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ètilture, aux cultures démonstratives, à la chimie agricole, et ils consacreront la majeure partie de leur temps aux occupations manuelles. Ils « gratteront la terre » comme de vrais terriens; c'est à ce prix seulement qu'ils acquerront suffisamment d'autorité pour s'attaquer aux routines paysannes et pour en « remontrer » aux vieux praticiens.
Nous n'entrerons pas dans d'autres détails. Nous avons très largement développé le programme du quatrième degré rural; celui de la section normale correspondante devra le suivre pas à pas, afin de préparer les instituteurs à enseigner avec compétence et aisance toutes les matières que nous y avons introduites ^
Nous sommes convaincus que l'exploitation par l'État de deux fermes-écoles normales ne serait pas onéreuse, et que les bénéfices réalisés couvriraient une grosse part des frais et notamment les traitements du personnel technique spécial, à la condition toutefois qu'on laissât quelque peu la bride sur le cou à ce personnel et qu'on ne se montrât pas soupçonneux à son égard. La suspicion doit être bannie d'une école, sans quoi elle tue l'enseignement, et surtout l'éducation. Rien n'est plus déprimant, plus contrariant pour les bons serviteurs, que la crainte de voir leurs moindres actes mal interprétés. Le grand art consiste à choisir les hommes, afin de pouvoir leur faire confiance.
La vieille loi sur la comptabilité de l'État agit parfois comme une entrave dans des organisations de l'espèce; elle aurait besoin d'être retouchée; depuis quatre-vingts ans qu'elle est en vigueur, le monde a marché et de nouvelles situations se sont révélées. Ne nous efforçons donc pas de faire entrer celles-ci dans les vieux moules : nous risquerions de les déformer et de les compromettre.
Nos préférences vont à la location de deux fermes avec option d'achat; ce régime provisoire permet de changer d'emplacement, si la nécessité nous y incite. La location
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pourra d'ailleurs se muer dans la suite en achat. 11 faudra se borner à un minimum de travaux d'aménagement; Toccupant s'en chargera au fur et à mesure des besoins, et toute modification sera matière à leçons. Un baraquement démontable, à doubles parois bourrées d'un isolant, servira d'habitation aux élèves et pourra, dans la suite, être remplacé par un home coquet en matériaux durables.
Les installations avicoles seront exécutées par les élèves, sous la conduite du maître. A Port-Villez, feu M. De Cooman a agi de la sorte et est parvenu à créer une école d'aviculture avec un minimum de frais, qui étaient amortis avant un semestre. Existe-t-il d'ailleurs un meilleur moyen d'enseigner pratiquement comment se monte une petite entreprise d'élevage? Les cultivateurs n'agissent pas autrement lorsqu'ils ont à construire leurs poulaillers, leurs parcs à poules : ils utilisent presque exclusivement des moyens de fortune. Le grand tort de l'État consiste à vouloir toujours élever des constructions somptuaires. Ainsi nous avons visité, dans un pays voisin et ami, une magnifique école agricole abritant une section d'aviculture : il y avait là de superbes parcs construits en matériaux durables; de fortes grilles en fer, assez robustes pour retenir des fauves, servaient de clôtures, alors que de simples toiles métalliques eussent suffi; par contre, les sujets y étaient rares. Une simple mare aux canards avait coûté 10000 francs. Elle était cimentée, et encombrée au centre d'une fontaine allégorique tellement vaste que les canards ne disposaient plus de place pour se livrer à leurs ébats.
Les installations provisoires pour l'aviculture ont, en outre, ceci de bon, qu'en cas d'épidémie on peut les brûler et procéder ainsi à une désinfection générale par le feu. De plus, comme elles doivent se renouveler de temps en temps, elles permettent aux groupes d'élèves qui se succèdent à l'école de participer à des travaux de réinstallation ou de réfection.
' Les sections ménagères spéciales du type urbain pourront, très aisément, être installées dans les écoles normales de filles. Peut-être serait-il nécessaire d'agrandir quelque peu le jardin potager et d'organiser une basse-cour et une chèvrerie : car la chèvre peut rendre de grands services à un ménage ouvrier qui dispose d'un petit jardin auprès de sa maison. N'oublions pas que la chèvre est rebelle à la tuberculose et que son lait, coupé d'eau dans des proportions déterminées, convient admirablement aux nourrissons et aux malades.
Les sections normales ménagères du type agricole devront être installées dans des fermes comprenant une vacherie modèle, une basse-cour développée, une laiterie et une fromagerie, un jardin potager et un verger.
L'État et les écoles agréées trouveront facilement des maîtresses capables parmi le personnel chargé des cours ménagers ambulants et les anciennes élèves des sections normales ménagères existantes. L'école normale agréée de Wavre-Nolre-Dame, notamment, possédait déjà une section analogue. Les installations de la vacherie, de la laiterie et de la fromagerie, y étaient à copier. Les élèves habitaient un home campagnard, créé sur le modèle des fermes, que nous voudrions voir s'élever partout et remplacer les constructions désuètes et incommodes qui ne dpnnent aucun confort à nos paysans. Les études y étaient sérieusement organisées et les résultats répondaient pleinement à l'attente des promoteurs.
Malheureusement la guerre a démoli ce bel établissement ; mais nous avons la certitude que Mère Ignace saura relever les ruines et faire plus beau et mieux encore que dans le passé.
L'école ménagère agricole de Berlaer, qui méritait les éloges de tous les visiteurs étrangers, pourrait également servir de section normale pour la préparation d'institutrices ménagères agricoles.
