DES PLAGES FORTES ET DE L^OUTILIAGE MILITAIRE
Aperçu général.
859. Les places fortes ont fait leur temps, au moins dans les conditions actuelles.
Les écrits de quelques hommes éminents avaient prophétisé le triste résultat auquel on est arrivé dans la dernière guerre, si féconde en enseignements. Aucune place n'a été prise d'assaut. Toutes se sont rendues à cause de la famine, ou du manque de munitions ou de l'incendie.
On n'a pas ou peu agi sur les fortifications et beaucoup sur les habitations. On n'a point fait d'attaque des places^ on s'est borné au bombardement.
La défense, déjà inférieure à l'attaque en cas de siège régulier» est devenue tout à fait impossible dans les conditions actuelles. Voilà ce qu'il était facile de prévoir, voilà ce qu'on a pronostiqué, mais personne n*a voulu entendre la voix de la raison. L'évidence a maintenant prononcé. Il n'est plus permis de nier ni même de douter.
Le corps du génie, malgré les qualités qui le distin* guent, porte la plus lourde part de responsabilité dans cette question .
Les conditions de l'artillerie avaient gravement
changé, le génie n'a pas modifié le système des fortifications. On ne saurait assez s'étonner que l'esprit de routine et l'attachement à la tradition aient pu conduire un corps d'hommes aussi instruits et aussi intelligents à persister quand même dans une voie que tout démontrait fausse et dangereuse.
860. Le culte de Vauban semble passé à l'état idolatrique. Les armes ont beau étendre leur portée et leur puissance, le constructeur n'ose s'écarter du front affectionné du maître. Avec des fusils qui portaient à 100 mètres, des canons qui atteignaient à grand'peine à 900, Vauban donnait 360 mètres à son front. Avec une portée de fusil décuple et une portée d'artillerie quadruple, le front de fortification est de 400 mètres. M 'est-ce pas dérisoire?
Les ingénieurs sont d'autant plus coupables que toutes les idées nouvelles, en fait de fortification, sont nées en France, ont été préconisées par des officiers français et avec tant de talent que l'étranger les a adoptées, tandis que le fétichisme à l'égard de Vauban les faisait repousser en France.
Comment imaginer qu'un homme aussi éminent que Vauban, qui s'est sans cesse transformé dans ses constructions, ne se serait pas modifié du tout au tout, s'il se fût trouvé dans les conditions actuelles? Comment rabaisser à ce point ce grand esprit que de considérer son dernier système comme le prototype, le parangon de toute perfection 7
861 . Vainement prétendrait-on qu'on a amélioré le type de Vauban? Cela est vrai dans les détails; mais dans les lignes principales , dans le fond , dans les principes, on en est resté où Ton était il y a deux siècles.
Que voyons-nous? Les grandes villes entourées
d'une ceinture pleine de déchiquelures, de petits oihvrages^ de petits fossés, soigneusement maçonnés, et coûtant des sommes immenses. La fortiGcation n'est séparée de la ville que par la rue militaire, de telle sorte que tout projectile envoyé sur le parapet à 9 chances sur 10 de tomber sur la ville. Strasbourg en est on exemple fort remarquable. Mais, dira-t-on, c'est là de la fortification ancienne 7 Soit, prenons Toulon. Son enceintedate de ces dernières années. Elle est toute neuve, elle n'est même pas encore terminée. Sa disposition ne diffère en rien de celle de Strasbourg. Elle longe souvent à moins de 50 mètres les immenses établissements de la marine. Si l'ennemi paraissait, à quoi serviraient ces coûteuses et impuissantes défenses? Absolument à rien. Le lendemain de l'ouverture du feu, les arsenaux de la marine et la ville seraient en feu. L'ennemi ne prendrait pas la place d'assaut, cela est certain. U ne commettrait pas la folie de le tenter, mais, par le bombardement, il obligerait les défenseurs à ouvrir les portes de leurs murs intacts.
Voilà où nous en sommes. Il est permis de dire la vérité à présent. Ne la dissimulons pas. Nos fortifications actuelles ne protègent en aucune &çon.
