‹ La Réforme Dans Le Comté De MantesChapitre 9 sur 30 · ER REA · texte numérisé non relu

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ciennés libertés de l’église gallicane !». Le 4 juillet il publia des lettres patentes dans lesquelles il protestait contre les bulles monitoires du pape et annonçait en outre.son désir dese faire instruire et.de tenir la promesse qu'il avait faite de se convertir. Mais à côté de cela le légat du pape, Landriano qui conspirait contre le roi fut décrété de prise de corps par le Parlement.

Malgré les dispositions si favorables du roi à l’égard du clergé, celui-ci le traitait toujours en ennemi, ainsi que le rapporte le «Journal d’un bourgeois de Gisors» édité par H. Le Charpentier. «Le Roy avoit toujours esté dans la ville de Mante, en laquelle on avait accusé un cordelier du lieu, disant qu'il avoit entrepris de tuer le Roy, l'ayant faict venir par devant luy, il avoit dit: qu'il n’avoit entrepris cest affaire ; mais que s’il en eust eu la vollonté, il l’eut faict volontiers. Et sur cele Roy luiavoit demandélaraison pourquoy ; il lui avoit faict réponse : que ce seroit pour mettre fin aux guerres, et mettre le peuple en repos ; d’autant qu'il ne tenoit qu’à lui que la Relligion Catholique, Appostolique et Romayne ne feust révéréeen sa primitive splendeur:et que la guerre que l’on faisoit contre luy, n’estoit pour autre occasion que pour la Relligion qu’il tenoit. Quoy ayant entendu, le Roy avoit commandé qu'il feust faict mourir. »

Le roi, avait encore d’autres raisons d’en vouloir aux cordeliers, car ceux-ci entretenaient des intelligences avec d’Alincourt, le gouverneur ligueur de Pontoise. Aussi disait-on, après Pâques 1591 queleroi voulait faire abattre et ruiner le couvent des cordeliers, mais il changea d'avis comme étant beaucoup préjudiciable ?.

l Grave, Chronique de Mantes, p. 359.

? Grave, ouv. cité p. 354,

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PAR A MR DU de D OL 0 VÉUS

Au mois d'avril 1592 Henri IV fit faire une procession générale par tous les prêtres séculiers et réguliers, à cause du succès de ses armes. Le roi y assista d’une fenêtre de la maison de Château-Poissy (à Vangle de la rue Thiers et de la rue Nationale), Gabrielle d'Estrées était à une autre fenêtre de cette maison. Le roi regarda la procession, la tête nue, bien qu’il ne fût pas encore catholique, cette attitude fit croire. que le roi avait changé de religion. « Les plus fou-

- gueux prédicateurs de la Ligue montèrent en chaire à

Paris à cette nouvelle ét ils fulminêrent contre lui: Méchant qu'il est, dit Aubry, curé de Saint-André-des-

Arts, je sais qu’il chantait des psaumes pendant que.

la procession passait. On vous dit qu’il est catholique et qu’il ira à la messe: Eh ! mes amis, les chiens y vont bien! !»

Au mois de mai 1592, Sully qui avait perdu sa première femme, se maria à Mantes avec Rachel de Cochefichet, fille du Seigneur de Chateaupers ?.

La duchesse de Bar, Catherine de Bourbon, sœur

de Henri IV vint à Mantes le 7? mai 1593; elle présida. au Conseil et fit prêcher publiquement dans la ville.

Le roi n’était pas encore catholique, mais nous avons

déjà vu qu’il songeait à le devenir. Les pasteurs qui

le voyaient hésitant, essayaient de raviver sa foi. Le 9 mai Henri IV assistaau prêche de Gabriel Damours qui était son chapelain particulier et qui à ce titre exerçait un double et périlleux emploi ; il devait précher le prince et le suivre dans les batailles. Quand la charge commençait : Damours s’écriait le roi, chante le psaume ! et Damours de sa voix de tonnerre

1 Grave, ouv. cité p. 361, d’après Lestoile.

2 Gourdault, Sully et son temps, p. 62. > Grave, ouv. cité, p. 370.

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