SERVICE MILITAIRE DES INSTITUTEURS
H est à prévoir, par contre, que toute la jeunesse valide devra passer par le service armé. Sauf pour l'artillerie et la cavalerie, qui exigent une instruction plus longue et qu'on pourrait fournir des recrues nécessaires par la voie d'engagements volontaires, la durée du service sera probablement réduite à un strict minimum. Cette réforme exigera toutefois : l'' que l'instruction soit donnée dans des camps, et non dans des villes de garnison où les officiers se déforment et où les hommes perdent leur temps; 2*^ que pendant six ans il y ait un rappel annuel d'un mois pour des manœuvres [d'ensemble, et 5" que l'on crée par des engagements volontaires une armée de couverture permanente.
L'appel de tous les éléments valides de la Nation en vue de la constitution d'une armée forte suppose la formation d'un cadre d'officiers et de sous-officiers de réserve, pour commander ces masses formidables. Tous les éléments instruits devront être préparés à des postes d'officiers; c'est pourquoi il est à souhaiter que les étudiants des Universités et des hautes écoles, les élèves des écoles techniques et aussi ceux des écoles normales, donc tous les futurs instituteurs^ reçoivent à cet efï'et une instruction spéciale, autant que possible au cours de leurs études.
A notre avis, il est inutile et même nuisible que les instituteurs passent par le régiment en qualité de simples soldats. Beaucoup d'entre eux, attirés par les avantages de la carrière d'officier, subiraient sans la moindre difficulté les examens de la sous-lieutenance et resteraient à l'armée. La perte de ces éléments aggraverait encore la crise d'instituteurs dont nous sommes menacés.
Il nous paraît plus expédient de les préparer à la souslieutenance de réserve pendant leur séjour à l'école normale même.
Les littéras C et D de l'article 16 de la loi de milice seraient donc abrogés. Les deux années de l'école normale seraient considérées comme des années de service militaire. Les normalistes porteraient l'uniforme avec insigne particu-
culier et formeraient un peloton spécial d'instruction commandé par un adjudant ou un officier détaché à l'établissement, mais qui ne s'occuperait toutefois d'eux que pendant les heures réservées au service militaire.
Déjà, actuellement, le cours de gymnastique prend une demi-heure par jour dans nos écoles normales. On pourra lui consacrer désormais cinq quarts d'heure. De plus, une fois par sernaine, le peloton sortirait pour des exercices à la plaine ou pour faire du service en campagne dans les environs de la localité.
Les cinq quarts d'heure journaliers seraient employés à des exercices de gymnastique suédoise, à l'école du soldat, à l'école de peloton et de compagnie et à l'étude des théories.
Aux premières vacances de Pâques, les divers pelotons des écoles normales seraient réunis pendant huit jours au camp, pour des exercices d'ensemble. Ils recommenceraient pendant un mois à l'occasion du congé d'été et encore pendant huit jours durant les vacances de Pâques suivantes.
De plus, les examens de sortie de l'école normale seraient réglés de telle façon que les opérations finissent le 30 juin. Alors les jeunes gens disposeraient de trois mois (juillet, août et septembre) pour commencer leur instruction d'officier de réserve dans un C. I. S. L. A. (centre d'instruction de sous-lieutenants auxiliaires). Ils en sortiraient avec le grade d'adjudant de réserve. Ils achèveraient cette préparation pendant un séjour au camp d'une semaine à l'occasion du chômage annuel des classes pour le congé de Pâques, et pendant un dernier cours d'un mois au G. I. S. L. A., après quoi ils seraient nommés sous-lieutenants de réserve et auraient dorénavant à répondre avec leur classe de milice aux rappels réglementaires.
Ils acquerraient le droitde porter l'uniforme les dimanches et les jours de fêtes civiles ou religieuses, toucheraient une petite indemnité annuelle et jouiraient de la réduction de 50 pour 100 sur le tarif des Chemins de fer.