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Pour composer ce personnel, il faudrait

8 colonels,

8 lieutenants-colonels, 89 chefs d'escadron, i78 capitaines, 178 lieutenants.

Il est nécessaire d'ajouter pour la garde de Paris, l'Algérie et les colonies :

i colonel,

2 lieutentnts-colonels, 11 chefs d'escadron.

37 capitaines, 68 lieutenants.

Cenparaiion entre Tétat actuel et 1« neareaa sjsl^me.

GotoMls.'.

Liaaienants-oolonels.

Chefii d'escadron.

CapittiDM. . • .

Lieutenants et sous-lieulenants

EXJSTAM!».

noviibàé.

Ai'GiiCirri-

TIO?l

Duranrnus

Geodannes d'élite.

108. L'escadron des gendarmes d'élite n*est pas motivé. C'est une grosse dépense, sans service efficace en compensation.

Garde de Paris.

109. La garde de Paris est exclusivement affectée au service de police de Paris. C'est une force municipale, ne servant en rien à l'armée. Il est juste que la ville de Paris l'entretienne tout entière, au lieu de ne supporter que la moitié des frais. Le budget de la guerre sera déchargé d'une somme de 3,548,632 fr. qu'il supporte à tort.

Sapears-pompiers.

110. Les observations précédentes s^appliquent aussi aux sapeurs-pompiers de Paris. Ils sont complètement entretenus aux frais de la ville, mais ils comptent dans l'effectif de l'armée active. C'est une fiction à faire disparaître.

Corps d'élat-major.

111. Sa suppression, depuis longtemps demandée, est absolument nécessaire, et cependant nous ne l'avons placé qu'au rang des transformations, parce qu'il doit être en partie remplacé par un service organisé dans d'autres conditions.

Les principales objections contre le corps d'étatmajor sont connues. Elles subsistent depuis 1819. Ce n'est pas le lieu de les développer de nouveau ici. Constatons seulement ce que l'expérience démontre après le raisonnement, c'est qu'il y a une tendance de plus en plus marquée à ne point se servir des états-majors actuels, autrement que comme des secrétaires ou des courriers. Le traitement des affaires sérieuses, les vraies missions, incombent aux chefs

de cabinet et aux aides de camp. La campagne de 1870 montre ce fait avec la dernière évidence, et on comprend très-bien qu'il en soit ainsi.

loeoDTéDieoU du chef d'éUt-major.

112. Le général capable n*a pas besoin de chef d'état-major; il ne lui faut que des aides toujours à ses côtés. Le général médiocre redoute son chef d'état-major et ne s*en sert pas. La plupart des généraux connaissent peu le chef d'état-major qu'on leur donne. C'est déjà un personnage qu'un simple respect des convenances empêche de déranger et de faire appeler à tout instant. Il y a là une situation délicate qui peut facilement devenir mauvaise.

AraDltges de Taide de camp.

113. L'aide de camp, au contraire, est connu du général ; il est son commensal et son confident ; souvent même, il y a du dévouement et de l'affection réciproques. A tout instant, le général a son aide de camp près de lui. Il pense tout haut en sa présence* Il le tient au courant de ses projets, de ses espérances. L'aide de camp est donc le personnage le plus en mesure, à tout moment, de traduire la pensée de son chef, de développer ses intentions dans des ordres, et de le renseigner exactement.

FiuBM lUualion dei éUU-mejon .

114. Un état-major séparé du général tend, dans une certaine mesure, à avoir une existence propre. Il est difficile que des hommes chargés d'une mission importante, et surtout celui qui les dirige, avec le grade de colonel ou de général, puissent avoir assez d'abnégaiion pour s'effacer complètement, agirpassi-

vement pour un autre^ et consentir à cette espèce de suppression de la personnalité, de mort morale, au milieu d'une armée où tous agissent et sont responsables «

Si rétat-roajor remplit réellement sa mission, son chef est -obligé à beaucoup cl*initiative. Il a dans le détail une foule d'ordres à donner, de comptes à demander, d'inspections à faire, de surveillances à exercer. Cependant il n'a aucune autorité propre ; il n*agit que par délégation, tacite souvent, et toujours il excite de grandes susceptibilités. S'il n'est pas complètement soutenu par le général, sa mission est impossible. Elle est encore très-difficile, même avec l'appui complet du général. C'est qu'en effet, il y a là une situation radicalement fausse ; une position hybride, une fonction sans responsabilité ; une mission sans initiative; une direction sans pouvoir; une surveillance sans autorité. L'officier d'état-major est destiné à être sans cesse un œil ou une oreille, mais non un bras. Pourtant on lui demande d'agir beaucoup, et on exige qu'il ne le fasse jamais paraître. Placé entre les susceptibilités des corps et celles du commandement, il peut rarement les bien concilier.

115. Cela a été connu de tout temps; mais la déca- ^ dence générale de l'armée et nos récents malheurs, ont donné à ces vérités une plus éclatante évideoce. L'opinion publique, civile ou militaire, s'y trompe pourtant encore. Les civils voient dans les états-majors un côté brillant et une charge importante. Les militaires jalousent la position en apparence avantageuse des officiers d'état-major, et leur attribuent une influence qu'ils n'ont pas. Des deux parts, si quelque chose cloche, si quelque revers se produit, on accuse aussitôt les états-majors, qui n'en peuvent mais. La

majorité des esprits se laissent aller à cette injustice naturelle.

