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CHAPITRE XI

L ENSEIGNEMENT DU FLAMAND ET DU FRANÇAIS DANS LES ÉCOLES PRIMAIRES ET LES ÉCOLES NORMALES FLAMANDES.

[)euple flamand, pour ne pas déchoir, doit apprendre sa langue à fond. — Nécessité de l'adoption d'une prononciation uniforme : het algemeen bescliaafd. — Étude de la phonétique à l'école normale et étude approfondie de la langue ; la sémantique. — Revision des livres^ classiques flamands et création d'une littérature technique populaire. — Le régime linguistique à l'école primaire et notamment au 4* degré. — A quelle époque doit commencer l'étude d'une seconde langue? Expérience à organiser. — Le cours de français à l'école primaire.

Nous avons voulu consacrer une étude spéciale à ce problème brûlant d'actualité. Le moment est venu de le résoudre : le peuple flamand est à un tournant de son histoire: il commence à sentir les entraves qui, jusqu'ici, s'opposaient à son développement intellectuel; il veut exploiter pour le bien de la patrie commune les forces latentes qui sommeillaient en lui ; il entend arriver progressivement, mais rapidement, à un degré de culture supérieur.

Tout fait prévoir que Tère des revendications législatives sera bientôt close. Les Flamands recevront les satisfactions légitimes auxquelles ils ont droit. Les temps romantiques, ceux des cortèges, des meetings et des congrès, sont révolus. Ceux du travail persistant, opiniâtre et fécond, arrivent à grands pas, ou plutôt ils sont arrivés.

Le peuple flamand, s'il veut atteindre au degré de culture supérieur qu'il ambitionne, qu'il ne peut pas ne pas ambitionner sans déchoir, commencera par apprendre à fond sa langue. 11 s'efforcera d'en reconquérir le génie, qu'il a perdu au contact d'influences hétérogènes. Sa langue n'a certes pas l'importance mondiale du français, de l'anglais, de l'espa-

gnol ou de l'allemand, mais il est sa langue maternelle, celle que ses pères ont parlée avant lui et qu'il prétend transmettre à ses fils. Il n'a pas à rougir de cette langue : toute une lignée d'écrivains illustres et leurs œuvres magistrales protesteraient contre ce manque d'égards. Mais nous ne pouvons nier que, tandis qu'en Hollande la langue a évolué, s'est épurée et policée et est parvenue à établir pour sa prononciation une norme acceptée par tous, la même langue est restée stationnaire chez nous, a gardé dans ses patois une grande rudesse et présente une diversité regrettable de prononciation. De plus, par suite du bilinguisme qui est une des caractéristiques de notre pays, la langue s'est encombrée de gallicismes; ceux-ci ont peu à peu aboli une quantité de ces tournures et de ces expressions qui donnent au parler pur le bouquet délicieux dont le charme nous ravit. Ainsi h flamand s'est appauvri et abâtardi. Le vocabulaire de notre peuple flamand est d'une indigence déplorable; c'est pourquoi nos hommes exposent leur pensée avec si peu de clarté. Les termes français, non traduits mais mal prononcés, abondent dans leur discours. La langue technique flamande est totalement inconnue chez nous, et ainsi l'on peut entendre le charabia le plus déconcertant, lorsque nos ouvriers flamands discutent entre eux des questions de métier. En voici un spécimen : « Geef me'ne keer een filière, voor dien boulon te fîleteeren. Zoudt ge dien allésoir niet cens willen verdeelen op den diviseur. Die tourne-à-gauche is veel te zwaar voor te tarauder een. »

La question flamande est avant tout une question d'ordre intérieur, qui concerne presque exclusivement les Flamands eux-mêmes. Sa solution demandera, avant tout, un travail persévérant et opiniâtre de leur part. Pour assurer à leur langue la place qu'elle mérite, ils auront à adopter une prononciation cultivée uniforme, à faire la chasse aux gallicismes et à enrichir leur vocabulaire. Une élite se livrera en outre à une étude systématique et approfondie de sa gram-

LE FLAMxVND ET LE FRANÇAIS DANS LES ÉCOLES. 21î>

maire et de sa littérature, afin de saisir et de restaurer l'esprit de la langue qui s'est malheureusement perdu en Flandre.

