‹ La Réforme Dans Le Comté De MantesChapitre 16 sur 30 · NE M · texte numérisé non relu

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non pour le tenir. Il est donc probable que les protestants continuêrent à délibérer, rien ne fait prévoir le contraire. -

A la même époque le registre des décès de l'Eglise Notre-Dame, paroisse de Sainte-Croix, fait mention d’une conversion in extremis, c’est celle d’un homme qui fut frappé d’une congestion, peut-être par manque

de sobriété ! .

Juillet 1621.

Michel Guillet bourgeois de Mantes, qui avoit esté hérétique par l’espace de vingt-neuf à trente ans, ayant le dimanche quatrièmedejuilletfaict la prière au prêche de Limay estant de retour à sa maison après avoir disné fut prins d’une maladie qui le pensa estouffer, mais estant un peu revenu, fut interrogé par le père Gabriel capucin, sur sa religion, par M. Robert Farey sur là croyance qu'il avoit du salut des âmes de ses père et mère et de feu sa femme, auquel il faict responce qu’il croit qu'ils estoient bien heureux. Le lendemain par monsieur le doyen, par monsieur le curé, par monsieur Martin et monsieur le vicaire de Saint-Maclou et aussy par la particulière assistance et prière de Elizabeth Guillet sa fille, lesquelz tous ensemble, l’ont réduict à la foy catholique, ayant luy mesme de bon cœur renoncé et abjuré son hérésie et l’a signée par deux fois, en la présence de deux cens personnes qui ont tous signé avec luy,et les dits sieurs et tous ses enfans et luy mesme demanda plusieurs fois le Sainct Sacrement de l'autel qu’il receut le jour de mardy size dud mois etle mercredy demanda le Sainct Sacrement de l’extrème onction, par plusieurs fois, lequel il recéut fort honorablement au contentement de toute la ville.

En 1621 également, le blé fut cher et le commerce

Poe

fut anéanti. A cause de la révolte de Rohan et des protestants dans le midi de la France, on fit défense, à la foire de la Toussaint, à toute personne d’enlever du vin du marché, parce qu’on craignait qu’on en enlevât pour munir les villes rebelles. Les Réformés de Mantes n’en purent acheter plus d’un muid, ce qui coupa pied au commerce !.

La persécution ne tarda pas à prendre un caractère plus douloureux. Le clergé suppléa au gouvernement civil de Mantes’ qui n’était pas trop violent à l'égard des protestants et qui craignait surtout de se mettre en contravention avec les édits. Les conférences contradictoires furent remplacées par les dragonnades ; après mille entraves apportées à l'exercice de leur culteet après des années de persécution soufferte pour leur foi, les protestants n'eurent d’autre alternative que l’abjuration et l'exil.

Un état du 1% novembre 1685? donne les NOMS DES PROTESTANTS de Limay.

Nathanaël DELABORDE et sa femme, vigneron et jardinier.

Pierre DELABORDE, sa femme et trois petits enfants, jardinier.

Jean DELABORDE, Sa femme et deux petits enfants.

Simon CoLson et sa femme, mercier et quatre enfants.

Justine AUVACHE, veuve de Daniel Jon, jardinière.

Madeleine DE COoTTE, jardinière.

Rachel AUVACHE, fille majeure, jardinière.

Nicolas BRou, vigneron, sa femme et quatre enfants.

La veuve Pierre DORCELLE, menuisière et six enfants,

l Grave, ouv. cité p. 415.

? Appendice.

La met À

Lhenate

Pierre CoLsoN, compagnon tonnelier, sa femme et trois enfants,

Jean HERVOT, mercier, sa femme et un enfant.

René AUVACHE, boutonnier, sa femme et cinq enfants.

La femme d'Abraham Colson et ses deux filles qui sont demeurées dans l'opiniâtreté de lad. relligion après la conversion du dit Coison son mary et deux petit garcons aussy leurs enfants.

Il yavait donc au moment de la Révocation de l'Edit de Nantes, treize familles protestantes, elles passérent au catholicisme sous la pression des persécuteurs. Nous avons retrouvé dans les registres de létat civil de Limay les conversions forcées plutôt que sincères quise firent alors. Nous les transcrivons dans l’appendice.

Elles commencèrent de bonne heure. Déjà le 7 novembre 1583 nous trouvons la conversion d’un vieillard de soixante ans, NicoLAsS BROUS, puis, le 15 février 1684, celle d’ABRAHAM CoOLSON avec ses deux fils, Jacques et Nicolas, ils furent baptisés le 18 et le 21 l’abjuration d’un soldat de passage à Mantes, Jean Buisson. Ce n’était qu’un prélude ; après la Révocation, les conversions se précipitérent. Le 9 novembre 1685, il y en eut trente-cinq ; le 22 il y en eut quinze et le 27 dix, soit un total de soixante abjurations en moins de trois semaines. Une vieille femme de soixante-dix-neuf ans, MARIE OGRiL, et son petit-fils âgé de vingt-deux ans, seuls étaient demeurés fermes, ils succombèêrent à leur tour le 24 janvier 1686. L'Eglise de Mantes avait vécu. |

Ces abjurations ne doivent pas nous étonner, ce

sont celles de personnes absolument illettrées ou

d'enfants très jeunes. Les actes d’abjuration ont presque tous des croix ou des signes quelconques à

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