DISCOURS
Une autre parole encore de Pie IX à propos de la méthode
chrétienne. Mer. Gaume écrivait, en 1867, à l’un de ses amis au Canada, une lettre dont je me fais un devoir de donner l’extrait suivant :
« Permettez-moi de tout attendre de votre dévouement à notre grande ct sainte cause (la réforme chrétienne de l'enseignement). Je la nomme ainsi pour bien des raisons, entr'autres parce que le Saint-Père me faisait écrire, il n’y à pas encore bien longtemps : « DITES-LUI DE NE PAS SE DÉCOURAGER, QUE LA CAUSE QU'IL DÉFEND, EST LA CAUSE DE DIEU. »
Ainsi donc, d’après Pie IX, que Dieu a s«pécialement choisi pour tuer toutes les grandes crreurs modernes avec le secours de
Jelle qui a écrasé la tête de toutes les hérésies ; d’après Pie IX,
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qui ne saurait parler à la légère lorsqu'il use de si graves paroles, la question de la réforme de l’enseignement est {a cause de Dieu même, et il exhorte, en conséquence, l’illustre défenseur de cectte cause, à ne pas l'abandonne: par découragement.
Pour des chrétiens, pour des catholiques, pour des fils obéissants du Saint-Père, en faut-il davantage pour être convaincus que le temps est enfin arrivé de laisser là le funeste système païen et de revenir au système chrétien qui fut ie système en vizueur et en honneur dans les âges de foi? Assurément non. Ne pas vouloir remuer après avoir entendu de telles paroles, c'est se montrer janséniste, libéral et gallican dans la pratique, quoiqu'on repousse avec horreur, comme une injure atroce, tout ce qui tend à nous accuser d’incliner vers ces fatales erreurs, filles très-lévitimes du paganisme dans l'éducation.
Tout se tient dans l'erreur comme dans la vérité. Ceux qui d’une manière ou d’une autre favorisent le paganisme dans l’enseignement, conservent un reste d'affection pour le jansénisme, le libéralisme et le gallicanisme, quoiqu'ils protestent du contraire Il ne faut pas les examiner iongtemps, lorsqu'ils sont à l’œuvre, pour s'apercevoir qu'ils en laissent suinter quelque chose.
On me dira peut-être ici que les faits que je rapporte ont un caractère privé, et qu'ils ne peuvent être connus de tous, par conséquent. Almettons-le pour un instant, quoique ces faits aïent déjà été consignés dans des écrits qui ont dû être lus, puisqu'ils ont produit beaucoup de sensation, Si ces faits sont ignorés, peut-on ignorer de même les brefs que Pie IX a adressés à Mur. Gaume? Peut-on ignorer l'existence de l’encyclique Znter multiplices ? Peut-on ignorer surtout la lettre du cardinal Patrizi, rappelant les pres-riptions de cette eneyclique ? Je ne le pense
‘pas. À, nous allons voir que, si l’on connaît ces pièces, l’on n'est
pas du tout excusable de renvoyer aux calendes grecques, comme l'on fait, l'exécution des mesures qu’elles prescrivent touchant l'enseignement. Ces pièces, on ne les fait jamais valoir! Le mutisme, qu'on observe à leur égard, ressemble trop, à mon avis, au silence respectueux des jansénistes. Il faut sortir de là, car ce u'est pas beau du tout, sans compter que ce n’est pas édifiant,
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L'eNCYCLIQUE INTER MULTIPLICES.—LE BRE# DU 15 dANVIER 1872.
Le ver rongeur parut eu 1851. Dès lors commença une polémique très ardente entre ceux qui adoptaient les idées qui y étaient émises et ceux qui les rejettaient, M. l'abbé Landriot, qui devint plus tard évêque de LaRochelle, puis archevêque ( de Reims, et le R. P. Daniel, jésuite, firent chacun un liyre pour réfuter le ver rongeur. Ils ne prouvèrent qu’une chose : qu'ils n'avaient point lu ou qu'ils n'avaient point compris M. l'abbé Gaume. Mgr. Landriot regretta plus tard cette malheureuse campagne. Quant au jésuite, il a dû faire de même en apprenant que les illustres de sa Compagnie, entr'autres le savant Possevin, avaient fortement et victorieusemeut plaidé en faveur de la cause qu’il combattait.
Mgr. Dupanloup, évêqne d'Orléans, se distingua surtout dans cette lutte par ses contradictions, l’acrimonie de ses attaques et la violence des moyens dont il usa pour fermer la bouche-à des adversaires qui le combattaient sur le terrain de la logique et du savoir. Toute la France, on peut dire, prit part à cette querelle. Les mandements et les circulaires des évêques s' entrechoquèrent, et l'Univers, partisan de la réforme chrétienne, fut condamné une première fois par Mgr. d'Orléans, puis, une seconde, par Mgr. Sibour, archevêque de Paris M. Louis Veuillot, rédacteur-en-chef de l' Univers, ayant porté plainte à à
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