‹ La reforme de l'enseignement populaire en Belgique. --Chapitre 49 sur 56 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

biles, aéroplanes, bateaux, — d'une part, et les a merveilles de la nature 9, d'autre part. C'est l'âge des occupations manuelles, de l'exploration, des expériences et des découvertes. Il est donc expédient d'exploiter ce goût, non seulement pour la formation technique, mais encore pour la formation générale.

D'aucuns estimeront que. dans l'étude du programme du 4'' degré, nous avons fait la part trop large à la partie pratique, et ils rompront une lance en faveur de l'enseignement général. Celui-ci n'est pas en péril. Par contre, si la partie pratique ne reçoit pas, au 4^ degré, des développements suffisants, tels que nous les avons prévus et tels qu'ils ont été indiqués par le Ministre lui-même dans son Exposé des motifs, nous courons le risque de voir nos 4"^ degrés dégénérer en écoles moyennes au petit pied, répandre le savoir livresque et constituer des pépinières de petits employés étiques au lieu de préparer des enfants capables de recevoir un enseignement technique approprié, soit à l'atelier, soit à l'école professionnelle.

Mais, de tous les problèmes que nous avons abordés au cours des pages qui précèdent, celui de la formation des instituteurs s'impose avant tous les autres. C'est la base sur laquelle repose tout notre système. Il est urgent de le résoudre. Une crise dinstituteurs s'annonce : transformons rapidement nos écoles normales et attirons-y le plus de recrues possible, et notamment les jeunes gens que, pendant toute une période, l'administration des Chemins de fer ne pourra pas absorber, parce que ses services ne fonctionneront pas aussitôt à traits complets.

Et, à cet égard, nous attirons une fois de plus l'attention des autorités compétentes sur la nécessité de former dans des sections normales techniques, agricoles ou ménagères, des maîtres et des maîtresses devant enseigner au 4« degré. Si ces maîtres, par un défaut de préparation, enseignaient aux enfants de faux maintiens et gestes ouvriers, des erreurs en technologie ou en culture, le ¥ degré serait irrémédiable-

ment voué à un échec complet, et la faute en retomberait sur ceux qui n'auraient pas osé adopter la solution radicale, parce qu'elle leur apparaissait trop hardie ou trop coûteuse.

Mais nous avons foi en l'avenir. L'instruction populaire a le vent en poupe. Chez tous nos voisins, en Angleterre, en France, en Hollande, partout se manifeste le besoin d'un enseignement solide des classes travailleuses, et les Allemands ne seront pas les derniers à perfectionner leurs écoles, pour ne pas se trouver en situation d'infériorité en face de leurs adversaires. Nous sommes entourés de peuples de haute culture; ne nous laissons pas dislancer par eux; ne leur servons pas de repoussoir intellectuel. Le mot est dur, certes; mais craignons de le mériter. Dernièrement, nous lisions dans un nouveau manuel néerlandais, où la géographie de notre pays était d'ailleurs traitée fort sympathiquement, cette phrase qui nous a profondément humilié : « De volksontwik- /celing staat niet hoog : 15 per 100 analphabeten. » (La culture populaire n'est pas élevée: 15 pour 100 d'analphabètes). Ce chiffre est évidemment exagéré, mais le certificat que Ton nous délivre est peu à notre honneur. 11 faut que d'ici dix ans il ne soit plus possible de porter sur nous des jugements semblables. Il faut que d'ici vingt ans nous soyons, comme nous l'avons déjà proclamé précédemment, le peuple le plus instruit de la terre. Placés aux confins de deux civilisations, nous participons aux qualités spéciales de chacune d'entre elles. Dans une certaine mesure, les Belges réunissent en eux l'esprit de finesse et l'esprit de géométrie dont parle Pascal : le premier, l'esprit de synthèse, est surtout l'apanage des Latins; il a des intuitions étonnantes et se distingue par les inventions et l'établissement d'hypothèses scientifiques; le second, l'esprit analytique, se plaît aux déductions savantes et méticuleuses; il est le propre des Germains et excelle en

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