Sans l'adoption d'une prononciation cultivée uniforme, le flamand ne sortira pas du marasme où une indifl'érence coupable des classes dirigeantes Ta plongé : celles-ci se refuseront à parler une langue peu raffinée, dont les rudesses impressionnent si désagréablement Toreille. Nous n'avons pas à singer le hollandais, mais à parler la langue littéraire que l'on est convenu d'appeler le « Algemeen Nederlandsch » et dont bon nombre de jeunes Flamands lettrés se servent avec beaucoup d'élégance.

On rencontrera probablement assez d'opposition auprès de quelques particularistes, surtout auprès des Flamands des classes aisées qui, ayant fait leurs études en français, ne connaissent qu'imparfaitement leur langue maternelle.

Les premiers nous diront que le West-flamand a droit à des égards, qu'il peut s'enorgueillir de poètes comme Guido Gezelle, et qu'il serait dommage de laisser se perdre la langue harmonieuse de ce barde à la lyre d'or. Cette crainte n'est pas fondée : de pieux disciples se chargeront de la conserver; nous-mêmes d'ailleurs nous continuerons à lire et à vénérer Gezelle, tout comme les Français lisent et vénèrent un Mistral et les Hollandais un Cremer. Nous tâcherons même de remettre en honneur certains vocables el expressions dont il se servait avec tant de maîtrise, mais qui, malgré leur authentique caractère flamand, étaient tombés en désuétude. Seulement, la nécessité de l'unité de prononciation est pour nous un axiome qui ne comporte pas de tempéraments. Cette unité existe d'ailleurs dans toutes les langues cultivées; elle en est la caractéristique. De plus, n'oublions pas qu'aux populations de la province occidentale, le flamand de Gezelle est aussi étranger que la langue littéraire. Dans ces conditions, ne vaut-il pas infiniment mieux adopter celle-ci d'emblée, afin de réaliser cette unités

de langue et de prononciation qui nous parait indispensable à l'essor du flamand et sans laquelle celui-ci ne forcera jamais le respect des Wallons, ni des Hollandais, ni des Flamands francisés?

Quant à l'avis que les Flamands étrangers à leur propre langue pourront émettre, il ny a pas lieu d'en tenir compte, car leur manque de compétence enlève toute valeur à leur argumentation.

L'unité de prononciation ne sera pas difficile à réaliser, pourvu que tout le monde y mette de la bonne volonté. Pour arriver à ce résultat, une propagande intense s'imposera, qui fasse toucher du doigt l'importance du but à atteindre. Par la parole et par la presse, il conviendra d'éveiller parmi nos populations flamandes les sentiments raciques et notamment la fierté d'un beau langage.

La grande différence des prononciations locales réside dans l'émission des voyelles et diphtongues et de deux ou trois consonnes seulement. Les rectifications sont aisées : nous avons pu nous en rendre compte en visitant les colonies scolaires où sont hébergés « les enfants de l'Yser ». Les petits jeunes gens adoptent facilement une prononciation correcte, pourvu que les maîtres y veillent et soient convaincus de l'utilité de l'unification de notre parler flamand.

C'est par l'enseignement à tous les degrés que notre langue s'épurera et se relèvera, sinon elle croupira dans la médiocrité. Les professeurs devront être gagnés au préalable à un langage correct et châtié : ceux des écoles primaires, des coflèges et des établissements d'instruction secondaire, aussi bien que ceux de l'Université et des Hautes écoles. Comme nous nous consacrons plus spécialement à l'enseignement populaire, nous nous bornerons à étudier le problème au point de vue des classes primaires.

Pour arriver à des résultats sérieux, nous devrons commencer par habituer les élèves de nos écoles normales à parler correctement: car, leurs études terminées, ils essaimeront dans les villages et y implanteront les bonnes habitudes.

