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L'Assemblée fit connaître au roi l'inégalité criante qui existait entre le traitement accordé à l'Eglise romaine et celui accordé à l'Eglise Réformée. Elle appuya surtout sur la nécessité quiexistait pour les Protestants d’avoir des cimetières particuliers et supplia le roi de subvenir lui-même à l'entretien des pasteurs, puisqu'il obligeait les Huguenots à payer la dime au clergé. ;
L'Assemblée avait terminé ses travaux depuis trois jours quand le roi arriva à Mantes. Henri IV dit aux Réformés qu’il était venu pour recevoir les requêtes de la Compagnie et pour lui certifier que sa conversion n'avait pas altéré l'affection qu’il portait à ses sujets de la Religion. Il ajouta que les rebelles se montrant généralement enclins à la paix, il avait voulu qu’elle se conclut en sorte et en présence des Protestants afin qu'ils fussent bien convaincus que
rien ne se ferait à leur préjudice. se Henri IV essuya leurs plaintes et leurs reproches qui ne manquaient ni de force ni de hardiesse, il leur fit de belles promesses, comme toujours. Il écouta le président Feydeau qui portait la parole pour eux,’ recut les cahiers de Demandes et chargea son chancelier de les examiner, puis il fit espérer aux Huguenots qu'il leur donnerait contentement.
Sur l'invitation du roi, l'Assemblée chargea six de ses membres de se rendre à Vernon où la Cour résidait alors. Ils revinrent à Mantes au bout de huit jours annonçant que le chancelier de Bellièvre leur avait déclaré qu'il ne serait fait droit à Icurs demandes « tant justes et raisonnables » qu’elles fussent que quand l’autorité du roi serai raffermie dans le royaume et qu'il leur conseillait de se contenter de l’'Edit de 1577.
Transférée à Meulan, l'Assemblée y resta deux jours
— 929$ — seulement, 23 et 24 décembre, puis elle revint à Mantes où elle siégea jusqu’au 23 janvier suivant.
Le 25 décembre les Huguenots présentèrent au roi une requête ! qui résumait les demandes des Cahiers de Remontrances. Le roi reçut bénignement les Conseillers protestants, mais ne se relâcha sur aucun article?. Henri IV savait bien que les Religionnaires étaient ses meilleurs amis, les seuls qui ne se tourneraient pas contre lui dans la mauvaise fortune. A cause de cela il les négligeait ou les traitait mal, quand ikentrait en arrangement avec les Catholiques. En présence du refus du roi, l'Assemblée ne. put prendre qu’une mesure : ce fut de dresser un formulaire du serment que tous les membres des Eglises seraient à l’avenir tenus de faire, puis elle se sépara*. Les Synodes nationaux tinrent à faire adhérer toutes les Eglises de France à ce serment et en particulier le Synode de Montauban, en 1595, décida que l'Union faite à Mantes serait jurée par toutes les Eglises en corps de ville ou au Temple, selon que cela serait jugé plus convenable *. Le résultat fut si peu considérable qu'un autre Synode général, celui de Montpellier, en 1598 revint à son tour à la charge et menaça de peines disciplinaires ceux qui n’observeraient pas l’Union jurée à Mantes parce que les Eglises n'avaient pas obtenu tout ce qui était nécessaire pour la liberté du culte, le jugement de leurs causes et la sûreté de leurs vies, faute d’une bonne union’.
Le 7 décembre 1593 avait eu lieu dans la maison du
1 Voir à l’appendice. à
? Benoist, Histoire de l'Edit de Nantes, I, p. 108, et Anquez, ouv. cité, passim.
73 Anquez, ouv. cité, p. 99. |
AR Les Synodes nationaux, [, p. 181.
MÉMTDId ND 228.
gouverneur Salomon de Rosny le duel théologique connu sous le nom de Dispute de Mantes. Les adversaires en présence étaient Michel Bérauld, un moine devenu protestant et professeur à l'Académie de Montauban, et Jacques Duperron, un protestant devenu catholique et que Henri IV nomma évêque d’Evreux!. Duperron arriva comme assuré de. la victoire. La Dispute roula sur la suffisance de l’Ecriture et sur l'interprétation de 2 Timothée I1V,3?. Cette conférence n'eut aucun résultat, car il n’y a pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre.
ni 1866, p. 46.
? Benoist, Histoire de l'Edit de Nantes, p.112.