PIE IX PAPE
« Cher fils, salut et bénédiction apostolique.
4 Nous avons reçu avec joie la lettre filiale et les offrandes que,
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tique
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des que,
en votre nom et au nom des picux fidèles dont vous dirigez la . conscience, vous Nous avez adressées, Ea vous voyant si plein de sollicitude pour Nous, Notre ardent désir est que vous jouissiez de ectte félicité de l'âme, que ni l'iniquité des temps ni la haine des hommes ne peuvent ôter aux justes et aux sages.
« Aussi, que les oppositions et les critiques malveillantes de certains hommes ne vous émeuvent pas, puisque, comme vous le dites, le but unique de vos écrits a été de défendre les règles de la méthode d'études que vous saviez être approuvées par Nous : savoir, faire étudier à la jeunesse, avee les livres classiques des anciens païens, purgés de toute souillure, les plus beaux écrits des auteurs chrétiens.
« C’est pourquoi nous juxeons à propo$ que vous bannissiez toute anxièté, bien plus, que vous vous reposiez dans une parfaite tranquillité. Car ceux qui dans leur conduite ne se proposent que la gloire de Dieu et le salut des âmes, sont assurés de s'acquérir de grands mérites devant Dieu et une solide gloire aux yeux des hommes sages. Et ce sont des titres de gloire préférables à ceux qui reposent sur les vains jugements et opinions du vulgaire.
« Soyez donc plein de courage ct d’ardeur, et recevez comme gage des faveurs divines la bénédiction apostolique, que Nous vous donnons dans tout: l'effusion de Notre cœur, à vous et aux fidèles nommés plus haut, qui se sont unis à vous pour Nous offrir l'hommage de leur piété filiale.
« Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 22 avril 1874. « De Notre pontificat l'année vinget-huitième, PIE IX PAPE. »
Ce qui frappe tout d'abord dans la lecture de ce bref, c’est que le Pape inflige un blâûme sévère, puis décerne de précieux éloges. Sont blâmés certaius hommes pour avoir combattu Mgr
Gaume dans la question des études, et pour l'avoir critiqué avec
malveillance. Ainsi Mer, Dupanloup, M. l'abbé Landriot, mort
archevêque de Reims, les RR. PP. Daniel et Chastel, jésuites, ont
eu tort de s'opposer de toutes leurs forces à la réforme chrétienne de l'enseignement, puis de prétendre dans leurs éaits : 1o que Mgr. Gaume voulait ramener l'ignorance et la barbarie au sein des nations civilisées en travaillant à christianiser davantaue les études ; 20 qu'il injuriait l'Eglise et les maisons d'éducation en combattant ia méthode païenne ; 30 qu’il calomniait cette méthode en disant quelle est la principale cause des erreurs modernes et des cataclysmes qui ont épouvanté le monde en ces derniers temps ; 4o enfin, qu'il excluait des études obsolument tous les auteurs païens.
Après avoir flétri ces oppositions et ces critiques, Pie IX encourage Mer. Gaume et le félicite hautement de n'avoir fait autre chose, dans l'exposition comme dans le développement de sa thèse, que DÉFENDRE LES REGLES APPROUVÉES PAR LE SAINT SIÉGE. En vérité, l'on ne pouvait désirer rien de plus clair ni de plus consolant, Il n’y a plus à discuter, à tâtonner, à hésiter, à éluder ; il faut obéir. A moins donc qu'elles ne fassent fi du Pape et des règles que trace son infaillible sagesse, les maisons d'éducation doivent sans plus de retard introduire les auteurs chrétiens dans les études, leur donner le premier rang, puis ne mettre entre les mains de leurs élèves que des classiques païens parfaitement expurgés,
Le evoirait-on ? Pour se dispenser d'obéir, une revue française, les Ztudes Religieuses, que rédigent quelques jésuites, s’est mise en frais d'atténuer l’iinportance ct l'à propos du dernier bref que Mgr. Gaume a reçu de Rome. Il est aussi péni ble que curieux de l'entendre.
« Dans cette lettre, dit-elle par l'organe du R. P. Brucker..…, le Souverain-Pontife rappelle la solution qui « rallié tous les cu-
tholiques, depuis qu'il l'a lui-même proposée daus l’encyclique
Inter multiplices, adressée à tous les évêques de France, en 1853.»
Cette affirmation, qui suppose que tous les eatholiques enseignants ont réellement pris les prescriptions pontificales pour rèle de conduite, est contraire à la vérité. Elle reçoit un dé-
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menti formel par la.manière dont sont encore organisées les études dans un grand nombre de maisons d'éducation, soit en France, soit au Canada, soit en Italie, soit ailleurs. Le jésuite, qui affirme aussi hardiment que légèrement n'a qu'à parcourir le seul programme d'études en vigueur dans les collèges'de sa Compagnie ; il verra que les auteurs chrétiens y figurent en si petit nombre qu'ils ne sont toujours que /« goutte de bon vin jeté dans un tonneau de vinaigre, selon l'énergiqne expression de l'illustre Possevin.
