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nous avons pu interroger nous même nous l'ont tous confirmée.
La persécution commença de bonne heure, elle suivit de très près l'introduction de la Réforme dans le Comté de Mantes et elle obligea quelques-uns des nouveaux convertis à se réfugier en Suisse pour éviter la mort. Le « Livre des bourgeois de Genève ! » mentionne le nom d’un certain nombre d’habitants du Vexin : Sire Michiel du Bocs, fils de feu Jehan, de Villard en Arthie (Villers en Arthies, canton de Magny, arrondissement de Mantes), qui reçut les droits de bourgeoisie le 30 janvier 1540, moyennant la taxe élevée de 20 écus, 1 seillot. Les artisans émigrèrent en grand nombre, ils ne se préoccupèrent pas s'ils pourraient vivre à l'étranger et y trouver du travail, ils voulurent avant tout « servir Dieu en repos de conscience ». Parmi ces pauvres mais fidèles disciples de l’Evangile on signale le 15 août 1555, Nicolas de la Fontaine, fils de Jaques, natif de Saint-Gervais-le-Vexin-Français (canton de Magny, arrondissement de Mantes), à qui on ne demanda que 8 écus 1 seillot «eu égard du service qu’il a fait à Monsieur Calvin. »
Pendant la première guerre de Religion un grand
désordre éclata à Paris, à cause d’un arrêt du Parlement en date du 18 août 1562, qui décrétait l’arrestation de Coligny et de quelques aütres seigneurs huguenots. Les troubles se répandirent de tous côtés autour de la capitale et principalement dans le Vexin où presque toutes les maisons des gentilshommes furent saccagées et où plusieurs meurtres furent commis. Le sieur de Banthelu (à 15 kil. de Mantes),
qui avait beaucoup aidé au développement de la: Ré-
forme et qui avait contribué à l'établissement des
1 Bulletin historique, 1898 p. 412.
églises dans la région, fut tué, sous ombre de justice, par un parti de deux ou trois cents hommes, conduits par le prévôt de Pontoise, Rosset, qui parcouraient le pays pour prendre et tuer tous ceux qui favorisaient la Réforme. Dans un château voisin, l’un des enfants du sieur de Berti fut assassiné et des domestiques traînés en prison ‘.
Un autre gentilhomme de la région, le sieur de Haudrencourt qui revenait d'Orléans, pour se reposer chez lui, fut assailli dans sa maison, par une compa-
gnie de gens de pied qui conduisaient l'artillerie à Rouen. Il se défendit longtemps contre eux à coups d’arquebuse et de pistolet, bien que sa maison ne fût pas tenable et qu’il s’y trouvât seul avec deux jeunes filles. A la fin il fut contraint par le feu de se jeter par une fenêtre, puis dans la Seine qu'il passa à la nage. Il était sur le point d'aborder sur l'autre rive lorsqu'il fut frappé à la tête par un coup d’arquebuse qui le tua net. Les deux jeunes filles qui étaient avec lui furent dépouillées de leurs vêtements, placées en chemise sur le bateau où était l’artillerie et conduites dans cet état dans les prisons de Vernon, d’où elles furent délivrées le lendemain ?.
Les habitants de Mantes s'étaient émus dès le commencement de la guerre et ils poursuivirent les gentilshommes voisins qui étaient de la Religion. La garnison du château de Mézières (à 4 kil. de Mantes) s’opposa à ces incursions, mais il ne paraît pas cependant que cette opposition fut considérée comme sérieuse, car les habitants de Mantes continuèrent à parcourir les environs en pillant et en massacrant tous ceux qui étaient suspects d’hérésie et se jetant même sur les
! Crespin, Hist. des martyrs, &. III, p. 266. ? Crespin, Hist. des martyrs, LIL, p. 267.
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