Certains de leurs maîtres se croiront trop vieux pour s'imposer une discipline nouvelle et ennuyeuse; mais nous sommes persuadé que Ton ne fera pas en vain appel à leur patriotisme; sans leur exemple de tous les instants, toute tentative de réforme serait illusoire.

Nous aurons en outre à lutter contre un ennemi terrible : le respect humain. Les nouveautés sont généralement mal accueillies parmi le peuple. Un jeune normaliste qui, revenu en vacances, parlera une langue quelque peu châtiée, s'attirera les moqueries de ses anciens camarades, peut-être leur hostilité, et il aura souvent à essuyer des apostrophes désobligeantes, telles que : « Ne fais pas d'embarras, parle comme ta mère ! » Qu'il se raidisse sous l'outrage et persévère, eu songeant qu'il y va du salut delà langue flamande et qu'il est noble de souffrir pour elle; il finira d'ailleurs par imposer le respect et par trouver des imitateurs.

Il s'agira donc de veiller à ce que tous les professeurs qui seront nommés à l'avenir dans les écoles normales flamandes de l'État aient au préalable fait preuve d'une prononciation impeccable : toute infériorité à cet égard devra être un motif d'exclusion. Quant aux directions des écoles normales agréées, elles ont pour devoir de se montrer également sévères dans le recrutement de leur personnel.

Pour les écoles normales de l'Etat, le problème sera facilement résolu; nous y veillerons d'ailleurs avec soin. ISlais, dans les écoles normales agréées, les directions seules ont voix au chapitre. Ici l'opinion publique flamande et ses porteparole auront, au besoin, à intervenir énergiquement et à ne plus tolérer que dans ces établissements on accueille encore <!es professeurs qui ne parlent pas le néerlandais cultivé, le ' Algemeen Beschaafd, » et qui ne sont pas à même de donner leurs cours en un langage correct.

Il y aura lieu de consacrer, dans les écoles normales, une vingtaine de leçons théoriques et surtout pratiques à la phonétique et à Télude de la prononciation pure. Le Couver-

nemenl devrait en outre conseiller aux professeurs d'école normale, aux inspecteurs, aux candidats-professeurs et aux candidats-inspecteurs, de faire annuellement un séjour en Hollande, pour y suivre des cours de vacances et s'y exercer pratiquement au bon langage. 11 devrait même encourager ce genre d'études par l'octroi de bourses. Nous sommes convaincu que nos compatriotes seraient accueillis avec la plus grande sympathie par les Universités et par le monde officiel néerlandais.

Dans tous les examens prévus par les lois et les règlements scolaires, qu'il s'agisse de l'obtention du diplôme d'instituteur ou bien de celle des certificats spéciaux du quatrième degré, de chef d'école ou d'inspecteur cantonal, les jurys auront à se montrer impitoyables pour tous les récipiendaires qui auront une prononciation défectueuse.

A côté de la bonne prononciation, nous plaçons l'étude approfondie de la langue, cette étude qui a été tant négligée jusqu'ici. La plupart des jeunes Flamands qui témoignent de quelque sens artistique se croient facilement des littérateurs ; ils négligent l'étude systématique des ressources et des richesses linguistiques, estiment au-dessous de leur dignité les exercices de langue et s'adonnent éperduraent à la prose ou à la poésie. Seulement leur lyre est monocorde et leurs productions pèchent par un manque absolu de mesure et d'unité, car les mots vulgaires y coudoient les expressions relevées.

Ce manque de mesure provient de leur ignorance. Le programme des écoles normales flamandes devra donc prévoir une étude pratique et profonde de la langue, ce que les Hollandais désignent par le nom de « Practische Taalstudie «^ c'est-à-dire l'étude des termes propres, de la synonymie, des expressions typiques, des particularités grammaticales ; enfin l'extension progressive du vocabulaire et la chasse aux galhcismes et aux germanismes.

