CHAPITRE IX
SERVICE d'état-major.
Senice de brigade.
127. Auprès du général de brigade d'infanterie ou de cavalerie seront placés un capitaine et un lieutenant, aides de camp. Le général les choisira parmi les officiers brevetés à cet effet. Il disposera en outre de deux secrétaires spéciaux et habitués à ce genre de fonctions. Le service de la brigade sera ainsi beaucoup plus fortement constitué qu'il ne l'est actuellement.
Cela est nécessaire, parce que dans notre projet, le général de brigade a beaucoup à faire, tandis que son rôle est à peu près nul aujourd'hui.
Senice de diristOD.
128. Le général de division ou le général commandant Tartillerie d'un corps d'armée, aura un chef d'escadron etdeux capitainespour aides de camp, avec trois bons secrétaires. Ce personnel suffira à l'expédition de toutes les affaires, en adoptant un mode simple de transmission et en supprimant les papiers inutiles dans toutes les branches.
Les officiers n'ont plus alors que le service actif et la direction à tour de rôle du bureau. Aujourd'hui on ne donne à un état-major divisionnaire que 4 officiers. Ils sont obligés de tout faire eux-mêmes, n'ayant que des secrétaires insuffisants , et la besogne du bureau les absorbe trop.
SerTÎee de corps d'armée.
129. Le commandant d'un corps d'armée ne doit qu'exceptionnellement entrer dans les détails qui concernent exclusivement le général de division. Sans lui dénier le droit de commandement dans toute son étendue, il ne faut pas qu'il annule le général de division . Celui-ci doit avoir une certaine latitude, et nombre d'affaires doivent être résolues par lui. C'est laconséquencc de la décentralisation dont nous avons déjè parlé. Ainsi les questions d'administration, de comptabilité, d'approvisionnement, de discipline, d'instruc* tion, de tenue, sont particulièrement du domaine du général de division.
Le rôle du commandant de corps d'armée comporte plutôt une direction générale, une haute surveillance, et surtout la conduite des opératiojis. II devrait avoir
le pouvoir de décider, d'après des règlemenis bien faits, beaucoup de questions qui vont aujourd'hui au ministre ou au commandant en chef d'une armée.
S'il en était ainsi, et le corps d'armée étant composé de deux divisions seulement, le commandant pourrait facilement suffire au service avec 4 aides de camp, i lieutenant-colonel, 1 chef d'escadron, 2 capitaines, assistés de 4 secrétaires en paix et de 6 en guerre.
Senriee d'anné«.
130. Un commandant d'armée dégagé de tous les détails secondaires, réglés par les commandants de corps, d'après des bases générales, n'aurait plus besoin de ces nombreux états-majors qui perdent leur temps à des minuties infinies. Il ne s'occuperait plus que de la partie vraiment sérieuse: l'étude des opérations, les ordres d'exécution, la direction des mouvements, et les prescriptions d'ensemble. En lui accordant H aides de camp, 1 général de brigade, 1 colonel, 3 lieutenants-colonels , 6 chefs d'escadron et 12 secrétaires, on assurerait une bonne et rapide exécution du service. Le nombre des officiers est restreint ; mais, appelésà seconder le chef suprême, ils doivent être tous d'une grande valeur.
Nous insistons sur ce point que ces onze officiers ne formeront pas un état-major séparé, mais vivront avec le commandant en chef, formeront sa maison militaire, à l'exclusion de tous autres, officiers d'ordonnance, marins, médecins, peintres, attachés d'ambassade, qui encombrent aujourd'hui bien inutilement les armées.
Courriers.
131. Le petit nombre d^officiers attachés aux généraux doit être occupé à des questions sérieuses et à
des missions continuelles à cheval. Ils ne pourraient pas suffire au métier d'estafette, qu*on leur fait sou* vent faire à tort, et dont ils ne doivent être chargés que dans des cas particulièrement importants.
Il faut en outre, en campagne, entretenir incessamment des relations entre les différents degrés de commandement, puis entre les divisions et les corps d*armée ; donner de ses nouvelles et en demander.
