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écrits si sages des saints Pères et des docteurs immortels qui ont brillé dans son sein. Et comme ces préceptes et ces conseils ont pris une forme sensible, un corps, une expression vivante, se sont incarnés, pour ainsi dire, dans la vie des Saints, il est utile et même nécessaire qu'il la connaisse pour apprendre à les mettre en pratique avec discernement et sagesse, quand viendra le moment d'agir.
Ainsi donc, mettre l'enfant, le jeune homme en commerce habituel et intime avec Dieu parlant par les Ecritures ; avec les Pères parlant par leurs immortels ouvrages, dans les parties, comme de juste, qui leur conviennent ; avec les Martyrset les Saints parlant par leurs actes héroïques ; avec les sciences et les arts parlant le langage de la foi, telle doit être l’œuvre de l'éducation véritable, de l'éducation chrétienne. C’est cela que demande Mgr. Gaume, c'est cela que nous demandons et c’est ce que nous appelons la méthode chrétienne. Que l’on ne répète point ici l'objection déjà réfutée, que les jeunes élèves des colléges ou séminaires ont une couple de leçons de catéchisime par semaine; qu’ils se livrent chaque jour à des exercices de piété que prescrit la règle de ces maisons, et que cela suffit. Non, cela ne suffit point, car ces quelques leçons de catéchisme, avec la méthode actuelle, ne sont, d'après l'expression si vraie du jésuite Possevin, qu'une goutte de bon vin dans un tonneau de vinaigre, et les exercices de piété ne sont pas l’enseignement religieux, ne le suppléent pas, mais le présupposent. Les exercices de piété, que n’alimentent point de fortes et solides études religieuses, ne tiennent pas longtemps : l'expérience de tous les jours nous apprend que c'est la première chose que les jeunes gens mettent de côté en franchissant le seuil du collége. R
Je ne cesscrai de le répéter, car le bon sens et la religion ne cessent de le proclamer : les jeunes gens chrétiens et catholiques doivent recevoir une éducation chrétienne et catholique dans toutes ses parties; soutenir le contraire serait crime et folie. Pour la leur donner telle, il faut que les auteurs chrétiens occup nt une large place dans l’enseignement, même la première place.
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Quant aux auteurs païens que l'on croira devoir conserver, il y a obligation stricte de les expurger parfaitement. Disons-le à notre honte : nous périssons, dans toutes les classes de la société, par une ignorance phénoménale ; nous périssons par l'indifférence re ligieuse qui en découle ; nous périssons par l’impiété qui lève orgueilleusement la tête et s'organise parce que rien ne vient lui faire sérieusement obstacle; nous périssons enfin par la méthode païenne d’enseignement, cause principale de tous ces maux. Puisqu'il en est ainsi, renonçons à suivre plus longtemps la méthode païenne et hâtons-nous d'adopter la méthode chrétienne, Elle renouvellera le monde, en le remettant en possession de ce riche fonds d'idées qu’on a cessé d'exploiter pour se nourrir de vaines fables. Des idées !: des idées! Des idées saines et solides, utiles et fécondes, exactes sur toutes choses : voilà ce que l’édncation doit donner à l'enfant. Les belles phrases des auteurs païens ont de l'éclat, du nombre et de la sonorité, mais elles sont, pour la pluplart, gonflées de vent, creuses et vides ; elles habillent de jolis riens. Il n’en est pas ainsi des phrases tombées de la plume des écrivains sacrés ou chrétiens. Que d'idées elles renferment et quelles idées! L'enfant qui s’en nourrit croît rapidenent en sagesse ; son âme prend la trempe de celle des héras et devient capable des plus grandes choses, parce qu’elle s'élève et plane dans les régions de la pure lumière.
Ou me dira peut-être que la méthode chrétienne est excellente pour préparer les jeunes gens à être séminaristes, mais que tnus n'aspirent pas à ce saint état; qu'il en est qui se destinent au monde et qu'il faut leur donner une éducation en rapport avec la carrière qu’ils se proposent d'embrasser, une éducacation laïque. A cela je répondrai qu'il n’y a qu'une seule et même religion pour tous, avec obligation stricte pour tous de la bien connaître et de la bien pratiquer ; que les jeunes gens, qui se destinent au monde, sont chrétiens et catholiques comme les autres, ct qu’ils sont obligés, comme les autres anssi, de connaître Dieu, de l'aimer et de le servir. Ils ont même, plus que
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gieuse, car, pour eux, toute étude de la religion se trouve à peu près terminée lorsqu'ils quittent le collège. Une fois lancés dans le monde, ils n'ont plus guère le loisir ou la volonté de s'occuper davantage de cette étude. Il importe donc, pendant qu'on les a sous la main, de Les pourvoir d’un fonds de doctrine assez solide et assez complet pour qu'ils puissent en vivre convenablement toute leur vie.
On soulèvera peut-être encore une autre difficulté : on me dira que, pour organiser les études d’après la méthode chrétienne, on n’a pas les livres requis. C’est une erreur ; ces livres existent en autsi grand nombre qu'il est possible de le désirer. Il y a toute une riche bibliothèque de classiques chrétiens. (On y trouve de nombreux extraits de nos saints Livres, une multitude de morceaux choisis de saint Jérôme, de Lactance, de T'ertullien, de saint Cyprien, de saint Augustin, de saint Paulin de Nole, de saint Hilaire de Poitiers, de saint Ambroise, etc. ; d’admirables homélies, des recueils d’une délicieuse poésie, puis les vies des Saints et les actes si touchants des martyrs. Il y a même des dictionnaires et des Grudus en rapport avec ce nouveau cours de classiques. Que peut-on désirer de plus? Non, ce ne sont pas les livres qui manquent, mais la volonté de s’en servir. Notons enfin, ponr ne rien omettre, qu’il y a aussi une édition d’auteurs païns complètement expurgés.
Pour corroborer tout ce que je viens de dire, je citerai quel. ques passages d’un admirable discours que Mer. l’évêque d'Angers adressait le 23 juillet 1874 aux professeurs et aux élèvos du petit séminaire de Beaupréau, sur l'emploi des auteurs chrétiens dans l’enseignement classique.
« Dans l’enseignement des lettres humaines, dit l’illustre prélat il est un point qui me préoccupe depuis longtemps, c’est la grande place, la trop grande place que l’on fait aux auteurs païens dans l'instruction de la jeunesse chrétienne, et la faible part, la part insignifiante, minime, que l’on y réserve à la littérature ecclé. siastique.