Le général Léman avait compris toute la valeur de ce genre d'études, lorsqu'il a inscril au programme du concours

d'admission à l'Ecole militaire la sémantique, que les Anglais appellent significa, et dont le nom peut se traduire en néerlandais par beieekenisleer.

Cette étude de la signification des mots nous est d'autant plus indispensable, à nous autres Belges, que notre éducation bilingue est cause de ce que souvent nous ne saisissons pas les nuances distinguant deux synonymes, ce qui n'arrive pas aux peuples qui ne possèdent qu'une langue unique. Et dire que, dans la discussion de la loi sur l'emploi des langues à l'armée, la sémantique fut rayée du programme à la demande d'un phililogue, qui n'est cependant pas sans mérite. Le bouillant député aura été trompé par l'aspect quelque peu prétentieux et aristocratique de ce tard-venu des sciences linguistiques; il fonça sur l'adversaire, frappa d'estoc et de taille et le terrassa. Contrairement à l'avis de ce législateur, nous estimons que la sémantique, avec tout un long cortège d'exercices pratiques, mérite une place d'honneur au programme rénové de l'école normale et de tous les établissements d'enseignement secondaire.

Les mêmes exercices se retrouveront, naturellement avec des développements moindres, aux deux derniers degrés de Técole primaire, mais surtout au quatrième degré.

Les livres classiques flamands devront être complètement revisés. Les ouvrages actuels se distinguent par leur platitude : certains auteurs croient que parler pour des simples ou des enfants revient à se servir d'expressions communes. Ils bannissent à dessein de leurs écrits tous les mots qui n'appartiennent pas au vocabulaire usuel des enfants, alors qu'ils devraient au contraire y introduire des expressions nouvelles, afin de nourrir la langue populaire.

Nous aurons à créer en outre toute une littérature teclini- (jue flamande pour les classes du quatrième degré, les écoles professionnelles et les sections normales spéciales.

Les corps professoraux de ces derniers établissements, ceux des facultés techniques flamandes des universités de

^lU LA REFORME DE L'ENSEIGNEMENT.

Gaiid et de Louvain et ceux des écoles professionnelles supérieures flamandes collaboreront à cette œuvre éminemment utile. Car, n'en déplaise à certains étourdis, il est parfaitement possible d'enseigner en flamand la géométrie, la physique et toutes les branches techniques. Cette conception saugrenue provenait probablement de ce que, jusqu'ici, il n'existait en Belgique aucun traité flamand de géométrie démontrée ayant quelque valeur scientifique. Pareille situation n'est-elle pas indicative d'une aberration pédagogique qu'il est urgent de faire disparaître? Cette lacune sera vite comblée. Il existe d'ailleurs en Hollande des traités parfaits de planimétrie et de stéréométrie, qui sont parfaitement utilisables dans les écoles flamandes.

Quel service ne rendra-t-on pas à nos ouvriers flamands, en leur enseignant une nomenclature scientifique à leur portée? Désormais ils ne devront plus apprendre la technologie de leurs métiers respectifs à travers le brouillard d'une langue étrangère, qui empêche la vision nette des notions présentées. Lorsqu'ils auront à discuter une question technique se rapportant à leur spécialité, ils auront à leur disposition les termes exacts empruntés à la langue flamande ou dûment flamandisés. Alors seulement ils se trouveront placés sur un pied d'égalité avec leurs camarades wallons, et ils sortiront de cette infériorité professionnelle dont ils ont si cruellement souffert jusqu'ici.

Ces considérations nous amènent à proclamer qu'en pays flamand l'enseignement du quatrième degré devra se donner en flamand, ainsi que le veut d'ailleurs l'article 20 de la loi organique de l'instruction primaire, qui est ainsi conçu :

« Art. 20. — Dans toutes les écoles communales, adaptées ou adoplables, la langue maternelle des enfants est la langue véhiculaire aux divers degrés de l'enseignement.

(( Dans l'application de la règle ci-dessus, des tempéraments pourront être autorisés, selon les besoins des écoles, dans l'agglomération bruxelloise et dans les communes de la frontière linguistique. Ces tempéraments ne peuvent pas avoir

pour effet de nuire à l'étude approfondie de la langue maternelle.