862. On ne pouvait pas, répond-on, prévoir le développement surprenant de Tartillerie dans ces det^ niers temps 7 Raison captieuse que les faits démentent en France comme à l'étranger. Il y a trente ans, on construisit les forts détachés de Paris, et l'artillerie nouvelle n'était pas connue. Les camps retranchés de Vérone et d'Ulm existaient avant les pièces à grande portée. Ces exemples, fort saillants pourtant, ont été perdus. Tandis que les étrangers comprenaient si bien la nécessité de mettre les places à l'abri du feu de l'ennemi, en les couvrant par des forts poussés au loin ;
on ne cessait en France de routiner; on recons truisait Toulon^ on reconstrnisait Lille d'après les vieux errements; on ne faisait rien àStrasbourg, Enfin, en 1867, on se décida à doter la France d'un camp retranché. En 1868, on commença les forts de Metz. Le lieu était assurément mal choisi, et deux forts sur quatre assez médiocrement placés. Ces ouvrages étaient loin d'être achevés quand la guerre éclata, et cependantces fortifications très-imparfaites montrèrent toute la valeur d'un camp retranché.
J'en appelle à tous ceux qui ont fait partie de l'armée de Metz ; s'il y avait eu des vivres, jamais l'ennemi n'y fût entré.
Les camps retranchés ont une puissance incontestable. On le sait depuis longtemps. Les étrangers ne cessaient d'accrottre les leurs. A qui la faute si la France n'en possédait qu'un seul, à peine ébauché, quand on l'a follement jetée dans la lutte 7 L'histoire le dira un jour.
On dépensait de l'argent à entretenir, à améliorer des places impossibles à garder comme Toul, Thionville, Mézières, Sedan, etc., dont le rôle a été absolument nul, en ce sens qu'elles n'ont pas retardé d'un jour l'invasion du pays. Elles ont été nuisibles en détournant du champ de bataille des garnisons, du matériel, des approvisionnements et surtout en offrant une apparence trompeuse de force. Si Sedan n'eût pas été une espèce de place forte, on n'aurait jamais eu l'idée d'aller y appuyer une armée, et c'eût été fort heureux.
Tjp« da camp retriDché.
863. Nous nous en tiendrons à ces considérations pour le moment. Cette question, qui touche à l'ordre stratégique le plus élevé, demande à être traitée très
à fond. KoDS ressaierons peut-être quelque jour, en nous bornant maintenant à ce qui concerne la question organique que nous arons en fue.
Les Tilles fortifiées sont condamnée par la théorie comme par l'expérience. II ne faut plus que des points essentiels, tres-forts, Tides d'habitants, et assez Ttstes pour abriter une armée. Le camp retranché, formé d'ouvrages détachés, est donc le type de fortification qui s'impose. On doit se garder de l'appliquer aux grandes villes ; rien n'est plus funeste. Les centres importants de population resteront ouverts. Ils risquent plus à être fortifiés. Strasbourg a plus souffert que Reims ou Rouen. — La capitale constitue une exception, d'autant plus qu'elle est déjà fortifiée. Si elle ne l'était pas, nous ne réclamerions certainement pas qu'elle le fût. Mais la chose existant, il n'y a qu'à la maintenir en l'améliorant. Dans une ville, la présence de la population, ses sentiments, ses intérêts, sont une gêne pour la défense. Dans les théâtres de résistance, il ne faut que des établissements militaires et des soldats. Alors on peut pousser la résistance à la dernière extrémité.
Combien n'eût-on pas gagné de toute manière à faire un camp retranché aux environs du village de Frouard et à démanteler la ville de Metz 7 Si cela est insontestable, ne persistons pas plus longtemps dans cette voie funeste et supprimons sans hésiter toutes ces villes, fortes de nom, faibles de fait et trèscoûteuses d'entretien.
863 bis. Le camp retranché sera choisi en un point essentiel, avantageux par sa configuration topographique, par sa situation sur un cours d'eau, à un nœud de voie ferrée ou au point dominant d'une contrée.
Les abords en seront parfaitement dégagés. On ne
tolérera à l'intérieur ni village, ni débitant, ni habitations civiles d'aucune sorte.
Avec la portée actuelle des armes et les améliorations qu'elles recevront à l'avenir, il semble nécessaire de donner au moins pour demi-diamètre au camp retranché la moitié de la portée du canon, soit 3 à 4 kilomètres. Son périmètre variera de 18 à 22 kilomètres et sa superficie comprendra environ 4,000 hectares.