« Ce n’est pas d'aujourd'hui que date cette réclamation juste,
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légitime, en faveur des chefs-d'œuvre de l'é Nous avons trop oublié depuis troi à L. ma A ture 8 is siècles que les Pè Pèr latins ont doté le monde d’une littérature / i éd in pouvant lutter sans trop de désavant A a antage pour la f i RME P a forme. Eh bien !
RUE +rainement regrettable que cette littérature si riche, si x MPRt Ù si g si variée, n'occupe pas dans l’enseignement classi : place qu'elle mérite. de des Li « Assur i Roue JE messieurs, il ne saurait venir à l'idée de per u : e vouloir retrancher les auteurs païens du progr des ju es ....... mais sans diminuer le mérite Fe à MR aire aux 1 i da autres la part qu'il leur revient, J': i qu’une partie de notre enfance ni M ue ance se passe à débrouill er le ch la mythologie grecque, quelque singuliè i Les La ta dan Au singulière que puisse paraître ance e aux aventures des di Rein s des dieux de l :
mais n est-il pas étrange que la jeunesse chrétienne : : sr institutions, ignor Ar , ignorant presque totalement l'Ecri ent l'Ecritu i hi toire de l'Eglise, | Re glise, les ouvrages des Pères rature d’où procède le Houde mod nr PE erne avec ce qu’il a d i pers Pre qu'il a de lumières supériorité morale! Je ne m'oppose pas, si on le veut ab solume ; + i le 4 ; nt, à # qu’on nous fasse admirer les deux Brutus, H modius et Aristogi F4 Na “ ristogiton, et d’autres personnages smile de iquité grecque et latine, bien que l'ordre public n'y soi vuère intéressé ; is les apô es Eh Ada mais les apôtres, ces missionnaires intrépides a vérl ans : is a di FRA mais les martyrs, ces héroïques iberté des âmes ; mais | û ; s les Pères de l'Egli tue es ; Jglise, ces es représentants de la science ct de la sainteté sie sont-c2 pas là des figures V i paie AE gures que l’on devrait placer sans cesse sous su L 5 ‘à l'enfance comme les types les plus purs et les plus s de l’abnégation, du dévouement, de la force de caractè et de la magnanimité ! ns « Non, n’hési à i i ie 18 RAton pas à le dire, messieurs, il y a là, dans re systême d'éducation moderne, à tout le moins Mod -uiae acun i i :
ns Rd tout esprit sérieux est obligé de reconnaître et de nstater. ù i : Après tout, ni nos habitudes, ni nos croyances, ni es co re É i ivi , nditions de notre état domestique, civil et social, ne nous
mettent en communion d'idées avec les Grecs et les Romains. Si notre langue se rattache à la leur par beaucoup d'endroits (et je le reconnais bien volontiers), notre civilisätion, fille du christianisme, est bien différente.
« Or, cette civilisation, où prend-elle ses racines ? Où trouver
Jes notions fondamentales qui ont servi à l’établir et à la déve-
lopper ? Ce n’est pas certes dans la mythologie srecque ni dans les législations païennes, chefs-d'œuvre d'oppression des petits par les grands, d’injustice des riches à l'égard des pauvres; mais bien dans l'Evangile expliqué et commenté par les Pères de l'Eglise. C’est dans leurs écrits qu'il faut chercher, comme à une source toujours pure et féconde, les idées de droit, de justice, de responsabilité personnelle, les sentiments d'estime réciproque, de fraternité, de pureté et de délicatesse morale qui ont constitué la famille, l'Etat et la société modernes. Négligur ces hautes sources d'enseignement, tandis qu'on ne laisse ignorer à la jeu. nesse aucune des escapades de Jupiter ou d’Apollon, en vérité, ce sont là des exagérations qui ne tiennent pas devant une saine appréciation des choses.
« Je sais fort bien ce que l’on a coutume d’objecter contre l’introduction des auteurs chrétiens daus le programme des études classiques: ils n’ont pas, nous dit-on, l'élégance ni la correction des écrivains du paganisme ........ Un savant qui parviendrait à écrire le grec comme saint Basile ou saint Jean Chrysostôme serait, à coup sûr, le premier helléniste de l’époque; et les lettrés de toutes les universités du monde pâliraient devant celui qui aurait appris à manier la langue latine aussi bien que Lactance ou saint Jérôme. Quelle belle latinité, quelle prose souple et ferme dans les lettres de saint Jérôme; dans l’Octave de Minutius Félix, dans l'épitre de saint Cyprien à Donat, dans le De opificio Dei ou le De mortibus persecuterum de Lactance, et dans une foule d’écrits qu’il serait trop long d’énumérer! Où trouver un sujet d'études à la fois plus attrayant et plus utile ? un thême de comparaison plus fécond avec les écrivains d'un autre âge ? Non, il faut bien en convenir, nous ne faisons pas à
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\ trouver | la dévee ni dans les petits res; mais Pères de comine à de justice, éciproque, ; constitué ces hautes ràla jeu.
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a littérature ecclésiastique une assez large part dans l'instruction de la jeunesse ; il y a là matière à des améliorations sérieuses ; car la question si importante de la répartition des auteurs chrétiens ou païens dans l'enseignement classique mérite l’attention de quiconque s'intéresse, je ne dis pas seulement à la religion et à la morale; mais encore au progrès
de la philologie et des belles-lettres.
