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Le type ménager urbain

Nécessité de l'égalité d'instruction pour l'homme et la femm«. — L'économie domestique est du domaine de l'instruction générale et non de celui de l'instruction professionnelle. — Programme de

l'enseignement ménager. — Puériculture et notions de pédagogie maternelle. — Les travaux ménagers : l'enseignement de la cuisine et l'organisation de la cuisine scolaire; le lavage et le repassage; le nettoyage; la couture domestique : la classe de couture ne peut pas dégénérer en ouvroir. — Le dessin. — La comptabilité domestique. — La sténo-dactylographie.

Le programme de l'enseignement général devra, dans les classes du ¥ degré pour filles, être sensiblement le même ]ue dans les classes similaires pour garçons. Seuls, les exercices d'application varieront pour s'adapter entièrement à la vie féminine.

La femme est destinée à être la compagne de l'homme ; elle devra donc pouvoir prendre part à ses luttes et ses peines comme à ses joies, et, parmi celles-ci, les joies intellectuelles ne sont pas les moins suaves. Une parfaite compréhension de son mari suppose de sa part une égalité d'instruction.

Dans son discours, — plusieurs fois cité au cours des pages qui précèdent, — M. Troclet a développé ce thème avec énormément d'à-propos : « Il faut aussi, dit-il, que l'épouse reçoive une instruction générale, du même niveau que son mari: car, aussi longtemps que le niveau intellectuel de la femme ne sera pas haussé à celui du mari, il y aura moins de bonheur, moins d'entente, moins d'unité dans les ménages; vous n'arriverez à resserrer les liens famihaux que lorsqu'une instruction plus complète permettra à la femme de comprendre son mari, afin de pouvoir l'aider au besoin, de pouvoir toujours lui tenir compagnie utilement et agréablement.

« C'est pour cela que nous pensons qu'à côté de l'éducation physique il faut aussi que l'éducation morale et intellectuelle soit approfondie dans le 4^ degré des jeunes filles. »

L'enseignement ménager, compris dans le sens le plus large, formera le noyau des matières à tendances pratiques qui caractérisent le ¥ degré féminin. ,Toute femme doit être mise à même de diriger un ménage avec compétence et avec autorité. Jusqu'ici la formation ménagère de la jeune fille était confiée à la mère. Dans la bourgeoisie aisée seule, la

maman est à même de s'acquitter tle cette tâche avec succès, parce que elle a le savoir et les loisirs voulus. Chez le paysan ou l'ouvrier, la mère est généralement esclave des vieilles routines; elle est de plus totalement absorbée par son labeur, et la fille travaille souvent à l'usine ou aux champs dès la sortie de TécolcSi donc l'école primaire, l'a/^rirr matei^ ne se charge pas de cette formation, celle-ci sera, dans la majorité des cas, totalement oubliée.

La science ménagère n'est pas du domaine de l'enseignement professionnel, puisqu'elle s'adresse indistinctement à toutes les femmes; elle appartient à l'enseignement général féminin au même titre que la couture. L'extension de la scolarité de 12 à 14 ans a permis de la faire entrer dans le cadre du programme de l'école primaire. C'était le seul moyen d'étendre ses bienfaits à toute la jeunesse scolaire féminine.

Le programme de l'enseignement ménager ne sera pas difficile à établir. Nous n'avons qu'à l'emprunter aux classes ménagères qui vont rentrer dans le giron de l'enseignement primaire. Quelques modifications de détail suffiront à le mettre au point.

Nous distinguons l'économie domestique, qui est la partie théorique, et les travaux ménagers, qui constituent la partie pratique.

Le domaine de l'économie domestique est très vaste. Avec Mme Moll-Weiss^ de Paris, qui est un maître en la matière nous disons a qu'elle est la science de toute la partie matérielle de la vie; qu'elle tend à produire, avec les ressources les plus restreintes, la plus grande somme de bien-être possible ; et que d'elle dépendent en grande partie le bonheur et la prospérité de la famille et de la société ».

L'économie domestique est basée sur les sciences naturelles, sur la physique, et spécialement sur le chapitre de la chaleur servant de base à toute la théorie de l'alimentation rationnelle; sur la chimie, dont elle est une application

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