Les jurys chargés de procéder aux examens de sortie des
écoles normales proprement dites, comme des sections normales spéciales qui leur font suite, seraient présidés par un fonctionnaire de l'inspection scolaire et composés d'un certain nombre de membres du personnel de l'école même, auxquels il serait adjoint un nombre égal de professeurs des écoles normales de l'État si le jury fonctionne auprès d'une école normale agréée, et des écoles normales agréées si le jury est institué auprès d'un établissement de l'État.
Il nous reste à examiner comment il serait possible de préparer à l'enseignement du 4^ degré le personnel actuellement en fonctions.
Nous croyons que la véritable solution consisterait à composer le programme de l'examen pour l'obtention du certificat de chef d'école, de telle manière que l'instituteur qui en subirait les épreuves avec succès serait apte à donner convenablement cet enseignement spécial. Et ce serait logique, car de quelle autorité peut jouir un jeune chef d'école incapable de contrôler les leçons du 4*-' degré?
Pour la facilité des études, et pour ne pas surcharger les instituteurs, l'examen de chef d'école se subirait en deux fois; il y aurait une épreuve de culture générale et une épreuve pratique. Le programme de la première serait emprunté aux sections normales spéciales. Il faudrait y ajouter, en mathématiques, les huit livres de géométrie avec l'étude sommaire et le tracé des sections coniques, les équations du second degré en algèbre, la trigonométrie recliligne, l'arpentage et deux leçons didactiques.
L'épreuve pratique se rapporterait, pour les instituteurs des régions industrielles, à la physique et à la chimie industrielles, aux éléments de géologie, au dessin, à la technologie des métiers et au travail manuel.
Pour les candidats des régions agricoles, l'examen pratique roulerait naturellement sur les cours que le maître devra enseigner au 4*^ degré : agronomie, arboriculture et horticulture, aviculture, apiculture, sciences naturelles, phy-
ique et électricité appliquées, dessin de constructions
^^^vilcs, travaux manuels.
^^BLes institutrices désireuses de se voir confier une classe ménagère, urbaine ou agricole, du ¥ degré, subiraient une .preuve pratique sur l'économie domestique, les travaux du ménage, la puériculture, la couture et l'horticulture. Les récipiendaires des régions rurales ne pousseraient pas aussi loin que leurs collègues des villes la connaissance de la couture, mais elles auraient à montrer leurs capacités dans le domaine de la zootechnie, de la laiterie et de la fromagerie.
Afin daider les membres du personnel à affronter ces examens, le gouvernement créerait des cours de vacances de quatre semaines, au siège des sections normales spéciales, et ces cours se continueraient pendant toute l'année, à raison d'une ou deux séances par semaine, dans des localités convenant plus particulièrement par leur situation centrale.
Ces cours de vacances auraient pour but de donner les premiers éléments du « savoir-faire » et serviraient à définir et à faire adopter les positions et les gestes ouvriers appropriés ; ils seraient confiés aux maîtres spéciaux des sections ; les moniteurs, choisis parmi les meilleurs élèves sortis de ces établissements, y assisteraient également, du moins pendant les premières sessions, et seraient chargés, dans la suite, des cours pratiques hebdomadaires ou bi-hebdomadaires. La préparation se continuerait par un second cours de quatre semaines aux grandes vacances suivantes, et l'examen final aurait lieu six mois plus tard durant le congé de Pâques. Il comprendrait naturellement deux leçons didactiques.
Les récipiendaires auraient à témoigner d'une réelle habileté professionnelle, et n'obtiendraient le bienheureux certificat qu'après des épreuves sérieuses subies devant les praticiens des sections normales spéciales. Toute complaisance coupable et toute faiblesse devraient être évitées, car le bon apprentissage de nos jeunes ouvriers, en même temps
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que la réputation et partant l'existence du ¥ degré, seraient en jeu. La conquête du second certificat conférerait le titre de « chef d'école diplômé » .
Pour les branches de culture générale, il se créerait, comme en Hollande, des cours privés de préparation. Nous entrevoyons même l'ëclosion de cours par correspondance.
Les membres des différents jurys seraient choisis parmi le personnel des établissements nouveaux et présidés par un foactionnaire de l'inspection officielle.
Quant aux instituteurs sortis des sections normales du ¥ degré, l'examen de chef d'école comporterait pour eux une épreuve plus approfondie sur les branches de culture générale qui figurent au programme de ces sections, et plus spécialement sur la connaissance des deux langues nationales, la pédagogie et l'histoire.
Ce que nous voulons, c'est rendre nos instituteurs plus érudits. Eux-mêmes y gagneront en prestige, et leur enseignement en profondeur.
Cependant ces études devraient apporter à ceux qui s'y soumettent des avantages positifs.
Nous voudrions voir attacher une indemnité annuelle de 40 francs au certificat obtenu à la suite de l'examen relatif à la culture générale, mne indemnité de 60 francs au certificat pour l'enseignement pratique, et une indemnité de 25 francs au certificat de chef d'école, décerné aux maîtres qui ont précédemment suivi pendant un an les cours d'une section normale spéciale '.
De plus, il serait décidé que seuls les porteurs des titres de « chef d'école diplômé » auraient le droit d'être admis à l'examen d'inspecteur cantonal, et nous proposerions en outre de les dispenser des deux tiers au moins des travaux de conférence.
Le programme d,e l'examen d'inspecteur cantonal serait naturellement mis en rapport avec les épreuves de l'examen