« Je suis heureux de pouvoir ajouter, messieurs, que le conseil supérieur de l'instruction publique n’a pas hésité à entrer dans cette voie. Déjà, l'an dernier, les Pères de l'Eglise prenaient place pour la première fois dans le programme de la licence èslettres. À partir de l’année prochaine, l'étude des Pères grecs en troisième et des Pères latins en seconde deviendra obligatoire pour tous les établissements d'instruction publique... Pour nous, messieurs, c’est avec empressement que nous ferons à la littérature chrétienne une part encore plus lurge que dans le passé. »
us j À XVIIT | D: JOURNAUX PARTISANS DE LA RÉFORME CHRÉTIENNE PROPOSÉE } || PAR MGR. GAUME, Le, ti Si Mer. Gaume a eu le déplaisir de rencontrer des contradic- L "4 teurs passionnés, peu loyaux et aveuglés par la routine et le parti- ; 0 pris, lorsqu'il a proposé la réforme chrétienne de l'éducation, | 1508 comme moyen d'une absolue nécessité pour la régénération et le À
salut du monde moderne, il a dû se sentir grandement consolé des misères qu'on lui a fait subir, en voyant l'élite des hommes ;
l'istruits, tant dans l'Eglise que dans l'Etat, s’empresser d'ap- ne | plaudir à ses courageuses paroles, et déployer le plus grand zèle js pour que la méthode par lui proposée fût acceptée et miseen h pratique, On sait que Mgr. Gaume a d'abord posé et développé 1 k sa thèse dans un livre intitulé : le Ver rongeur des sociétés mo- 4 dernes, et qu'il l'a ensuite corroborée par une masse de raisonne- ke LR ments et de faits dans un ouvrage en douze volumes, ayant pour FT titre: La Révolution, #$ | Or, tous les journaux franchement catholiques de l’Europe 2 ont accueilli ces publications avec les plus grands éloges. Le ñ Messager du Midi, lu Bretagne, le Messager de l'Ouest, le Bien o Ent Public de Gand, la Revue néerlandaise, la Monarchie espagnole, N ji et plusieurs autres, ont consacré à la Révolution des articles re- Li 1 marquabies ; ils ont tous à peu près parlé comme la Sertinelle du 4
Jura qui s'exprime ainsi :
ROPOSÉE
contradicet le partiéducation, ation et le nt consolé es hommes esser d’apgrand zèle et mise en + développé sociétés MmOe raisonneayant pour
de l'Europe
éloges. Le west, le Bien 1e espagnole, 4 articles re-
Sentinelle du
« Il n’y a pas aujourd'hui deux questions en Europe, il n’y en a qu'une : c'est la question révolutionnaire. L'aveuir appartiendra:t-il, oui ou non, à la Révolution ? Tout est là. Poser une semblable question, c’est en montrer l'importance. Mais comment l’Europe est-elle arrivée dans ce défilé redoutable, où d'un instant à l'autre elle peut périr ? Cette situation extrême n'est pas l'œuvre d’un jour. Ce qui est, émane de ce qui fut. Nous sommes fils de nos pères, et nous portons le poids de leur héritage. Cela dit assez que l’histoire généalogique du mal actuel est d’une importance capitale.
« Or personne, à notre connaissance, n'a sondé cette question avec plus de pénétration et de profondeur que le célèbre auteur de la Révolution ; personne n’a mis au service d’une raison supérieure une érudition plus abondante et plus sûre. A proprement parler, ce n’est pas Mgr. Gaume qui raisonne, c'est l’histoire qui parle. Les raisonnements sont des faits. Ou ne peut pas lire l'ouvrage ou se soumettre; car si rien n’est éloquent comme un chiffre, rien n’est brutal comme un fait : et ici il yen a des milliers. ‘Mais, comment ne pas lire, c’est-à-dire comment rester indifférent à la question révolutionnaire ? Qui done n'est pas intéressé à connaître l'origine et la nature de cette puissance formidable qui menace également le trône des rois et la borne des champs, le coffre-fort des capitalistes et la caisse d'épargne de l’ouvrier ?
« N'avons-nous rien à faire pour remédier au mal ? et si nous avons quelque chose à faire. quel est ce quelque chose ?
« À quiconque veut avoir la réponse à ces questions capitales, nous conseillons la lecture de l'ouvrage de Mgr. Gaume. Nous la conseillons aux personnes qui désirent avoir la clef des événements contemporains, si étranges, si complexes, quelquefois si effrayants et toujours si mystérieux par la rapidité même avec laquelle ils s’accomplissent, aussi bien dans l’ordre politique que dans l'ordre religieux. Même conseil à vous qui, interrogeant le présent dans le passé, voulez comprendre quelque chose à cette époque toujours ancienne et toujours nouvelle de notre histoire, où l’on vit toute
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une nation, après dix-huit cents ans de christianisme, renoncer publiquement à son Dieu, à ses croyances, à ses coutumes, à son gouvernement, pour prendre les dieux, les croyances, le gouvernement, les coutumes de deux anciennes nations, qu'on appelle les Grecs et les Romains, et dont le Christ lui-même était venu briser les idoles et changer les croyances et les idées, »
Le plus distingué comme le plus courageux défenseur de la religion et de l'Eglise en Piémont, l’Armonia, disait :
« Qui ne connaît Myr, Gaume et l'ouvrage intitulé le Ver rongeur des sociétés modernes, qui a fait tant de bruit en Europe ? Cet illustre écrivain, fortement convaincu que le mal vient de l'élément païen réintroduit par la Renaissance au sein des sociétés chrétiennes, a entrepris de le prouver dans un ouvrage intitulé Z« F Révolution. Il ne discute pas, il raconte... Pour tous les q esprits clairvoyants, la réforme radicale des études des classes lettrées, qui seules entretiennent la Révolution, parce qu’elles
| seules s'abreuvent, pendant leur éducation, à la source même de | ka Révolution, le paganisme antique, est done tout autre chose 4 qu'une question de forme littéraire de grec ou de latin, C’est une question de vie ou de mort, dont la solution pratique est urgente ; toute heure de retar1 est une nouvelle chance de malheur
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9 0 5 AC MSN VOICI EEE EN
rare
+ nee Ve mtd AT
12 pour l'avenir.
ù | € Humainement parlant, cette réforme est le seul moyen ou de 1 fermer l’ère des révolutions, ou d'arrêter pendant le temps et au degré voulu par la Providence, la marche du géant dont les fureurs menacent également l’ordre religieux et l’ordre social, Rome et l'Italie aussi bien que Paris et le reste de l'Europe. Au clergé donc, aux pères de fumiile, auæ gouvernements d'aviser. »
Le journal espagnoi, I. Regeneracion, a parlé de la même manière. Voici ce qu’il disait au printemps de 1857 : | ‘l «Il paraît en ce moment un ouvrage d’une haute importance, À et que pour le bien de notre pays nous voudrions voir entre les ‘à mains de tous ceux qui peuvent, d’une manière ou de l’autre, | d être appelés à exercer quelque influence sur les affaires publiques. er C'est la Révolution par Mgr. Gaume, le célèbre auteur de l’ou-
| Bi de na
vrage si connu, le Catéchisme de persévérance .…....., Ce n'est pas
roncer l'auteur qui parle, c'est l'expérience, c'est l'histoire... On né 4, à SOU peut dire de plus grandes vérités ; l'expérience nous a démontré gouver- que Mgr. Gaume parle comme un oracle, L'oubli du catholicisme appelle
d'une part et, de l’autre, la funeste rnéthode d'enseignement public, sont la cause principale de toutes les révolutions de l'Europe, Quand plaira-t-il à Dieu que les gouvernements le sachent ! » L'Univers disait à son tour en appréciant le Ver rongeur : « lie paganisme:règne depuis longtemps dans l'éducation, et de l'éducation: il a passé dans les mœurs, non-seulement dans les mœurs de la classe aisée, mais dans celle du peuple, où il fait en ce moment de lamentables progrès. Voilà un fait que l'on ne
it venu ar de la Ver ron-
Europe ?