[se convainera, de plus, qu'aucun de ces auteurs n’est suffisamment expurgé et qu'il en est, même de plus dangereux, comme Ovide et Virgile, qui ne le sont pas du tout Ilest vrai qu'il a l'air de regarder l’expurgation des classiques païens comme une pure bagatelle, un détail qui n’a point d'importance, car il glisse là-dessus. Le Pape en juge tout autrement, puisqu'il ne permet l'étude de ces livres qu'à la condition expresse qu'ils soient purifiés, non pas de quelques souillures seulement, mais de toute souillure, et c’est le Pape que nous devons croire et écouter.
« Dans l’encyclique Zater multiplices | continuent les Etudes Religieuses, Pie IX « su déférer à des vœux exprimés par plusieurs membres distingués de l'épiscopat français, sans porter at. teinte aux méthodes traditionnelles de l’enseignement litté. raire . .. Jamais Pie TX, pas plus que l'épiscopat français, n'a songé à déposséder les chefs-d'œuvres païens Du RANG que l'expérience des siècles et l'Eglise elle-même leur & attribué.»
Il ya, dans ces quelques lignes, presqu'autant de faussotés que de mots. L'auteur donne d’abord à entendre que Je Pape ne reconuait pas aux auteurs chrétiens le droit strict d’avoir une place dans les études ; s’il les mentionne, c’est uniquement par égard pour les vœux exprimés par plusieurs membres distingués de l’épiscopat français, qu'il ne veut pas contrister en froissant leur opinion. Est-il possible de travestir 2insi les paroles ct la pensée du Pape/ Pie IX, louant Mgr Gaume de n'avoir fait que défendre. dans su thèse sur l'éducution. LES nà. ALES approuvées par le Saint-Niège, ignorait done que cet infa-
tigable prélat a toujours reclamé pour les auteurs chrétiens la première et la plus large place dans les études ? Il a done agi en aveugle ? Il a aussi parlé sans savoir ce qu'il disait, puisqu'il appelle règle ce qui n'estqu'un simple privilège, qu'il a bien voulu accorder par condescendance pour des vœux exprimés ! Tout cela n’est pas très-édifiant.
Le P. Brucker nous dit encore que la méthode païenne est la méthode traditionnelle. Singulière méthode traditionnelle qu'une méthode qui ne date que de la Renaissance ! Il n'a pas eu ou n'a pas voulu comprendre que l« pratique ancienne et constante, dont parle le cardinal Patrizi, dans sa lettre à Mgr. Baillargeon, est la pratique des âges de foi où les auteurs chrétiens jouaient un si grand rôle dans les études, ct où les auteurs païens non expurgés n'étaient jamais mis entre les mains des élèves. Le professeur seul les avait en sa possession, et il n'expliquait que les passages qui n'offraient aucun danger. La méthode traditionnelle est celle que voulut mettre en honneur dans son séminaire le grand saint Charles Borromée, à son retour du concile de Trente, lorsqu'il fit tous ses efforts pour diminuer de beaucoup l'importance qu’on donuait aux auteurs païens dans les études.
Le P. Brucker affirme, ei outre, que l'étude presque exclusi ve des auteurs païens, telle qu'on la pratique depuis la Renaissance, est le fruit de l'expérience, la méthode voulue par l'Eglise ; et que Pie IX et les évêques français n'ont pu vouloir donner la se-
conde place aux chefs-d'œuvre de l'antiquité. J'ai déjà démor-
tré que toutes ces affirmations ne sont que des paroles en l'air. La méthode, que nous avons suivie jusqu'ici, n’est pas le fruit de l'expérience ; c'est l’informe produit du fol enthousiasme et de l'engouement déraisonnable des Renaissants, qui apostasièrent presque tous pour avoir vécu dans un commerce trop intime avec les beaux génies grecs et romains. Cette méthode n'a pas été voulue, encore moins imposée par l'Eglise, puisque l'Eglise a constamment protesté contre elle par les paroles et les actes des Pontifes romains, par ses conciles généraux, par la septième règle
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de l'Index qui est en pleine vigueur trois siècles, « L'Eglise, écrit théatin et l'un des plus sas imposé l'us
aujourd'hui, comme il ya à Mgr Gaume le R, P. Cirino.
ants consulteurs de l’Index, n’a pas + des classiques païens ; elle l'a toléré.
tes . L'usage des classiques païens fut imposé par les exigences du siècle, et à
grand regret adopté par les pasteurs spirituels, » Pie TX a pu
vouloir que les chefs-d'œnvre païens n'occupassent que le second
rang dans les études, puisque c'est le rang qu'il leur assigne. S'il l’a fait, comme le témoignent l'encyclique Znter multiplices, ses paroles à Mer de Salinis, la complète approbation qu'il vient de donner à la thèse de Mer Gaume, en la proclamant règle voulue pur le Suint-Siége, il faut de tonte nécessité admettre qu'ila pu vouloir le faire. T1 faut dire la même ehose des évêques français, Car un certain nombre d’entre eux ont adopté la méthode chrétienne,
€ Près de quinze années plus tard, ajoute le P. Brucker. | querelle des classiques, assoupie en Fr nada...
