/e ans se furent accomplis depuis la chûte de Rome païenne, il se fit dans les esprits un mouvement tellement extraordinaire et tellement caractéristique qu’on crut devoir lui donner un nom tout particulier, qu'il fut regardé et qu'il l'est encore aujourd'hui comme le commencement d’une ère tout-àfait nouvelle,‘ Ce mouvement, on l’a nommé, d’après l’inspiration dé Satan, le grand singe de Dieu, la RENAISSANCE. Jésus- Christ avait dit que, pour entrer dans son royaume, il fallait renaître : nisi quis renatus fuerit ex aquâ, et Spiritu Sanñcto, non potest introire in regnum Dei; Satan, entrant de nouveau dans le monde, proposa aux peuples de renaître de 80n esprit.
La Renaissance ne fut rien autre chose que Fintroduction de l’ancien paganisme gréco romain, c'est-à-dire du culte a diable
pat
et de ses œuvres, dans l'Europe chrétienne. En effet, vers l'an
1476, après s'être laissé endoctriner par les savants fugitifs de
Constantinople, on virgilisa, on cicéronisa, on platonisa, on
socratisa. ete., dans la plupart des chaires de ses Universités et
dans ses écoles, et tout changea bientôt dans son sein. L’'ensei-
gnement littéraire et philosophique ne se donna plus que par l'intermédiaire des auteurs païens dont on raffolait et qu'on exaltait jusqu'aux nues; en même temps on se riait des Pères de l'Eglise, qu'on qualifiait de barbares. Bientôt les arts, la politique et les lois cessèrent aussi de s'inspirer aux sources si pures du christianisme ; ils allèrent demander leurs inspirations au seul paganisme gréco-romain. Depuis lors, le mal a fait des progrès si constants qu'aujourd'hui toutes les sociétés ont apostasié, sont séparées de l'Eglise et sont paiennes autant que des sociétés baptisées peuvent l'être. (C’est l’aveu que tout le monde est forcé do faire, le cri qui s'échappe de toutes les poitrines, et les encycliques de Grégoire XVI et de Pie IX ne cessent de répéter la même chose.
Satan a donc été délié et délié pour séduire, comme il fit autrefois, les nations civilisées, ut seducat gentes, selon la parole de l'Apocalypse ; et il les a séduites comme dieu du beau, en faisant miroiter à leurs yeux les prétendues belles formes du paganisme, surtout du paganisme littéraire. Comme tout vient de l'enseignement et que l’enseignement fait tout, il a mis sa Bible, c'està-dire les livres païens qu'il a inspirés, cibus dæmoniorum, entre les mains des générations chrétiennes. A peine se furent-elles mises à l’étudier qu’elles furent prises de vertige, et l'on vit successivement naître dans leur sein le Protestantisme, le Césarisme, auquel se rattache le Gullicanisme, puis le Voltairianisme et la Révolution avec toutes ses horreurs.
‘ Toujours cependant il y eut des sentinelles vigilantes qui firent bonne garde, Elles reconnurent l'ennemi, donnèrent l'éveil et sonnèrent l'alarme, En effet, depuis la Renaissance, des voix nombreuses et autorisées ont énergiquement protesté, dans chaque siècle, contre l’enseignement païen, et l'ont signalé comme la
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vent réitérées. À tout prendre, on a mieux aimé passer pour imbécile, en feignant de ne le pas comprendre, que de négliger d'exploiter contre lui le mot de Voltaire : « mentez et calomniez ; il en restera toujours quelque chose » En conséquence, on a répété jusqu'à s'enrouer que Mgr. Gaume injuriait les maisons d'éducations ; qu’il empiétait sur le droit des évêques; qu'il méprisait l'autorité des saints Pères et celle de l'Eglise; qu'il ne voulait rien de moins que d’exclure tous les livres païens des colléges et petits séminaires et qu'il travaillait à ramener la barbarie dans le monde. Voilà comment on l’a accueilli; voilà la loyale opposition qu'on lui a faite. Les adversaires ne forment pas, tant s’en faut, une masse imposante à tous égards ; mais ils ont tant et tant crié, et crié si haut, qu'on a cru tout d'abord qu'ils commandaient l'opinion et qu’on s’est laissé intimider. On en revient aujourd'hui.
Ceux qui ont épousé les idées si justes de Mgr. Gaume, ct qui ont tenté de les faire prévaloir pour le bien genéral, ont eu le même sort que lui, On les a calomniés en leur faisant dire des choses auxqelles ils n’ont jamais songé. L'année dernière encore, une publication française, qui a pour titre: Ætudes religieuses, rendant compte de ce qui s’est passé au Canada, relativement à la réforme chrétienne des études, a commis la bévue d'affirmer que nous demandions l'exclusion des auteurs païens, même purifiés de toute souillure. Chose incroyable! TL s'est rencontré un journal français du pays qui a commis la bévue plus grande de réimprimer cette bourde pour lui donner crédit. Lui, au moins, devrait ‘avoir ce qui se passe au pays. Hélas! Pourquoi ces misères ?
Il n’y a pas à hésiter, encore moins à éluder la solution pratique d'une question qui presse et qui est tout-à-fait décidée ;
‘chaque jour nous apporte la preuve que la réforme chrétienne de l'enseignement devient une affaire de plus en plus urgente. Puisque les vieilleries païennes nous communiquent infailliblement la lèpre, rejetons-les pour nous revêtir des nobles livrées chrétiennes. Ne soyons pas aveugles volontaires; mais ouvrons
les yeux à la lumière et agissons en conséquence.
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