vient de
naiétés À " , 8 société peut guère contester, et qui est digne de l'attention de tout ce ntitulé La qui reste de chrétiens et d'hommes de bon sens .. Depuis trois r tous les siècles, un venin subtil a ralenti et comme glacé cette sève de es classes
génie qui voulait donner à l'humanité le Christ pour unique conquérant, pour unique législateur, pour unique Dieu ; qui produisait les sommes théologiques, les croisades, les cathédrales ; qui suscitait des saint Bernard, des saint Thomas d'Aquin, des saint Etienne de Hongrie, des saint Louis de France, et qui leur donnait des disciples, des armées, des peuples pour accomplir tout ce qu'ils osaient entreprendre à la gloire de l'Evangile ......….
« Ce venin, qui a tut-à-coup arrêté l’essor de la société catholiqueet qui, malgré les miracles du dévouement religieux, la
e qu'elles même de utre chose tin, C'est que est urle malheur
oyen ou de
mps et au paralyse encore aujourd’hui, notre conscience nous crie que c’est dont les fu- l'esprit de la Renaissance. Le paganisme de l'enseignement, cial, Rome s'infiltrant dans les arts, dans les sciences, dans les mœurs, dans
Au clergé la politique, non-seulement diminue le nombie des intelligences er.)
complétement chrétiennes, mais encore les isole au milieu d’un monde où leurs inspirations appauvries n'ont plus d'écho .…..
« Le paganisme n'est pas seulement une forme, c'est une doc-: trine, et dans les sociétés chrétiennes, cette doctrine est la contradiction formelle de la doctrine catholique... Cette doctrine, depuis:trois siècles, a eu sa marche logique, ses développements réguliers ; elle a dû produire et elle a produit ce que nous voyons
même ma-
importance, ir entre les de l’autre, a publiques.
ur de l'ou- 14
abs mm Pan
en politique, en philosophie, en morale, en littérature, en toute «| manifestation de l'intelligence humaine... Pour obvier au mal, ‘# il faut donc fortifier l'éducation chrétienne. (Comment la forti-
fiera-ton, si on ne donne pas aux auteurs chrétiens la prédominance laissée aux auteurs païens ?...... « En fait, nous savons et nous voyons combien est grand le nombre de ceux qui pensent, parlent, vivent, veulent vivre comme s'il n’y avait jamais eu de christianisme, et qui datent l'âge de la lumière du jour où le christ'anisme a paru être éclipsé. Pour eux, toute religion est affaire de mysticisme, parfaitement indifférente à un laïque; la morale de l'Evangile est la morale de l'autre monde, une superfluité dont ils ne s'occupent qu'en amateurs et en curieux.
« Dans notre situation particulière à notre siècle ct qui le "i distingue des dix-huit siècles antérieurs, n'est-il pas souverai- D uement dangereux d'offrir à la jeunesse des livres où elle trouve 1 la painture exclusive du beau côté d’un état social qui est préci- {Li sément cet état social extra-chrétien que rêve et que prétend : | LE réaliser J'orgueil imbécile de l'époque ? | il « Voilà la question. et quand même la tradition chrétienne tout entière déposerait en faveur de l'étude des autres paiens, c'est qu'il faudrait innover. Que nous importe que ces païens ne. | aient été, eux seuls, et tous ensemble, comme dit M. Alloury,
‘à tous les mérites à la fois, si maintenant ils sont devenus dange- {et reux ?.... L'étude des auteurs païens dans les colléges, si elle 3 | est plus qu'un accessoire, est un danger pour la foi. Sommes- à nous dans un siècle où nous puissions jouer avec la foi? Il
| nous semble que la question est résolue.” “ | Dans ces extraits de l'Univers, nous avons entendu M. Louis Veuillot qui termine en disant : « Dans tous ce que nous avons AU lu de la part des défenseurs du systême actuel, rien ne tranche 11 un problême qu'il faut résoudre, car il va bien loin chez un p FU grand nombre de pauvres d’esprits, très-influents au temps où 1 mi: Een nous sommes. Si ce système, établi tout entier sur la préémi- à
nence littéraire des païens, est bon en soi, n'a pas été et n’est pas el
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t qui le ouveraie trouve st préci-
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hrétienne es paies, Les paiens Alloury, us dange- 8, si elle Somnmesfoi? Il
M. Louis ous a VOS e tranche h chez un temps où a préémit n’est pas
devenu dangereux, on n’a besoin que de retonches et de modifications sans importance et qui n’exigeaient point le bruit qu’on a fait; alors une question se pose: Pourquoi, depuis l'établissement de ce systême, l'esprit du christianisme s'est-il graduellement, constamment, généralement retiré de la littérature, des sciences, de l4 politique, enfin des usages et des mœurs? Pourquoi, à mesure que ce système domine, voit-on le niveau intellectuel et moral baisser partout, tellement qu’à l'heure, si promptement venue, où la puissante impulsion des saints de la Renaissance ne se fait plus sentir, et où le dernier écho de leur voix s'éteint avec Bossuet et Fénélon, aussitôt éclate la décadence universelle ? Une orgie de quinze ans inaugure ce ridi
cule ‘et pervers dix-huitième siècle, la honte et le fléau de la chrétienté. Siècle réprouvé qui n’eut presque point de saints et qui se conjura contre toutes les œuvres saintes : qui ne légua au monde que des souvenirs souillés, des pratiques de ruine, des instruments de mort, et dont on pourrait faire le blason en dessivant la machine de Guillotin sur le fatras de l'encyclopédie.
« Puisque l’enseignement public ne serait pour rien dans cette trame immense, et non encore toute déroulée, de folies et de crimes, qu’elle en est donc la cause? Est-ce dans le christianisme lui-même qu'il faut chercher le secret de son affaiblissement ? Croirons nous avec les prophètes de l'Université, si expert en grec et en latin, qu'après tout cette religion est mortelle, qu'elle a fait son temps, que ses dogmes finissent, et qu'une nouvelle source de vie va s'ouvrir sous la sonde de M. Cousin et sous la pioche de M. Proudhon, pour remplacer la fontaine désormais tarie qui coulait du Golgotha ? »
En Angleterre, l'Union, organe des puséistes, publiait ce qui suit à la date du 3 décembre 1858 :
« Qu'auraient dit saint Augustin et saint Jérôme s’il avaient pu penser qu'après des siècles de christianisme il viendrait des maîtres de la jeunesse qui abandonneraïent de propos délibéré leur systême, et qui remplaceraient la Bible et les Pères par les
classiques païons; qui, au lieu des actes des martyrs et des
saints, rempliraient l'esprit des jeunes chrétiens des dégoûtantes histoires des dieux et des déesses de la mythologie ?