Le bien accompli est à Thonneur du général; le mal qui se produit est la faute de son étatmajor «

116. L'institution du corps d*état-major est vicieuse dans son principe, et ce n*est que par exceptipn qu'elle amène du bien dans le service. Elle n'est pas moins fatale aux progrès de Tinstruction dans Tarmée. On isole dans un corps spécial les officiers les plus laborieux, les plus instruits, tandis que, dispersés dans les corps, ils y auraient donné l'exemple du travail et poussé au développement des études militaires.

On a cherché à répandre l'instruction dans Tarmée. Les efforts faits n'ont pas eu de grands résultats, parce qu'aucun but ne s'offrait à l'étude. En donnant les fonctions d'état-major aux officiers les plus distingués de tous les corps« en leur demandant des garanties très-sérieuses» et en leur accordant un avancement exceptionnel, on attirera toutes les capacités, on stimulera les ambitions, on surexcitera le travail.

117. Les officiers éminents se forment surtout par l'habitude de traiter des affaires diverses, par l'initiation aux détails organiques de toute l'armée , par le maniement des divers services ou armes qui la composent. Placés auprès des officiers généraux, les voyant agir, les entendant raisonner, connaissant les motifs de leurs résolutions, il en résulte pour eux un haut enseignement et une véritable école de commandement.

Par une contradiction singulièrci les officiers du corps détat-major, sans cesse à cette école, n'arrivent pour ainsi dire jamais au commandement, et les officiers de valeur des corps de troupes, qui parviennent

au commaDdement, ne peuvent presque jamais passer par cette école qui y prépare : aussi la plupart de nos généraux ne connaissent absolument que Tarme dans laquelle ils ont fait leur carrière. Les autres armes les gênent, les préoccupent , les embarrassent. Ce ne sont point des généraux à proprement parler, mais seulement des colonels à compétence étendue. Plus on l'examine, plus la fausseté du système actuel s'accuse dans ses principes comme dans ses applications, il importe au contraire que les meilleurs officiers des corps de troupes, ceux que leurs qualités militaires doivent conduire au commandementi puissent aupa-ravant étudier toutes les armes, tous les services et acquérir la plénitude des connaissances qui constituent le général.

Conséquemment , il faut que l'état-major cesse de former un corps, et devienne un service dans lequel les officiers les plus distingués de toutes armes viendront s'instruire et se perfectionner pendant quelque temps.

Service d'éut-major.

118. Ces principes admis, les généraux n'auront plus que des aides de camp choisis par eux, parmi les officiers de toutes armes, brevetés pour le service d'étatmajor. Ces officiers vivront sans cesse avec leur chefi dépendront intimement de lui et suivront en tout sa destinée, jusqu'au moment oii un grade les fera rentrer dans les corps de troupes.

Ces officiers d'élite ne sefont point occupés à des travaux secondaires, tels que des circulaires, des transmissions, des situations, etc., et toute cette masse de papiers qui est en partie nécessaire. Ils dirigeront ce travail et ne l'exécuteront pas eux-mêmes. II est indispensable d'avoir pour cela des secrétaires exercés

à ce métier, qui permettront de réduire le nombre des

En décentralisant les détails ^ eu donnant à chacun plus d'initiative et de responsabilité, on parviendra à dégager le commandement d'une foule d'affaires secondaires qui l'absorbent et le détournent des grandes questions.

Avec des généraux capables et une décentralisation énergique ; avec des simplifications dans la correspondance et des secrétaires exercés, il n'est plus besoin de beaucoup d'officiers pour le service d'état-major. Quelques aides de camp intelligents et instruits, placés auprès d'un officier général , doivent suffire à l'assister dans l'exercice de ses fonctions. Il doit les remplir lui-même et non pas se contenter de signer.

On verra par la suite combien on à à alléger les armées par cette transformation des auxiliaires du commandement, et quel avantage considérable l'armée entière peut en retirer.

1 19. Lesofficiersdu serviced'état-major, pris indifféremment dans toutes les armes, pour quelque fonction que ce soit, pourraient en temps de paix continuer, en partie, à compter à leur corps. Par exemple des lieutenants-colonels d'infanterie ou d'artillerie, des chefs d'escadron d'artillerie, des capitaines en second de cavalerie, d'artillerie ou du train. Les autres seraient placés hors cadre; leurs fonctions étant trop impor* tantes pour qu'ils puissent être longtemps absents de leur poste.

En temps de guerre, tous les officiers du service d'état-major seraient hors cadre.

120. Ce changement répugnera peut-être à beaucoup d'officiers à cause de sa nouveauté. Qu'ils réfléchissent cependant que c'était là le système français

dans les grandes guerres de la Révolution; qu'ils considèrent que presque toutes les puissances, après nous avoir emprunté l'organisation de Gouvion Saint-Gyr, l'ont successivement rejetée comme vicieuse. Enfin qu'ils veuillent bien lire la série des critiques dirigées contre l'institution du corps d'état-major depuis 1819, ainsi que tous les projets émis à diverses époques, pour l'améliorer.

Les lecteurs assidus de ces ouvrages y verront, d'une part, que les critiques formulées aujourd'hui apparaissent déjà à l'origine du corps d'état-major, et en second lieu, que toutes les tentatives d'amélioration se réduisent en définitive à fort peu de chose, et ne remédient nullement aux inconvénients signalés.

Si, dans cette longue période de plus d'un demisiècle, on n'a rien pu trouver, c'est que ce corps, basé sur un principe faux, n'était pas susceptible d'amélioration, et par conséquent, il n'y a pas d'autre solution possible que sa suppression.

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