a ance, se rallumait au Ca- . Ce paganisme, qui par les livres classiques s’infiltrait, disait-on, dans les jeunes intelligences, alarmait aussi en Amérique certains esprits un peu étroits (traduisez
;quine sont pus de l'école libérale, comme le P, Brucker )
; PLUSIEURS s'autorisaient même de l’encyclique de 1853 pour demander la réfor yen
me radicale de l'enssionement par l'eopudsion de
s païiens, »
Le bon Père, sans doute, se croyhit à disserter sur | vie païenne, Jorsqu'il a écrit ces ligne ner de l’histoire, il nous débite des f le pag
a mytholo- S, Car au lieu de nous donibles Il n'admet point que anisme se soit infiltré dans les intelligences par. l'intermédiaire des livres païens ; qu'il déchire ou qu'il brûle alors l'histoire des quatre derniers siècles, car c'est elle qui l’atteste et les preuves qu'elle apporte sont irréfragables. . Si certains esprits un peu étroits ont protesté, au Canada, contre le paganisme dans l’enseignement, ils ont cependant été assez larges pour embrasser toute Ja vérité. Le P. Brucker peut-il en dire autant de son propre esprit ? Ce qu'il écrit dans les Zrudes religieuses rait le gêner, s'il i tentait.
pour- Quels sont ees PLUSIEURS qui, en
Amérique, se sont autorisés de l'encyclique Znter multiplices, pour demander l'expulsion des païens ? Ces plusieurs ne peuvent avoir d'existence que dans les futurs contingents. Personne, en Amérique, n'a reclamé l'exclusion des païens ; on a seulement demandé qu'ils fussent parfaitement expurgés, mis au second rang dans les études, puis étudiés simultanément avec les auteurs chrétiens.
Le P. Brucker conclut en disant : « Le sentiment de l'Eglise sur la valeur et la légitimité de la méthode traditionnelle (méthode païenne) n'est donc pas douteux. C'est assez dire que ce point n'est pas de ceux qui appellent une réforme radicale, »
Lorsqu'on dénature le sens des paroles du Pape et qu'on fausse entièrement l’histoire moderne et contemporaine, on parvient à conclure de cette façon.
On peut constater, d'après le chapitre précédent, qu'il y a une petite différence entre la manière de voir de Pie IX et celle du P. Brucker. Mer Gauine ayant fait tout un livre justement pour démontrer la nécessité d’une réforme radicale de l’enseignement, le Pape lui dit, à l’occasion de ce livre, qu'il a atteint s'ruumment et SOLIDEMENT le but qu’il s'était proposé, ct il le félicite d’avoir démontré la SUPRÊME NÉCESSITÉ d'une réforme radicale de l’enselonement.
Encore une fois, lequel faut-il croire de Pie IX, parlant par les encycliques et les brefs, où du P Brucker, parlant dans les Etudes religieuses ? La réponse ne saurait être douteuse.
Il est fort à regretter que l’article du P. Brucker, si pauvres à tant d’égards, ait eu les honneurs de la reproduction au Canada, et de plus la pleine approbation de ceux qui ont cru devoir le traiter avec autant de politesse. C’est assurément exagérer dans la pratique du renoncement à soi-même que de s’affubler des étourderies d'autrui, surtout quand ces étourderies procèdent du libéralisme et provoquent à désobéir au Pape.
Une simple réflexion en terminant ce chapitre. Les collèges et les séminaires ont la mission d'enseigner; c’est leur raison d'être, et ils enseignent au nom de l'Eglise. A eux done s’a-
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dresse spécialement la parole du divin Maître. « Docete, enseignez» Mais que doivent-ils enseigner ?—Ce que l'Eglise ellemême nous enseigne, et pas autre chose, c'est-à dir Notre-Scigneur Jésus-Christ nous ordonne d'obse
servare omniu Quæcumque mandavi vobis.
raient-ils donc s
e tout ce que rver : docentes Comment pour- ‘abuser jusqu'au point de croire qu'ils remplissent cette sainte obligation en faisant admirer et
aimer, au grand détriment du christianisme, ce mê
me paganisme auquel Jésus-Christ a déclaré une guerre à mort et qu'il est venu détruire sur la terre ? Nous ne sommes plus les enfants des ténèbres , nous sommes les fils de la lumière ; en conséquence nourri sons-nous de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ; c’est la nourriture de Jésus-Christ même : mens est cibus. Dans son ensemble, la littérature. païenne n'est que la Bible de Satan, la nourriture des démons, cibus dæmoniorum, comme s'exprime saint Jérome. Aux fils dela lumière. il est défendu de goûter de cette nourriture-là,
sages Mon masraancners snsremamne.
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