« 1 y a là une incompréhensible aberration. On ne s'explique pas comment l’Europe chrétienne a pu retourner à un systême d'éducation flétrie douze siècles auparavant par saint Augustin. Et c'est ce qu'a fait cependant la Renaissance. Les classiques païens ont été exaltés, et ils occupent dans l’enseignement une place aussi importante qu'au temps où les hommes adoraient le bois et la pierre, qu'au temps où ils adoraient comme des dieux immortels les auteurs des crimes les plus abominables. Des grands hommes, des hommes comme saint Charles Borromée, saint Ignace et son illustre disciple le savant Possevin, se sont efforcés d'arrêter le torrent, mais ils ne purent y réussir. En vain les jésuites ont tenté avec un noble zèle, d’extirper le venin, en expurgeant les classiques. Ils pouvaient bien cacher le poison, mais ils ne pouvaient pas empêcher la curiosité de la nature corrompue de pénétrer dans ces repairs d’obscénité., Ce que les jeunes gens apprenaient dans les livres, ils le trouvaient reproduit d’une manière plus vivante encore par les ciseau des sculpteurs, par la palette des peintres, de sorte que l'atmosphère toute entière était corrompue. Faut-il s'étonner des conséquence ? Faut-il s'étonner que cette dégradation universelle des rois et des nobles, plongés dans l’abîme du vice, ait engendré cette démocratie sauvage qui menace maintenant les trônes ?
€... Il est temps, quelle que soit la politique des rois et des cours, que les parents chrétiens songent à ce qu’ils ont à faire, pour conduire leurs enfants dans la voie qui sauvegardera leur honneur dans cette vie et qui assurera leur bonheur dans l’autre. Mgr. Gaume a proposé une réforme à cet égard en France. (Cet éminent écrivain demande que les études des enfants, jusqu'en quatrième, soient consacrées à l’Ecriture sainte, aux écrits des Pères et aux actes des martyrs, en même temps qu'on leur donnerait toutes les connaissances d'histoire, de
science ou d'industrie qui pourraient être en rapport avec les
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romée, se sont x, En rper le cacher é de la ité., Ce le troupar les sorte que s'étonner hion univice, ait enant les
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diverses professions qu'ils doivent embrasser plus tard. 1] ne veut pas qu'on les initie à l'étude des auteurs païens avant que ces études aient été faites, et encore demande-t-il que l'élément païen n'entre dans l’enseignement qu'avec de faibles proportions.
« Ce plan d'enseignement a reçu les plus hautes approbations dans toutes les parties du monde chrétien. Le Pape, pour marquer son approbation, a élevé son auteur à la haute dignité de protonotaire apostolique. Le cardinal Gousset, archevêque de Reims, l’a encouragé par une lettre où il lui annonce qu’il adopte son plan pour tous les séminaires de son diocèse, Plusieurs autres évêques de France ont suivi cet exemple, ainsi qu’un grand nombre d’évêques d'Autriche et de Lombardie. On ne compte pas moins de douze évêques qui ont accepté cette réforme dans le royaume de Naples, et à leur tête se trouve lillustre évêque d’Aquila, Mgr. Filippi, qui a montré tant de zèle à l'appliquer, que Pie IX n'a pas craint de l’honorer du tître d'apôtre de la réforme dans l'édrication. V'épiscopat espagnol n'a pas montré moins d’empressement, et les vues de Mur. Gaume ont été adoptées en Espagne, ainsi que l’a témoigné le vénérable évêque d'Urgel
« En résumé, nous voyons beaucoup de signes qui nous encouragent dans nos efforts. Toute l'Europe se réveille et sent le besoin de revenir à un christianisme plus complet dans l’éducation, dant l'architecture, dans l’art, dans la politique. Tout le monde désire l'avénement d'un systême qui garantisse tous les droits et toutes les libertés, sous l'influence d’un enseignement chrétien : d'un systême où l'humanité puisse enfin accomplir ce commandement du Sauveur: « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.
Si un protestant parle de la sorte, que ne devrait pas dire des catholiques ? Que certains d’entre eux apprennent donc en rougissant à ne plus mal accueillir une réforme, dont l’impérieuse nécessité est de suite reconnue par tout esprit droit et sincère.
LAIQUES ET PRÊTRES ÉMINENTS EN FAVEUR DE LA RÉFORME CHRÉTIENNE DES ÉTUDES.
Les journaux catholiques n'ont pas été les seules voix qui se soient tait entendre en faveur de la réforme chrétienne de l’enseiwement; les laïques et les prêtres les plus éminents de tous les pays l'ont aussi saluée avec bonheur et fortement recommandée. Je n’en mentionnerai que quelques uns, car les citer tous me mènerait trop loin.
Le 21 juillet 1852, le comte de Montaiembert écrivait à Mer. Gaume : « Permettez-moi, tout inconnu que je suis de vous, de vous exprimer tout l'intérêt que je prends à la lutte que vous avez wénéreusement et résolûment entreprise pour la plus belle, lu plus vraie, lu plus sainte des causes. Avec de la patience et une persévérance invincible, vous triompherez, n'en doutez pas, des obstacles qui semblent s’accumuler contre vos efforts. Vos lettres sur le Paganisme sont irréfutables. D'ailleurs, une cause qui « pour elle l'appui public de nos savants évêques est une cause gagnée,
«.. La lutte de nos jours est partout entre l'esprit chrétien et l'esprit païen, entre Dieu et Satan. Dieu l’emportera dans notre belle France, où il compte encore à son service tant de capacités et de dévouements. Vous êtes un des plus avancés et des plus favorisée de Dieu. Puissiez-vous trouver en lui tout ce qu’il
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vous faut de force morale et physique pour ne pas succomber à l'immense tâche que vous vous êtes donnée ! ;
A la même date, Mgr. Gaume recevait d’une autre partie de la France la lettre suivante d’un autre laïque éminent :
« Les coups et les injures pleuvent sur vous qui par vos longs et glorieux travaux avez si bien mérité de l'Eglise et de la société. Ne vous inquiétez pas ; on n'est digne d'être l'apôtre de la vérité qu'autant qu'on est prêt à en être le martyr. Je comprends la haine des voltairiens ; mais je ne comprends ni certains évêques ni certains écrivains catholiques; en vous attaquant, ils tirent sur leurs troupes. Que veulent-ils ? Est-ce que par vos ouvrages la foi ou les mœurs sont mises en péril? Non; mais, disent-ils, c’est le beau, c'est la belle littérature, la belle éloquence, la belle poésie, la belle peinture, la belle architecture, l'antiquité classique en un mot, source de lumières et de beautés. Que deviendrait le monde chrétien, grand Dieu! si on ne cessait de faire étudier pendant huit ans les auteurs païens de Rome et de la Grèce ?
