‹ La reforme de l'enseignement populaire en Belgique. --Chapitre 30 sur 56 · SERVICE MILITAIRE DES INSTITUTEURS · texte numérisé non relu

SERVICE MILITAIRE DES INSTITUTEURS

Leur prestige augmenterait singulièrement, et ils no seraient plus, comme cela s'est malheureusement présente au cours de la guerre actuelle, considérés comme de vulgaires tire-au-flanc ayant esquivé le devoir militaire, alors (ju'ils ont dignement accompli toutes leurs obligations et que beaucoup des leurs ont été fauchés par la mitraille onnemie qui, elle, ne distingue pas entre brancardiers et

mbaltants.

Et quels merveilleux instructeurs ils feraient! Car n'oublions pas que tous les jours ils enseigneraient la gymnastique aux enfants de leurs classes et qu'ils continueraient donc à pratiquer le commandement.

Du coup, la question de la gymnastique à l'école primaire serait résolue. Les maîtres, préparés eux-mêmes par deux ans d'exercices corporels journaliers, seraient capables non seulement de donner à leurs jeunes élèves d'excellentes leçons d'une saine gymnastique découplant les corps et assouplissant les muscles, mais ils leur inspireraient le goût des exercices physiques et des sports et ils seraient tout désignés pour entreprendre la préparation prérégimentaire des adolescents. Ceux-ci arriveraient à l'armée admirablement aptes à recevoir la formation militaire.

Quelle belle jeunesse nous vaudrait ce régime, dont tous les éléments se soutiennent comme les anneaux d'une chaîne ! Nous avons exposé ce système à un officier supérieur de nos amis qui prit une part active à la reconstitution de notre armée, et il a bien voulu l'approuver sans restriction.

Pour que cet enseignement de la gymnastique portât tous ses fruits et qu'il y eût de l'unité dans l'éducation physique de la jeunesse belge, il faudrait que tous les moniteurs, en l'occurrence les adjudants-chefs de peloton des écoles normales, fussent formés à un Institut royal d'éducation physique établi à Bruxelles. Le noyau en existe à l'Université de Gand et serait naturellement transféré à la capitale. L'école normale de gymnastique et d'escrime y serait incorporée. Cet établissement nouveau dépendrait du Ministère de l'édu-

cation, c'est-à-dire du Ministère des Sciences et des Arts. L'armée y enverrait tous les ans une série de jeunes gens bien doués physiquement, afin de les préparer à enseigner la gymnastique et les armes dans les écoles normales et les régiments. Comme le temps de service réduit laissernil durant une partie de l'année les cadres inactifs, ces éléments pourraient être mis à la disposition des directions des établissements d'enseignement secondaire et môme des établissements privés, car les élèves de ceux-ci auront à servir la patrie comme tout le monde.

Dans les écoles moyennes, le cours d'éducation physique serait confié aux régents eux-mêmes, qui auraient accompli leur service militaire dans les mêmes conditions que leurs collègues de l'enseignement primaire.

Ainsi la gymnastique se répandrait par l'armée, et pour l'armée par les écoles. Le peuple belge acquerrait une tout autre allure.

11 serait plus vif, plus alerte. Ses hommes seraient plus agiles et plus forls. La gymnastique eurythmique aurait rendu les femmes plus gracieuses.

Et l'instruction, abondamment répandue parmi nos pojnilations régénérées d'autre part par la culture physique, en ferait en peu d'années les premières de la terre.

Le programme que nous venons d'esquisser n'a rien d'ulopique. Il est parfaitement réalisable. Mettons-nous don( à l'œuvre dès que le pays sera libéré, et semons gaîmenl. avec confiance et entrain, en vue d'abondantes récoltes.

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