Cette étendue est suffisante pour contenir facilement une armée de 150 à 200,000 hommes. Cinq ou six forts, suivant le cas, défendront très-solidement ce terrain, à la condition cependant de ne pas les construire suivants les errements actuels.
De la Datore des forts.
864. Ici je suis en désaccord avec la majorité du génie français. Je me sens soutenu par l'opinion de quelques officiers éminents de cette arme et par l'expérience faite en d'autres pays. C'est ce qui me donne la confiance d'exprimer librement mes idées au risque de froisser l'orthodoxie du culte de Vauban.
Les événements récents ont montré d'une manière frappante ce qu'on savait déjà rationnellement : l'écrasante supériorité de l'attaque sur la défense. On peut dire d'une autre manière que, dans le système défensif, les éléments passifs (la fortification) sont devenus peu de chose par rapport aux éléments actifs (les troupes et rartillerie).
11 importe donc assez peu de créer des difficultés matérielles d'approche à Tennemi (murs et fossés), lorsqu'on peut arriver au même but par l'emploi des armes.
Cola ncî détruit pas l'utilité des abris pour la dé-
— sn —
fense. Us donnent plus de puissance à ses éléments actifs, et ils préservent d'une surprise, d'un coup de main, d'un enlèvement de vive force; mais ils ne sont pas l'eBsentieL De ces considérations, il résulte que la fortification doit se borner à satisfaire aux secondes et ne pas chercher à les dépasser.
Les conditions de la défense se réduisent aujourd'hui à ceci : des hommes bien abrités, une artillerie puissante bien couverte et de nombreux approvisionnements.
Dès lors pourquoi tant de revêtements, tant de maçonneries coûteuses qu'on n'aborde plus de près, mais qu'on ruine de loin ? La terre est moins onéreuse, résiste davantage et se répare mieux.
Le système de Vauban, ou, si l'on veut^ le système amélioré, appliqué en France, ne répond plus aux conditions nécessaires. Ses bastions étriqués ne permettent de loger que fort peu d'artillerie, n'offrent point d'abri suffisant pour les hommes et les approvisionnements et sont de beaucoup trop coûteux.
Le général de Montalembert semble avoir déjà entrevu à son époque l'avenir de la fortification. Son système sans doute ne saurait être appliqué maintenant dans les limites oi!i il l'a conçu, mais ses principes sont restés vrais. Ils le sont devenus plus encore que de son temps depuis les pièces à grande portée.
Il peut se résumer ainsi : des fronts le plus étendus possible ; beaucoup de terre, peu de maçonneries ; des parapets épais à double étage de feux et garnis intérieurement de vastes abris ; enfin économie considérable de la dépense. Le genre de cette élude nous oblige à ne pas entrer dans les détails; d'autres l'ont déjà fait, et cette question sera encore plus vivement
débattue que jamais. — Restons pour le moment dans la question générale organique.
Les forts pourraient être en grande partie construits par les soldats, quant à ce qui concerne les terrassements, et ce serait le principal. Tous les militaires y seraient astreints comme exercice (chap. 44) durant deux heures chaque jour, sans aucune espèce de rétribution. On réaliserait par là nne écouomie considérable sans nuire à Tinstruction. On pourrait aller TÎte en concentrant des troupes, puisque le régime du camp serait la vie pormale de l'armée en été.
Les forts tels que nous les comprenons présenteraient un périmètre de 2,000 à 3,000" ; leur grand diamètre serait de 7 à 900", leur moindre de moitié environ.
Leur dépense avec abris maçonnés très-solidement, enterrés sous des masses de terre et peu de murs extérieurs, reviendrait, en y employant en partie le travail limité des troupes, de un million à un million et demi (l'achat du terrain non compris).
865. Sur un périmètre de camp retranché de 20 kilomètres ou d'une superficie d'environ 3,500 hectares, cinq forts sufGraient. Chacun d'eux occupant moyennement 800", la distance qui les séparerait les uns des autres serait d'environ 3,400". lisse trouveraient ainsi suffisamment indépendants en cas de prise de l'un d'eux et pourtant en mesure de se venir en aide.
