‹ La réforme chrétienne des études classiques [microforme]Chapitre 35 sur 49 · QUELQUES DÉVELOPPEMENT TOUCHANT LA MÉTHODE CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

QUELQUES DÉVELOPPEMENT TOUCHANT LA MÉTHODE CHRÉTIENNE

Pour exercer un art, un emploi, une profession quelconque ; pour se faire une situation dans le monde, il est indispensable d'étudier tout ce qni concerne cet art, cet emploi, cette profession, tout ce qui se rattache à cette situation. On n’étudie pas la chimie pour acquérir des connaissances littéraires, ni la littérature pour devenir médecin ou chirurgien. Si l'on aspire à briller dans les lettres, on cultive la littérature; si l'on veut devenir médecin ou chirurgien, l'on s'occupe de médecine ou de chirurgie. De même, ce n'est pas l'étude de l'astronomie qui donne la science du droit, ni l'étude de la peinture qui forme les agriculteurs. Pour connaître le droit ou l’agriculture, c'est le droit ou l'agriculture qu'il faut étudier, Voilà ce que proclame, sous n’importe quelle latitude, le bon sens le moins cultivé, et l'on traiterait de fou à lier quiconque s’aviserait de contredire là-dessus.

Mais si le bon sens exige que l'on étudie la chimie pour être chimiste, la littérature pour être littérateur, la philosophie pour être philosophe, le droit pour être légiste, la médecine pour être médecin, l'agriculture pour être agriculteur, le commerce pour être commerçant, il veut de la même manière absolument qu’on étudie le christianisme pour être chrétien et le catholicisme pour être catholique. C’est ce que prétendent ceux qui soutiennent

-que la méthode chrétienne d'enseignement doit être substituée à

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la méthode païenne, trouvant absurde Qu'on fasse étudier le paganisme pour faire des chrétiens. Ont-ils tort? Le bon sens s’obstine à dire que non, et la raison éclairée par la foi dit mille fois non

Le chrétien catholique est fils de Dieu et de l'Eglise, frère et

co-héritier de Jésus-Christ ; toute sa vie doit consister à connaître Dieu qu’il est appelé à posséder éternellement, à tendre vers lui par l’amour qui naît de cette connaissance, à se perfectionner dans cette connaissance et cet amour et à produire des actes qui soient le fruit de l’un et de l'autre. Comme c’est l'éducation qui fait l’homme, suivant cet oracle de la Sagesse divine : «dolescens, Jjucta viam suam, etiam cèm senuerit, non recedet ab eâ, l'homme sera dans sa vieillesse ce qu’il a été dans l'adolescence, il en résulte évidemment que l'éducation ne peut avoir qu’un but : ‘re connaître Dieu et l'Eglise, qui tient sa place ici-bas, le faire a r et le faire servir. Tout ce qui porte le nom d'éducation et qui ue fait pas cela constamment, sur tous les tons, sous toutes les formes et par tuus les moyens possibles, n’est pas l'éducation, travail assidu de perfectionnement divin, mais un vâchis ou une destruction.

Aussitôt qu'il est capable de connaître ct que sa raison se réveille, l’enfaut doit donc entendre parler de Dieu et de l'Eglise et ne jamais plus cesser d'en cntendre parler. En effet, c'est la vérité qui est l'aliment de son intelligence, la vérité pleine et entière, la vérité sans aucun mélange d'erreur, et Dieu est essentiellement vérité. Comme Dieu, inaccessible à tout regard créé dans les profondeurs de ses infinies perfections, a daigné nous révéler lui-même ce qu'il est; comme il s'est revêtu de notre chair pour converser avec nous afin de nous mieux instruire et qu'il continue de nous parler par la bouche de la sainte Eglise, en qui demeure perpétuellement l'Esprit de vérité qui sanctifie, il est de la dernière évidence que l’enfant, à mesure que son intelligence croît et se développe, doit être mis plus longtemps en contact avec la parole divine consignée dans les saintes Ecritures, les en seignements de l'Eglise, les œuvres des grands écrivains catho-

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liques, qui ont été les lumières de l'Eglise et qui n’ont fait que commenter, de manière à la mettre plus à notre portée, la parole sainte commise à la garde de cette interprète infaillible,

L'enfant doit non-seulement connaître Dieu, mais il doit aussi l'aimer. Or, comme l'amour jaillit de la connaissance, plus l'enfant puisera aux sources pures, que je viens de mentionner, plus il connaîtra Dieu et plus il l’aimera par conséquent. C'est là qu'il verra l'éternelle Beauté réfléchie dans toute sa merveilleuse pureté ; qu’il entendra les inénarrables soupirs d'amour dont elle poursuit des enfants ingrats et rebelles; qu'il admirera en les adorant les divines industries que sa miséricorde met constamment en œuvre pour les sauver et les réhabiliter dans la gloire: qu’il apprendra enfin que Dieu a tellement aimé le monde qu'il y est descendu et s’y est incarné, afin de lui communiquer la vie divine et de l’élever jusqu’à lui.

Et comment le cœur du jeune homme, si ardent à aimer, ne passerait il point de l'amour au ravissement de l’extase, en coutemplant Jésus-Christ toujours vivant, parlant et agissant dans son Eglise et dans ses saints? Quelles divines amabilités lui sourient dans ces innombrables chœurs de vicrges et de martyrs, de confesseurs et de pontifes, d’apôtres et de docteurs! Quelle majestueuse épopée déroule devant lui cette vie de l'Eglise qui, toujours nouvelle et toujours la même, toujours persécutée ct meurtrie, toujours glorieuse et triomphante, poursuit sa marche à travers les siècles, en pétrissant dans le sang et les larmes le pur froment dont elle forme le corps mystique de Jésus-Christ !

Si l'amour procède de la connaissance, les actes sont le fruit de l'amour, car aimer, c’est agir. Tout ce qui est bon est dans l’ordre, et l’ordre suppose la loi. Pour témoigner à Dieu qu'on l'aime véritablement, il faut donc agir dans l’ordre, et agir de cette façon, c'est se conformer à ses préceptes et ne pas négliger ses conseils. Où le jeune homme, qui doit se former à la vie surnaturelle et divine, trouvera-t-il ces préceptes et ces conseils ? Là où il a appris à connaître Dieu et à l'aimer, c’est-à-dire dans

les saintes Ecritures, dans l’enseignement de l'Eglise, dans les

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