«Je ne connais pas d’absurdité plus colossale. Mais ce n'est là que le côté moins grave de la grande question que vous avez cou- De la recherche avide du prétendu beau littéraire est venue la recherche et l'admiration du beau antique en tout genre; et depuis la Renaissance, la société à eu pour unique préoccupation limitation, la reproduction des idées, des arts, des usages, des institutions, des mœurs de la société païenne.
raveusement soulevée.
Qu'on nie ce fait constaté, reconnu par tout le monde; qu'on nie la Renaissance, et alors il n’y a pas à discuter avec des gens qui nient le soleil en plein midi. Maïs si on ne nie pas la Renaissance, il est impossible à un chrétien, à plus forte raison à un évêque, d'y applaudir, autant qu'il serait impossible à un bon musulman d’applaudir à l'introduction des idées chrétiennes en Turquie. Qu'on ait pu se faire illusion aux temps passés, je le comprends ; mais aujourd’hui, il n’y a plus d’excuse pour ne pas faire de l'élément chrétien, artistique et littéraire, la uourriture des enfants chrétiens. »
En Angleterre, l'immortel Pugin, qui portait toujours avec lui
le Ver rongeur, disait en mourant : «Je mieurs content, puisque j'ai vu donner le coup de grâce au Paganisme, »
Et le pieux lord Philipps, une des âmes du mouvement catholique, écrivait à Mgr. Gaume : « Pour moi, je suis convaincu que la question comme vous l'avez posée, et comme nous l’adoptons et la soutenons, doit infailliblement triompher, parce que tout ce que vous dites est vrai, solidement fondé et d'accord avec la conscience et la conviction chrétiennes. Noyez tranquille, votre cause est la cause dé Dieu. Au fond, je suis convaincu que tout chrétien sincère est de votre avis. Si par hasard il soutient quelque chose contre, c’est l'effet de quelque préjugé qui dénature la question devant ses yeux, et qui ne le laisse pas libre de l’envi- “ager . ‘le qu’elle est en réalité, »
Ün autre enfant de l'Angleterre, et de ses plus nobles, adressait le 6 décembre la lettre suivante à Mer. Gaume : « Laissezmoi . 8 Ci une parole sur votre œuvre. Ayez courage, mon cher ami. Dieu, je pense, vous à suscité comme Jean-Baptiste daus l'esprit d’Elie, pour préparer les voies du Seigneur et prêcher la pénitence à toutes les nations chrétiennes qui ont offensé Dieu en beaucoup de choses, mais surtout, et avant tout, par ce péché abominable d'avoir restauré le damnable art païen en couvrant l'Europe des exécrables représentations de la mythologie idoïitrique des païens et en étudiant plus les ouvrages des auteurs paîens que ceux des auteurs iliuminés de l'esprit de Dieu et des sublimes vérités de son Eglise catholique. Votre glorieux ouvrage a levé l’'étendard. Déjà ce livre a eu un immense retentissement dans toute la chrétienté, ici, en Angleterre surtout, J'ai entendu un des premiers n'inistres de la reine dire en propres termes :
Oùi. M, Gaume a mille fois raison ; et si le catholicisme est vrai, nul homme ne peut contester su thèse, « Même dans nos graudes universités d'Oxford et de Cambridge, les hommes les plus éminents commencent à voir et à proclamer que vous êtes logique, que vous avez raison, que ce que vous dites est incontestable. Que vous rencontriez une grande opposition, c’est tout naturel, L'orgueil des hommes.en est Ja
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cause ; ils n'aiment pas à fléchir tout d'un coup. Il est difficile de chasser le démon qui a si longtemps possédé l'esprit public des nations chrétiennes. Et aussi Dieu, je pense, permet cette opposition afin de faire éclater davantage /a logique de votre argument, et afin que tous ceux qui travaillent pour cette grande ré-
forme s’affermissent dans l'humilité et dans le sentiment de leur propre néant, »
Du fond de la Hollande, M. Alberdingk Thyim, le grand catholique de ce pays, écrivait à Mgr. Gaume en février 1853 : « Je me sens un besoin irrésistible de vous exprimer ma reconnaissance et ma cordiale sympathie pour la thèse grande et vraie que, dans votre livre le Ver rongeur, vous avez lancée vaillamment au milieu de l'arène des discussions sociales. Vous avez établi solidement une des vérités les plus importantes et qui désormais n'est plus susceptible d’une réfutation raisonnable, Nous autres chrétiens germaniques, enfants de Charlemagne, nous ue voulons plus pour nourrices de nos enfants les belles filles antiques ; nous ne formerons plus leur esprit et leur cœur dans le monde artificiel des Grecs et des Romains.
« Les combats de la vérité sont rudes aujourd’hui. Vous l'avez éprouvé, comme nous, eu vous attaquant au ver rongeur de la société. J'aime à prendre, quand je songe à votre livre, le mot Ver dans la signification qu’il avait dans ma belle langue du onzième siècle : ver est worm, et worm signifiait monstre. C’est un monstre à plusieurs têtes que vous avez attaqué; mais vous sortirez victorieux du combat par la force des choses et de la logique. Je prie Dieu qu’il vous continue sa grâce et qu’il vous conserve les forces pour travailler à sa gloire et au bien de l'Eglise.»