Il est nécessaire aussi d'avoir quelques cavaliers intelligents pour accompagner les officiers du service d*état-m8Jor dans leurs missions, et les aider dans les détails de leur accomplissement, aide qui fait absolument défaut aujourd'hui.
On se sert de cavaliers pris dans les escadrons, ce qui les affaiblit. Ces hommes ne connaissent ni se savent rien, ils sont très-embarrassés pour porter la moindre dépêche, qui subit de longs retards et souvent ne parvient pas. A plus forte raison ne peut-on les envoyer examiner quelque chose ou chercher un renseignement. Us ne connaissent ni les corps ni les autorités, et Ton sait combien il est difficile dans les camps, surtout la nuit, de trouver les personnes auxquelles on a à parler.
132. Le manque d'un service de correspondance organisé s*est fait sentir partout. Il n'est pourtant pas difficile à créer.
En temps de guerre, il suffit de composer l'escorte des généraux de cavaliers choisis détachés des corps de cavalerie, d'artillerie ou du train. La plupart seraient des sous-officiers et des brigadiers. Ils rempli* raient le rôle de courriers et accompagneraient les of* ficiers en mission.
Il y aurait lieu d'en attribuer 5 au général de brigade d'infanterie, 10 au général commandant TartiN
lerie d'un corps, 15 au général de division, 20 au commandant de corps d'armée, 25 à 30 au commandant en chef d'armée.
Dans une armée de 4 corps ou de 150,000 hommes, on assurerait le service des relations constantes avec 350 cavaliers. On en emploie plus du double à présent sans aucune utilité.
Ces cavaliers n'existeraient pas en temps de paix. Les escortes des généraux seraient fournies alors par les régiments de cavalerie.
Voitures d'état-major.
133. Le service d'étatr-major est obligé de fonctionner sans cesse , le jour comme la nuit, par beau ou mauvais temps, et même pendant le combat. II y a avantage dans nombre de cas à écrire des instructions au lieu de les donner verbalement. La machine bureaucratique doit donc être toujours prête à expédier rapidement le travail.
Dans le système actuel, les secrétaires marchant à pied, on ne peut guère les faire veiller la nuit. Habituellement les bagages arrivent fort tard, on est mal installé , on manque parfois du nécessaire. Le vent éteint les lumières, l'eau coule sur les papiers, le service est difficile, sinon impossible; en tout cas il est lent et en souffrance. La journée entière est perdue pour le travail. La nuit, les secrétaires sont fatigués, et en résumé on gaspille des forces ou des moyens au détriment de l'intérêt général. Il n'y a pas d'étatmajor qui n'ait au moins une prolonge pour porter les cantines, tentes, effets divers. Il faut décharger et recharger chaque jour, faire et défaire des cantines. On perd un temps considérable. Pourquoi ne pas avoir une voiture organisée , où tout serait à demeure, et
GBt ri^rraim- mmlnpie
CtîUt ^.•rurf. «oinii.nit** l 1:1 u.i.m iî nu* lueo»*
ma'»-. I•tI;^ *t :-.ini;»i;: ^'l»i fan ^tix.. LBÙoiiLTioe* ikimiiai: 1:1 v*n..v\ .1 *t*^ i>i«i ^r..:^ 4iL uoÊUÊ/màes^
3^. Ut ;»u*-.t^.i^i^- ^Tîlt .
Bm 4 4îTisieiis de eavilerie,
4 diefs d'escadron et 4 capitiines;
Pov 18 commandints d'artillerie de corps d'armée, 48 chefs d'escadron et 36 capitaines ;
Pour 18 commandants de cavalerie de corps d'année, 18 cheb d'escadron et 18 capitaines;
Poor 18 commandants de corps d'armée,
18 lientenants-colonels^ 18 chefs d'escadron, 96 capitaines;
Pour 4 commandants d'armée,
4 colonels, 12 lieutenants-colonels, 24 chefe d'escadron.