La dépense de deux grands forts et trois moindres s'élèverait à 5 millions. — Le réduit intérieur du camp avec ses établissements généraux absorberait sans doute 2 millions. Total 7 millions. Le camp retranché au périmètre de 24 à 25 kilomètres exigerait 6 forts et une dépense de 8 millions et demi, c'est-à-
dire le tiers de ce que coûte aujourd'hui une place de guerre de premier ordre.
Nombre des camps retranchés.
866. Certaines places fortes, en très-petit nombre, peuvent être conservées. Elles ne seraient pas à ériger si elles n'existaient pas, mais puisqu'on les possède, ou peut les utiliser en atténuant en partie leurs défauts par des forts poussés au loin.
Parmi ces places figurent :
Paris, comme capitale.
Toulon. \
P^**!?'** f Les cinq ports de guerre dont il faut BrSr i P^^«f l'immense matériel. Cherbourg. /
Grenoble. )
Lyon. f Parce qu'elles existent et sont asses
Besançon. ( bien situées.
Lille. )
La discussion des points oii il convient de placer
des camps retranchés demande à être sérieusement
approfondie et débattue. Toutefois, on peut indiquer
approximativement les régions qui en réclament. Ce
sont :
Belfort.
Les environs de Nancy (vers Lunéville, Frouardou Toul).
Longuyon ou Montmédy développé.
Aux environs d'Hirson.
Lanffres.
Chftlons.
Soissons.
Vers Joigny, Auxerre ou Tonnerre.
Dépenses d'amélieratioDS oa de construetioD.
867. Les dépenses peuvent s'évaluer approximatif vement ainsi qu'il suit :
Pour les 5 ports de guerre, à 3 forts en moyenne. 19,000,000 fir. A construire à Paris ou à agrandir, 8 forts. . . . 12,000,000
A reporter 31,000,000
Report 31,000,000 fr.
Pour les villes de Grenoble, Lyon, Besançon et
Lille, 4 forts en moyenne àcnacnne 18.000^000
Pour huit camps retranchés, les nns à cinq forts
les antres à six 66,000,000
H5,000,000 Ressources dispoDîbles.
868. D'après ce qui précède, le nombre des points fortifiés se réduit^ selon nos idées, à 19 ou 20. Nous admettons très-bien qu'on conserve certains points qui défendent un passage important comme les Rousses, Bellegarde (Pyrénées-Orientales), Mont-Louis, Lesseillon et cinq ou six autres. Nous comprenons encore qu'on maintienne quelques points fortifiés, utilement placés sur la côte, mais en très-petit nombre. Ces réserves faites, il est temps et grand temps de déclasser tout le reste.
Ces fortifications à détruire comprennent des matériaux qui ne sont pas sans valeur et des terrains qui en ont beaucoup. Quantité de villes prendraient une extension considérable, si on les débarrassait des murs qui les paralysent. Elles paieraient fort cher ces nouveaux espaces, parce qu'elles les revendraient à un taux bien plus considérable.
Qu'on examine Antibes ou Bayonne, vers lesquelles se portent, l'hiver ou l'été, une si grande afQuence. Les terrains manquent. Us sont à un prix fort élevé. Quel avantage et quel profit pour ces villes de disposer des superficies fortifiées I Considérez Mézières, petite bourgade emprisonnée dans un dédale de vieux ouvrages impuissants aujourd'hui. Les intérêts ont conduit à créer à ses portes une autre cité ouverte (Charleville). Qu'on fasse tomber ces murailles, et ces deux villes réunies vont prospérer bien davantage. Elles acquerraient donc volontiers les terrains de l'État.
Pense-t-on qu'on ne tirerait pas beaucoup d'argent des vieux forts de Marseille (Saint-Jean et Saint-Nicolas)! qui ne servent à rien pour la défense, et dont les emplacements seraient si recherchés?
La vente des terrains occupés par les fortifications s'effectuerait facilement, parce que partout les villes ont besoin de se développer.
Les immeubles appartenant à l'État, dans ces places, sont très-nombreux. Us ont une grande valeur, car presque tous sont bien situés. Beaucoup d'entre eux pourraient être aliénés dans les conditions nouvelles où nous plaçons l'armée.
Da mode d'aliénation.
