‹ La reforme de l'enseignement populaire en Belgique. --Chapitre 19 sur 56 · Le livre du Foyer. Paris, Librairie Armand Colin · texte numérisé non relu

Le livre du Foyer. Paris, Librairie Armand Colin

150 LA RÉFORME DE L'ENSEIGNEMExNT.

constante, de même que sur l'hygiène, qu'à l'école des filles nous incorporerions sans scrupules à l'économie : car nous nous demandons pourquoi il faut créer des cours spéciaux pour des matières qui sont intimement liées entre elles.

En effet, comme le dit très bien Mme Moll-Weiss, dans son Livre du Foyer, « l'étude de la partie matérielle de la vie est une science utile entre toutes, puisqu'elle contribue à ce que Spencer appelle « la première de toutes les activités : la conservation de nous-mêmes ».

Gomment pouvons-nous nous conserver nous-mêmes? De deux manières :

« 1° En nous plaçant dans les meilleures conditions de vie matérielle; en veillant à ce que l'habitation, le chauffage, la ventilation, l'éclairage, etc., soient aussi bien établis que possible ;

« 2° En augmentant la force de résistance de l'individu, grâce à une bonne alimentation, à un vêtement rationnel, à une propreté corporelle bien comprise, à des exercices physiques adaptés à son âge, à son sexe, à sa résistance personnelle, et à un repos suffisant. »

N'est-ce point là de l'hygiène en action?

« Mais, continue l'auteur, et ainsi s'explique le vocable économie, ces conditions optima sont limitées par nos ressources. Plus la maîtresse de maison sera experte en économie domestique, plus elle saura, même avec un budget modeste, procurer de bien-être à ceux qui l'entourent. Là où l'ignorante « jettfe », celle qui sait trouve l'élément d'un mets ou la matière d'un vêtement. Elle fera des découvertes, des petites inventions pratiques. Organisatrice intelligente et fidèle, elle donnera l'illusion d'une richesse qu'elle n'a pas et qui n'est pas nécessaire. L'économie domestique nous apprend donc non seulement à équilibrer notre budget, mais à l'équilibrer de telle sorte que tous y trouvent le plus de satisfaction possible. C'est là une des difficultés du rôle qui incombe à la femme ; mais, lorsqu'elle veut et qu'elle sait, rien ne lui est impossible.

L'ENSEIGNEMENT PRATIQUE AU i" DEGHE. 151

« Ce n'est pas tout encore :1a science domestique enseigne aussi comment on soigne les malades et comment on évite les maladies, comment on élève les tout petits^ comment on dirige les domestiques, etc. Il ne faut pas croire que son programme soit trop vaste; toutes ses parties se complètent; toutes ont trait à la prospérité de la famille et de la société.

« Nous disons de la société, non seulement parce que la société résulte du groupement des familles, mais aussi parce que l'action de la maîtresse de maison ne saurait se borner à la défense hygiénique et économique de ceux qui lui sont chers; qu'elle doit, dans la mesure de ses moyens, l'étendre à tous ceux qui l'entourent. »

Voilà, exposé en peu de mots, le programme d'économie domestique. Nous y ajouterons, comme le demande M. Troclet, dans les localités qui emploient couramment la main-d'œuvre féminine, des notions de la technologie des industries et des métiers féminins, ainsi que quelques notions de droit usuel et de droit ouvrier; d'autre part, nous estimons avec le représentant de Liège que la mère de famille devenue veuve doit savoir comment agir, si un de ses enfants a le malheur de tomber victime d'un accident de travail, ou si les nécessités de la vie l'obligent à faire respecter ses droits.

Nous parlions, il y a un instant, des soins à donner aux tout petits. 11 est de toute nécessité d'inscrire ce point capital au programme du 4« degré féminin, d'autant plus que l'accord patriotique des partis s'est conclu sur cet objet.

M. Troclet a demandé cette inscription par voie d'amendement^; M. Woeste, rapporteur de la loi, l'a réclamée en ces termes : « Dans les écoles de filles, il faudra veiller à ce que l'on y donne des notions de lessivage, de couture, de cuisine, et que l'on y apprenne aux filles à élever les enfants-», et M. Destrée, député de Gharleroi, qui parla après lui, insista par ces paroles : « C'est là une chose essentielle, au

1. Annales parlementaires. Discours du 12 décembre 1915, p. 316.

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