CHAPITRE II
= Le Temple et les Pasteurs
C’est à Avernes près de Mantes que fut construit le plus ancien temple de France! vers 15637. C'est par erreur que M. Grave* indique l’établissement d’un temple à Limay, rue du Prêche, vers 1560 ; il confond avec celui qui fut bâti après l’Edit de Nantes. Pour Chrestien * ce fut à la faveur dwtraité de Lonjumeau « qu'il fut estably un prêche dans notre village de Limay. Je ne retrouve point, dit-il, l’année qu'il fut estably et si ce fut sous Charles IX ou comme quelquesuns le disent dans les premières années de Henri IV lors de l’Edit de Nantes ». Avant l’Edit, le culte se célébrait, sans cloche, dans quelque masure ou grange à l'extrémité du faubourg *. Il nous à été impossible de savoir s’il y eût un temple à Mantes même, ou si le prêche de Limay porta dès son origine le nom de temple de Mantes. Une note du Bulletin historiquef. semblerait établir qu'il existait un lieu de culte à Mantes : par la publication de l’édit de Nantes, dit la
! Douen, La Révocation de l'Edit de Nantes à Paris, 1, p. 256. ? Doumergue, Calvin, t. I, p. 360.
# Grave, ouv. cité, p. 324.
Chrestien, ouv. cité, p. 429.
» Appendice, p.
5 Bulletin Historique, 1866, p. 446.
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note, le temple fut relégué à Limay, perdu dans le quartier des jardins. Ce temple fut construit à une date que nous ignorons, grâce à l'influence de Sully. C'était un ancieu cellier vaste et solidement voûté!. Il garda cependant le nom de prêche de Mantes, car Louise de Coligny, princesse d'Orange, écrivait à sa belle-fille le 24 avril 1599 : « Au retour d’un petit voyage, je fis la Cêne à Mantes le jour de Pâques ?. » En 1640, le père Véror, dont nous parlerons plus loin demanda la démolition du temple de Limay; il l’aurait peut-être obtenue, si des envoyés trop zélés du clergé n’y avaient mis le feu. Les protestants purent éteindre l'incendie et l’on n’osa pas recommencer car on craignait l'influence de deux protestants : le maré- chal de la Force et le maréchal de Châtillon.
A l’époque de la Révocation, le pasteur résidait à Banthelu, dont il était l’'aumônier. Il venait à Limay une ou deux fois par mois et les autres dimanches c'était un menuisier ou un jardinier qui célébrait le culte. Le temple devait être démoli au mois de novembre 1598.
Voici les noms des quelques pasteurs de Mantes et d’Avernes que nous avons pu retrouver dans les listes d'Auzières. Nous regrettons vivement les lacunes du tableau chronologique suivant :
Eglise de Mantes Eglise d’Avernes
1572 à ? Jean de Liévin, dit ë e Baulieu, pasteur du Vexin français.
1583 à ? Matthieu Virelle.
1601-1620 Jean Liévin, sieur de Beaulieu.
! Malte-Brun, Seine-et-Oise, p.118.
? Bulletin Historique, 1871, p. 488.
LOHOOUE
1603-1623 Isaac Chorin.
1633-1637 Benjamin Tricotel.
1649-1667 David Billot.
1669 à ? Gasselin.
1677-1681 Philippe Chenevix.
. x 1679-1681 David Billot.
Jean Liévin, dit de Beaulieu, ministre du Vexin français lors de la Saint-Barthélemy, se refugia à Londres! en 1572 et 1573. C’est peut-être lui qui fut pasteur à Avernes de 1601 à 1620 et l’auteur de l’'Evansile dé Romer
Matthieu Virelle fut modérateur adjoint du Synode national de Vitré en 1683.
Benjamin Tricotel, de Beauvais, commença ses études de théologie à Genève en 1619 et les termina en 1622 à Sedan après avoir soutenu trois thèses *.
Gasselin fut nommé pasteur à Mantes par le Synode général de Charenton en 1669 *.
Philippe Chenevix et sa femme Anne de Boubers laissèrent deux de leurs filles aux soins de leur cousin Monginot et se retirérent en Angleterre lors de la Révocation de l’Edit de Nantes. Leurs biens furent: donnés en 1708 à leurs neveux, nouveaux catholiques ÿ.
David Billot étudiait à Sedan en 1641. Après la Révocation, il chercha un refuge en Hollande. II mourut à Amsterdam le 10 septembre 1693 f.
Les fidèles de la paroisse de Mantes n'étaient pas très zélés; au procès-verbal de presque tous les synodes provinciaux, on trouve le nom du pasteur suivi
l Bulletin Historique, 1858, p. 190 en note.
? Bordier, La France protestante, t. II, p. 29, 3 Haag, ouv. cité, IX, p. 421:
4 Id, VII, p.119.
Id MIL, p.437.
5 Bordier. ouv. cité, II, p. 564.
LENS cet ; ?