‹ La reforme de l'enseignement populaire en Belgique. --Chapitre 40 sur 56 · Annales parlementaires, p. 5G · texte numérisé non relu

Annales parlementaires, p. 5G

il pas <le placer sous l'unique direction du Ministère des Sciences et des Arts toutes les œuvres d'enseignement qui se rattachent au but que nous avons poursuivi? Ce n'est é^ademment pas par un amendement que cette question peut être résolue; d'ailleurs, elle est plutôt du domaine de l'exécutif que de celle du législatif. »

M. Troclet fit observer alors que « les ministres peuvent d'ailleurs la résoudre entre eux »; et M. Poullet, ministre des Sciences et des Arts, ajouta : « En principe, nous som mes déjà d'accord. » Il s'agissait, en Tespèce, des classes ménagères; mais, comme en toutes choses, il n'y a que le premier pas qui coûte.

D'aucuns objecteront que l'enseignement professionnel a tout intérêt à garder le contact de l'industrie, et qu'il tendrait à devenir livresque si on le confiait au département des Sciences. Ils citeront même l'opinion de Bismarck, qui, en Prusse, s'était toujours opposé à une réforme analogue. Nous demandons pourquoi l'industrie pénétrerait moins bien cet enseignement si les bureaux du n^ 19 de la rue de la Loi, à Bruxelles, étaient rattachés à ceux du n° 10 de la même rue, au lieu de continuer à dépendre du Cabinet de la rue Lambermont ?

Les règlements n'ont qu'à prévoir, pour les écoles, des bureaux administratifs qui soient, non des comités de figurants où de graves messieurs fatigués tiennent toutes les places, mais des organismes agissants composés de compétences et ayant le droit et le pouvoir d'exercer une réelle action sur les établissements scolaires auprès desquels ils sont institués. D'ailleurs, si les syndicats professionnels s'en occupent activement, on peut être certain d'avance que l'enseignement y sera toujours strictement adapté aux nécessités de l'heure.

Le transfert des services de l'enseignement professionnel au département des Sciences et des Arts aurait le grand avantage de placer sous une même autorité le personnel qui, dans la plupart des cas, rend des services à l'enseignement

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primaire, à l'enseignement moyen et à l'enseignement technique, ainsi que les locaux qui servent souvent à deux usages et dont la construction pourrait désormais être comprise en fonction du double service qu'ils ont à rendre.

En outre, on obtiendrait plus aisément une meilleure coordination des programmes ; les méthodes s'unifieraient davantage, et la réforme se traduirait en dernière analyse par un gain appréciable de temps dans les études.

Jusqu'à ce jour, les administrations de l'enseignement professionnel et de l'enseignement primaire s'ignoraient complètement. Un rideau de fer était abaissé entre elles. Pendant quelque temps, elles s'étaient entendues pour faire donner en commun les cours préparatoires à la délivrance du certificat d'aptitude aux fonctions d'institutrice ménagère. Ce pont unique a été coupé il y a une vingtaine d'années, et depuis lors les deux départements organisaient des cours, d'après des programmes différents, l'un à Bruges et à Liège, 1 autre à Wavre-Notre-Dame, et délivraient des certificats qui présentaient cette particularité de n'être pas reconnus par le ministère d'en face. Cette situation baroque a souvent donné lieu à des confusions singulières et à des critiques acerbes au sein du Parlement.

Pour terminer, nous signalerons en faveur de notre thèse que l'enseignement technique supérieur dépend, depuis toujours, du Ministère des Sciences et des Arts. Malgré cela, ne s'est-il pas constamment inspiré des besoins sans cesse changeants de l'industrie et ne s'est-il pas, quand il le fallait, adapté aux nécessités du jour? Qu'aurait-il gagné à relever du Ministère de l'Industrie ?

On se trouve donc en présence de cette contradiction, que l'enseignement technique supérieur ne soufl're pas d'être rattaché aux Sciences et Arts, mais que cet enseignement au degré immédiatement inférieur s'étiolerait à ce contact î

Ne soyons pas dupes des mots, mais envisageons les situations telles qu'elles sont et sachons agir en conséquence.

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