En Allemagne, le célèbre publiciste baron de Moy de Sons appelle de tous ses vœux la réforme chrétienne et définit la Renaissance : « le renversement de l’ordre, puisqu'elle a soumis tout, jusqu’à l'Eglise, aux idées païennes ressuscitées, »
Et le docteur Rethmeier a parlé dans le même sens. Pour
hâter le triomphe de la méthode chrétienne, il a publié des clas-
siques chrétiens, « suivant l'impulsion donnée, dit-il, par des hommes éminents en doctrine, en science et en piété. »
En Espagne, un des plus grands génies de notre siècle, Donoso Cortès, a jugé la Renaissance comme Mgr. Gaume. Il n'hésite pas à dire que le paganisme dans l'éducation est la principale cause du mal présent. Il écrivait le 4 juin 1849 :
« La rétrogradation a commencé en Europe avec la restauration du Paganisme littéraire, qui a ameué succossivement les restaurations du Paganisme philosophique, du Paganisme religieux et du Paganisme politique. Aujourd’hui le monde est à la veille de la dernière de ces restaurations, la restauration du Paganisme socialiste. »
Le 25 avril 1851, il écrivait en ces termes à Mer. Gaume : « Votre ouvrage, le Ver rongeur, est excellent. Il n'y a que deux systèmes possibles d'éducation : le chrétien et le païen. La restauration du dernier nous a conduits à l’abîme dans lequel nous sommes, et nous n’en sortirons certainement que par la restauration du premier. Cela veut dire que je suis complètement d’accord avec vous. Il faut que votre ouvrage soit publié et répandu L'exécution répond au but: vous êtes tonjours clair, logique, perspicace, et personne jusqu'ici n’a mis si décidément le doigt dans la plaie. »
Un des professeurs des plus distingués, sans contredit, du clergé de France, dit Mgr. Gaume, nous adressait la lettre qui suit, à la date da 10 octobre 1856 :
« Je cède, Monseigneur, au désir qui me presse depuis longtemps de vous témoigner l'admiration que m'’inspirent votre dévouement et vos importants travaux, mis au service d’une idée vraie, noble, belle et utile. La Révolution complète votre thèse et semble lui assurer une irrésistible évidence. Que Notre- Seigneur vous donne la grâce de servir encore longtemps et beaucoup son Eglise! C’est le plus grand honneur et le plus grand bonheur qu’on puisse souhaiter à ceux qu’ou estime et, si je l’osais dire, à ceux qu’on aime. »
Les prêtres, curés et chanoines d’une grande ville, que Mgr.
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aume ne nomme point pour des raisons particulières, faciles à deviner, lui ont adressé collectivement la lettre suivante; le 4 Janvier 1853 :
« Tout ce qui touche aux intérêts sacrés de l'Eglise, notre mère, fait palpiter nos cœurs. C’est vous dire que nous avons été heureux de la discussion que Vous avez soulevée si à propos au sujet des classiques. C’est vous dire que toutes nos sympathies sont acquises à la cause que vous défendez si généreusement et dont vous êtes le glorieux martyr.
(« Oui, en signalant comme un abus l’usage à peu près exclusif des auteurs païens dans l'enseignement, vous avez mis le doigt sur une plaie trop réelle, et dans le plan que vous tracez pour introduire une réforme, vous montrez autant de modération que de prudence. (Ce n’a pas été pour nous un léger sujet d'étonnement que même des évêques aient cru pouvoir censurer vos Vues et vos paroles. Mais lorsque vous avez pour vous la raison et le bon droit, nous admirons d'autant plus ce courage ferme, cette persévérance calme avec lesquels, sans tenir compte des injures de vos adversaires, vous savez relever leurs exagérations et leurs méprises,
« Vous avez prouvé que vous êtes digne d’être le champion d'une si noble cause. Nous n’ignorons pas que vous avez reçu plus d’.n témoignage de satisfaction des personnages les plus imminents ; que dans tous les rangs de la société il y a des cœurs chrétiens qui vous comprennent et partagent vos convictions. »
S'il est une pièce qui doit trouver sa place ici, c'est assuré. ment la lettre qu'adressait M Silve, chanoine curé, aux rédacteurs de l'Univers ; elle est du 13 août 1852.
“ Messieurs, dit il, ayant été supérieur de deux petits séminaires, Forcalquier et Ajaccio, j'ai suivi avec un vif intérêt la poléniique que vous soutenez sur le choix des ouvrages qu'on doit mettre entre les mains de la jeunesse. J'adhère complètement à la doctrine du ver rongeur de M. Gaume et à la thèse que vous avez développée avec tant de savoir. Combien de fois, professant les humanités, n'avais-je pas dit à mes élèves: Mes
enfants, je jette le poison à pleines mains dans vos poitrines! Et pourquoi inclinons-nous nos fronts marqués du signe du Christ devant les prétendus chefs-d'œvre des siècles de Périclès et d’Auguste, tandis que nous avons là, sous nos mains, dans les Pères de l'Eglise, toute une littérature chrétienne? C’est là que nous pourrions recueillir l'or à pleines mains, si nous n'étions pas esclaves de vains préjugés. Oh! comme mon cœur de prêtre gémissait alors que j'avais à expliquer les odes, les satires et les épîtres de celui qui, se rendant justice à lui-même, disait: Ægo de grege porcorum Epicuri! Jusque dans cet Homère si vanté, dans ce Virgile estimé si sage, je trouvais des pages infectées de luxure. (Combien de fois, au tribunal de la pénitence, n'étais-je pas condamné à combattre dans mes pauvres enfants les impressions funestes qu’ils avaient reçues en classe de l'étude des auteurs païens ! Ah! du moins que, pendant les classes de grammaire, c’est-à-dire jusqu’à la troisième inclusivement, on tienne nos jeunes chrétiens loin de ces sources impures, loin de ces livres qui, sous de belle formes, cachent le venin le plus mortel, véritables sirènes qui, avec leur voix enchanteresse, entraînent tant de malheureux à leur perte !
«.… Pendant plus de vingt ans j'ai été condamné à feuilleter ces livres déplorables. Je connais tout le poison qu’ils renferment, et ce serait calmer un remords de ma conscience si, avant de mourir, il m'était donné de réparer le mal que j'ai fait à mes chers et bien-aimés élèves, alors que, me laissant entraîner par un fatal courant, je les initiais aux fatales doctrines de ceux que saint Paul a si bien caractérisés lorsqu'il a dit: Volentes esse sapientes stulti facti sunt. »
M. l'abbé Martinet, qui est à coup sûr l’un des hommes les plus remarquables de l’Europe, a profondément déploré, lui aussi, e règne du paganisme dans l'éducation. « La Renaissance dit-il, a dégradé le talent en le ravalant au rôle de copiste. Elle a perverti les mœurs, parce que, au lieu de s'appliquer à cultiver et à embellir les mœurs chrétiennes, elle s'est faite l’interprète et l’admiratrice des idées puériles et des mœurs dissolues
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de l'antiquité... En somme, nos éducateurs modernes n'ont rien négligé pour nous faire rétrograder de vingt siècles, et obliger les peuples chrétiens à reprendre les misérables allures d'une misérable antiquité. »
En Italie, berceau de la Renaissance, nous trouvons, entr'autres partisans de la réforme proposée par Mgr. Gaume, le R. P. Ventura, Manzoni, le comte Jullio Dandolo, l'éloquent et courageux abbé Margotti.