Ce qui représente un total de :
Colonels • • • 4
Lieutenants-colonels 30
Chefs d'escadron 118
Capitaines 246
Lieutenants 80
136. Ce chiffre se réduit, en paix, des lieutenantscolonels pris dans Tinfanterie ou Tartillerie, des chefs d'escadron pris parmi les disponibles d'artillerie, des capitaines pris parmi les capitaines en 2* d'artillerie et de cavalerie (art. H 9). On peut donc admettre qu'en paix, il n'y aura à mettre hors cadre que les colonels, le tiers des lieutenants-colonels, la moitié des chefs d'escadron, les trois cinquièmes des capitaines et tous les lieutenants, ce qui donne :
Colonels 4
Lieutenants-colonels 10
Cbefs d'escadron S6
Capitaines 136
Lieutenants 80
Secrétaires d'éUt-major.
137. Comme il a été dit article 118, des secrétaires exercés sont indispensables pour l'exécution de la parlie matérielle du service d'état-major. On les obtien-
dra en développant le service déjà existant des greffiers de la justice militaire. On trouverait là un débouché pour l'infanterie et la cavalerie, analogue à celui qui s'offre actuellement aux sous-ofGciers d'artillerie et du génie, en leur permettant d'arriver à la position de garde. Ce corps de secrétaires-greffiers ferait indifféremment le service d'état^major et celui des parquets militaires, oh ils sont fort nécessaires en campagne pour la bonne tenue des greffes et l'exacte observation des formes. Il y aurait deux classes de commis écrivains ayant le rang de sous-officiers, et trois classes de gardes ayant le rang d'officiers. Les secrétaires des commandements d'artillerie seraient pris parmi les gardes de cette arme.
Les besoins se résument ainsi :
Pour 80 brigades- i60 secrétaires.
Pour 36 divisions d'infanterie 108 ^
Pour 4 divisions de cavalerie 8 —
Pour 18 corps d'armée IK) —
Poar 4 armées 48 —
Pour le service de la justice, il faut ajouter :
Pour 36 divisions d'infanterie 72 —
Poar 4 divisions de cavalerie 8 —
Pour 18 corps d'armée 18 —
Ce qui donne on total de 512 secrétaires.
Ce nombre pourrait être diminué en paix de 4 secrétaire par brigade et par division, de 2 par corps d'armée, et de plus de moitié pour ceux d'armée. Le personnel se n'^duil alors à 342 seulement.
Companinn entre lo système actuel el le nouveau.
Colonels
Lieuleiiants-colonels.
Chefs d'escadron. .
Capitaines
Lieatenants
Gardes archivistes
fprinci]
\ de !'•
• (de2«(
>nncipaux. .
'• classe, classe. .
Sons -officiers (de V^ classe.
écrivains, (de 2* classe. •
EXISTANTS
PEOPOSÉS.
aughbrta-
TION
DIXINOTIOIf
Ils se répartiraient ainsi en temps de guerre :
n . ■ i ... a. 1 Sous-ofliiciers
Pnncipaux. 4'« et !• classse. ^^ 4 1« et 2» cl.
Par armée 12 4 12 32
Par corps d'armée. ... 6 10 44 54
Par division d'infanterie. 5 v 72 108
Par division de cavalerie. 4 » 4 12
Par brigade 2 __» 4 160
Le personnel des cavaliers d'escorte et courriers serait :
Ponr 72 brigades d'infianterie 360
Pour 18 commandants d'artillerie de corps d*armée. 180
Pour 36 divisions d'infanterie 540
Poar 18 corps d*armée 360
Pour 4 armées 120
Total 1,560
(a) Cette colonne ne comprend que le corps d'état-major actuel. (B) Cette colonne comprend le service d état-major complet pour r infanterie, la cavalerie et l'artillerie (portion hors cadre seulement).
Rseadrons miites.
139. Les cavaliers d'escorte et les ordonnances de tous les généraux, officiers sans troupe et fonctionnaires hors des corps, formeraient un escadron mixte par corps d'armée ; il ferait partie du régiment de réserve de cavalerie du corps d'armée. Cet escadron aurait un cadre de 3 officiers, 3 sous-officiers comptables, et 3 maréchaux. Il se diviserait en 3 pelotons, dont deux seraient détachés aux deux divisions.
Le peloton de division comprendrait 54 hommes et 27 chevaox. Le peloton de corps d'armée. ... 72 — 33 — L'escadron entier 186 — 87 —