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paysans qui allaient au marché. C’est ce qui arriva à un gentilhomme de la maison du Mesnil-au-Bourg, qui #ien qu’ilne fut pas Huguenot puisqu'il appartenait à la suite du gouverneur Villarceaux, fut attaqué au moment où il tenait « quelques gros propos » à deux moines du prieuré de Gassicourt (banlieue ouest de Mantes), comnie s’il avait été religionnaire. Il fut accablé de coups, puis traîné en prison, où il mourut presque aussitôt son arrivée, ayanteu le bras coupé pendant cette agression. Un autre gentilhomme, dont
nous n'avons pu retrouver le nom, qui, aidé d’un pau-
vre porte-panier avait essayé de le défendre fut arrêté aussi, massacré et jeté dans la Seine parce que ayant été interrogé, il n'avait pas répondu au gré de ses geoliers. La boutique d’un riche apothicaire, nommé Margas fut pillée et une grande partie de ses drogues brûlées dans la rue parce qu'il était Huguenot. Le gouverneur de Mantes, Villarceaux, impuissant à réprimer ces désordres, fut obligé de quitter la ville et méme son gouvernement.
Quelque temps auparavant, un ancien de l’église de Paris, la Faye, s'était retiré à Banthelu avec quelques enfants qu'il instruisait. Il résolut d’aller se réfugier à Orléans, mais arrêté à Meulan (12 kilom:de Mantes) avec ses disciples, on s’enquit de sa foi et il fut condamné à être pendu et étranglé. Il se porta appelant à Paris, mais en route il fut arraché par le peuple d’entre les mains de ceux qui le conduisaient et jeté du haut du pont dans la Seine, puis retiré et remis en prison. On le conduisit enfin à Paris où il fut « flambé d’une estrange façon. » Il mourut avec un grand courage.
Mantes, on le voit, resta très fermement attachée à la religion catholique. En 1568, pendant que les Protestants prenaient encore une fois les armes contre
Catherine de Médicis et les princes Lorrains, et bloquaient Paris, Charles IX fit de Mantes un centre d'approvisionnement pour ses armées. Il comptait sur la fidélité des habitants pour assurer à ses soldats et aux Parisiens, des vivres que les Protestants pouvaient empêcher d'arriver. Ceux-ci, en effet, résolurent de s'emparer de la ville qui, bâtie sur la Seine, presque à moitié route entre Paris et Rouen, était un poste d’observation excellent et la clef des greniers d’alentour’. Catherine de Médicis, craignant le succès de leur entreprise, .se décida à leur offrir une paix hohorable à Longjumeau ?.
Mantes ne joua, paraît-il, aucun rôle actif dans les sanglants événements qui marquêrent d’une empreinte si sombre le rêgne de Charles IX. Les pages concernant les années 1571 à 1573 ont été arrachées du registre des délibérations de l'Hôtel de Ville de Mantes et nous n’avons pu trouver aucun indice de ce qui se passa dans la ville à cette époque. Nous donnons ici un aperçu de la situation religieuse à Pontoise. Il est probable que dans les deux villes sé-. parées par une faible distance régnait le même esprit. «Il ne parait pas que la contrée ait eu à enregistrer le jour de la Saint-Barthélémy quelque sanglant souvenir. L'unité religieuse, l’ardente dévotion et l'esprit anti-calviniste expliquent « qu’un » nombre restreint de Huguenots aient pu faire de » notre cité leur séjour ordinaire. C’est sans doute à » cet état de choses qu'est due l’absence dans les sou- » venirs de cette époque de tout épisode relatif au >» massacre des Protestants?. » Nous n’osons espérer
\ ! Gourdault, Sully et son temps, p. 62.
? Bulletin historique, 1874, p. 226.
* Le Charpentier, La Ligue à Pontoise et dans le Vexin, D: 97.