Parlant de la guerre acharnée que les admirateurs de l'antiquité païenne avaient déclarée à Mgr. Gaume, le Père Ventura s'écrie: « La postérité ne s'expliquera pas que des ecclésiasti-
ques haut placés, n'opposant que le scandale du silence et de l'indifférence aux ravages de l’incrédulité, n'aient élevé la voix
de leur zèle que pour défendre l’idée païenne contre l’idée chrétienne ; qu’ils n'aient lancé des censures et des anathèmes que contre de courageux catholiques, et qu'ils aient persécuté comme des Luther et des Calvin, des hommes qui ont voulu retrouver une méthode patronée par les plus grands personnages de l’Eglise. La postérité ne s’expliqnera pas enfin que des chrétiens se soient acharnés avec tant de fureur contre des chrétiens. pour les punir d'avoir voulu christianiser l'enseisnement social, et qu'ils aient voulu écraser, c'est le mot, l’un des saints et des plus savants prêtres de son époque (Mgr. Gaume), pour avoir osé dire dans ce temps d'apostasic universelle, qu'on ne peut avoir une société chrétienne à moins d'élever chrétiennement la jeunesse, et qu’ils aient voulu traîner aux gémonies cet homme vénérable, auquel, dans l'intérêt de la morale publique, Platon, Cicéron et Quintilien auraient décerné des autels. »
Le très-révérend Père Cérimo, supérieur des Théatins, l’un des plus savants consulteurs de l’Index, ayant examiné les écrits de Mgr. Gaume sur la question des classiques, après s'être a11joint d’habiles canonistes, fit parvenir à l’illustre auteur, le 28 janvier 1853, la consultation suivante dont je ne donne que des extraits :
« Les principes de foi et de zèle, qui vous ont inspiré le rare
en nee
courage de soulever une question aussi utile et aussi délicate qu'est la question de l'abus des classiques païens dans les écoles seront infailliblement reconnus et admirés de quiconque voudra se procurer l'avantage de lire ce que vous avez publié à ce sujet.
« Attaquer de front une coutume invétérée et universel] paru à quelques-uns une présomption et une injure envers l'Eglise. Rassurez-vous cependant ; car, d’un autre côté des personnages, non point en petit nombre ou obeurs, mais en grand nombre et on ne peut plus distingués, vous encouragent, vous secondent et se font vos compagnons d'armes dans cette guerre contre le paganisme, infiltré dans l'éducation et débordé sur les sociétés modernes,
« .….Æmpêcher les jeunes gens qui doivent étudier le grec et le latin de puiser leurs premières idées dans les auteurs païens, desquels, excepté la langue, on n'apprend ricn de bon et dont on peut apprendre beaucoup de mal, et d'autre part, leur mettre entre les mains des livres chrétiens où tout en apprenant ? langue, qui est aussi une langue grecque ou latine, l'esprit cœur des enfants, faciles à recevoir et fidèles à retenir les premières impressions, se pénètrent, presque sans s’en apercevoir, de religion, de vertu, de piété, qui, en fin de compte sont l'essentiel de la vie, morale de l’homme : rien de tout cela assurément ne peut être appelé un outrage à l'Eglise. Je dirai plutôt que c’est un moyen de seconder ses vues.
€... Il me semble que c'est faire trop d'houueur à Homère et à Virgile, à Démosthère et à Cicérou, que de déclarer l'Eglise solidaire de l’injure qu'on leur fait, en les bannissant de quelques écoles. Je ne sache pas que l'Eglise ait jamais fait de canon pour sanctionner une règle, un programme d’études élémentaire- Aussi, chaque évêque, chaque congrégation religieuse a pleine liberté de suivre telle méthode qu’elle reconnait plus appropriée aux circonstances des temps, et plus conforme à la pratique des lieux, ou bien d'introduire un système qui lui soit tout-à-fait propre. Dans ce dernier cas, ce serait une uouveauté, jamais
une injure aux autres évêques ou aux autres congrégations, bien
licate moins encore à l'Eglise,
écoles « L'Eglise n'a pas IMPosÉ l'usage des classiques païens, elle l'a oudra TOLÉRÉ. Elle ne regardera donc pas comme une injure si on sujet. éloigne d'elle CE QUI ÉTAIT EN ELLE, MAIS QUI NE VENAIT sell PAS D'ELLE. L'usage des classiques paiens fut imposé par Les Eghise. eæigences du siècle, et à grand regret adopté par les pasteurs unages, spirituels. Que ne fit pas saint Charles pour exclure du prombre et gramme d'études de son séminaire les auteurs païens? Par une adent et prudente condescendance, il dut cependant tolérer qu'on les y le paga- introduisit..…... Pour conclure, je dirai à votre Réverence que, étés MO- suivant ma manière de voir, elle peut sans inquiétude, sans diffi-
r le grec
culté ou inconvénient soutenir sa thèse, Zaqguelle seconde les vues de l'Eglise, loin de les contrarier.»
Un autre prètre, digne émule des Apôtres par son zèle, des
dns Lane Pères de la Thébaïde par ses austérités, des plus grands saints ur mettre par l’héroïsme de ses vertus, le R. P. Muard, fondateur des béné
HV dictins-prêcheurs, disait quelques heures avant sa mort : « Que
prit nous sommes malheureux ! Pendant nos études on ne nous a
tr les pre- inspiré ançun goût pour les écrivains sacrés ; nous avons reçu
cevoir, de un CUSSIRURENT. D'ÉQUE PHReU |
l'essentiel Après ce témoignage de la sainteté la plus éminente, écoutons
irément ne t que c’est
à Homère
er l'Eglise Le quelques t de canon lémentaire* se a pleine
celui de l'impiété la plus satanique. Proudhor, qui prend les auteurs païens sous sa protection, dit: «Je sais gré à Mer. Dupanloup d’avoir voulu réparer, autant qu’il esten lui, les torts de Mgr. Gaume à l'endroit des classiques, bien qu'au fond Mer. Gaume me paraisse plus conséquent dans sa manière de voir et plus chrétien que Mgr. Dupanloup.»
Voilà ce qui s'appelle mordre en baisant.
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