869. L'aliénation des espaces^ des matériaux et des immeubles pourrait s'opérer, soit en traitant avec les villes, soit avec des compagnies agréées par elles. Il est certain que dans la situation actuelle surtout, on ne pourrait exiger le paiement immédiat. Le Trésor n'en a pas besoin non plus. Il serait plus favorable de faire liquider la dette par des annuités, échelonnées sur une période plus ou moins longue.
Les traités faits, les ressources sont assurées et, au besoin, escomptables, puisque la garantie des villes leur est acquise.
Valonr des immeubles et du matériel à nadn.
870. Nous ne pouvons pas donner ici de chiffrée positifs. Il aurait fallu faire une étude détaillée par localité. Nous n'avons pas été en mesure de nous y livrer; nous avons dû nous borner à opérer d'après des moyennes, des proportions, et le résultat n'est qu'une approximation. Telle quelle, c^est un aperça qui permet de raisonner et qui montre l'étendue probable des ressources disponibles.
Pour 45 places à déclasser, noos amyons au chifire de 220 millions.
Pour le même nombre de forts et forteresses à si^^primer, noasobtenons 50
270 millions.
Dans presque tous les points fortifiés, il existe des amas considérables d'objets démodés ; vieux canons ; vieux boulets; vieilles armes; voitures diverses que l'on compte par milliers. Tout cela ne sert à rien, encombre les magasins et nécessite des gardiens. Il est difficile de se faire une idée de ce que peut rapporter la vente de toutes ces inutilités.
Si Ton considère seulement les projectiles, bombes, boulets, obus anciens modèles, ils dépassent certainement 5,000,000 dont la valeur, comme fonte, n'est pas inférieure en moyenne à 1 fr. 25. Le bronze vaut beaucoup plus cher. Il n'est pas exagéré de penser que ce vieux matériel représente une valeur vénale de 1 2 à 15 millions au moins, soit que l'État le vende, soit qu'il l'utilise pour faire de nouveau matériel.
On peut donc compter sur une ressource d'environ 285 millions pour refaire l'outillage militaire de la France, sans rien demander au budget en sus de l'entretien ordinaire.
ÉnluatioD des dépenses poar recoiutitaer Toutillage militaire.
871. Le budget, on le sait, satisfait à l'entretien annuel des hommes et des choses et au renouvellement de ces dernières, selon la proportion exigée par leur durée.
Mais il y a un fonds d'approvisionnement qu'il faut nécessairement constituer, pour avoir une réserve en cas d'hostilités et pourvoir aux besoins. Le pied de guerre, avons-nous dit (art. 38, 39 et 40), quadruple les forces du pied de paix.
Outre l'entretien des 350,000 hommes de Tannée active, il est nécessaire de posséder tout ce qu'il faut pour équiper^ armer, vêtir 925,900 hommes; avoir des munitions, des vivres, etc..,..
D'après ce que nous avons indiqué dans le cours de ces études, il est facile de résumer les dépenses de fond, de première installation, qui ne se renouvellent plus chaque année.
Appropriatk» des hôtels.
872. Les hôtels de commandement (art. 402) sont au nombre de 140. Il existe 159 bâtiments militaires, divisions, subdivisions, directions, chefferies, etc,... qui suffiront et au delà. Les dépenses d'appropriation pourront s'élever à 2,000,000. ,
Achat de temins. '
873. L'achat des terrains pour camps retranchés et camps de manœuvres (art. 800), est de 27,800,000 fr.
Réserre d'bthUlemeDt.
874. 11 faut un million d'habillements complets de réserve. Il en existe déjà à peu près la moitié, soit 500,000 à acquérir. L'ensemble du vêtement du soldat vaut 104 fr. 88 c. (art. 562 et suivants). Mais le réserviste a déjà des effets pour une valeur de 16 fr. 85 c. Reste donc à dépenser 88 fr. 03 c, qui, pour 500,000, donne 44,030,000 fr.
RéMrre d'équipement
875. L'équipement et le campement doivent être en môme nombre que l'habillement. Il en existe environ les deux tiers de la quantité nécessaire. Il vaut par homme 40 fr. 67 c. (arl. 578 et 579), soit, pour 330,000, 13,421,000 fr.
Réscne de btrnacbement