« Les arrêtés ministériels d'autorisation seront publiés au Moniteur.

« La langue maternelle ou usuelle est déterminée par la déclaration du chef de famille. Si le chef d'école juge que l'enfant n'est pas apte à suivre, avec fruit, les cours dans la langue désignée par le chef de famille, un recours est ouvert à ce dernier auprès de l'inspection.

« L'inspection présente chaque année un rapport spécial ^ur l'application des dispositions ci-dessus. »

Dès que l'enseignement du quatrième degré et l'enseignement technique, dans la partie flamande du pays, auront été convenablement organisés et dotés d'une nomenclature adé- (|uate, les dérogations dont parle le deuxième alinéa de cet article 20 se feront plus rares, d'autant plus que l'on pourra enseigner les termes français en même temps que les termes flamands correspondants. Ces dérogations doivent d'ailleurs

inspirer uniquement de l'intérêt des élèves. Malheureusement, cet intérêt primordial doit parfois céder devant l'impossibilité où se trouvent les maîtres d'enseigner convenablement 11 flamand, à preuve la situation dénoncée par un inspecteur et dont M. le ministre des Sciences et des Arts s'est fait l'écho à la Chambre en donnant lecture du passage suivant d'un rapport de ce fonctionnaire : « Il existe quelques rares écoles qui font fi de la langue maternelle des enfants et qui donnent l'enseignement en français à des élèves flamands dès leur entrée à l'école primaire, parfois même dès l'école gardienne.

« Que penser de ce système, qui traite des enfants comme si, à l'âge de G ans, ils ne parlaient aucune langue? L'aspect des classes inférieures de ces écoles est des plus étrange et des plus pénible. L'institutrice la plus intelligente et la plus dévouée, mais ignorante de la langue des enfants, ne parvient jamais à dissiper l'atmosphère d'ennui et d'indiflerence qui les enveloppe. J'ai vu de ces leçons mornes et ridicules, et liaque fois j'ai fait saisir sur le vif qu'il suffit de parler la DE Paeuw. — L'Enseignement en Bels'iqno. 15

langue maternelle pour réveiller les esprits et faire vivre la classe. La plupart de ces enfants sont arriérés dans leurs études d'un, deux ou trois ans. Le système est déplorable pour l'éducation, pour la formation morale des élèves. »

Des situations de l'espèce sont de nature à exciter les esprits et à provoquer des généralisations souvent injustes. S'ils veulent sincèrement l'apaisement linguistique, les édiles des communes de l'agglomération bruxelloise et de la frontière linguistique, aussi bien que les directions des écoles libres de ces localités, auront à recruter un personnel dont la grande majorité soit parfaitement apte à enseigner en flamand aussi bien qu'en français.

Dès que ce résultat sera atteint, les maîtres n'auront plus aucune raison de ne pas se laisser guider uniquement par les intérêts pédagogiques des élèves.

Examinons maintenant la question de savoir à quelle époque pourra commencer, à l'école primaire, l'étude d'une seconde langue. Le problème a donné lieu à un important débat à la Chambre des Représentants, au cours des séances des 16, 21 et 22 janvier 1014.

Tout le monde s'est trouvé d'accord pour admettre qu'il peut être très utile d'enseigner la seconde langue nationale dans les écoles primaires. « Nous reconnaissons, disait M. Van Cauwelaert le 21 janvier 1914, à la Chambre, que, dans une certaine mesure, qui est variable d'après les localités, l'enseignement d'une seconde langue est nécessaire, et nous n'avons qu'un désir, c'est que cet enseignement soil donné le mieux possible '. »

Il se produisit pourtant des divergences au sujet de l'époque à laquelle doit commencer l'étude de la seconde langue.

M. Van Cauwelaert et consorts demandèrent que cette étude fût reculée au troisième degré et que la loi prohibât l'enseignement de la seconde langue aux deux degrés inférieurs,

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