‹ La réforme de l'enseignement secondaire (volume 2)Chapitre 3 sur 84 · AVERTISSEMENT DES EDITELKS. IX · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DES EDITELKS. IX

encore que des députés. Il n'est personne parmi les gens cultivés, aucun citoyen soucieux de notre avenir national qui n'y puisse trouver tout ensemble une instruction très substantielle et parfois un plaisir très délicat. C'est l'élite des esprits en France qui défile devant nous et vient déposer dans la plus grave comme la plus difficile des causes : la formation des générations nouvelles à la vie qui les attend demain.

Souvent on a vanté, et avec raison, les grandes enquêtes parlementaires qui se sont faites à toutes les époques de crise et se font périodiquement encore chez nos voisins d'outre-Manche. Chaque fois c'est tout un côté de leur vie sociale ou industrielle, ou politique qu'ils fouillent jusqu'au fond, et dont ils examinent impartialement et vérifient tous les ressorts. Celle que la Commission de la Chambre française vient, en quelques mois, de mener à bonne fin a la môme envergure et mérite d'éveiller parmi nous la même attention.

Il serait prématuré d'en vouloir au pied levé donner un résumé complet ou en déduire des conclusions générales. II y a là non seulement une statistique à faire des opinions émises, mais encore une appréciation et une classification de ces opinions qui demandera beaucoup de temps et de réflexion. II faut se contenter aujourd'hui d'une vue générale sur cet ensemble de documents pour en faire sentir la richesse et le prix.

On en jugera tout d'abord par l'étendue du questionnaire ou programme que la Commission s'était tracé avant de commencer ses travaux- Elle n'a rien voulu laisser dans l'ombre. Elle a fait porter la lumière de son enquête sur tous les coins et recoins du problème. Statistique comparative des élèves des établissements secondaires de

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tout ordn\ rapports do ronseignenient classique et de l'enseignement moderne, organisation de l'un et de l'autre, sanctions respectives, lien de l'enseignement secondaire avec le primaire et le supérieur, régime des lycées et collèges, internats, formation des professeurs, examens et baccalauréat, étude des langues vivantes, réforme des programmes et des méthodes, autonomie et décentralisation, etc. On voit que c'est toute une encyclopédie pédagogique, mais une encyclopédie parlée et vivante, à laquelle ont collaboré les hommes les plus illustres, les plus libres ou les plus compétents.

Faut-il citer des noms? Depuis les membres les plus distingués de l'Institut jusqu'aux professeurs les plus humbles et les plus méritants de nos collèges, on y trouve tous les noms qui honorent soit les lettres et la science françaises, soit la dignité professionnelle du professorat. On a tour à tour entendu MM. Gréard, Berthelot, Lavisse, Wallon, Paris, Boissier, Bréal, Jules Lemaître, Brunetière, tous ceux qui sont ou les défenseurs des anciennes humanités ou les promoteurs des idées nouvelles. Ajoutez-y des philosophes comme MM. Boutroux, Lachelier, Fouillée ou Séailles, des hommes politiques et d'expérience particulière, comme MM. Léon Bourgeois, Poincaré, Goblet, Ilanotaux, Buisson. Mais vouloir les nommer tous ce serait faire un dénombrement d'Homère. L'intéressant de cette enquête, c'est qu'à une déposilion dans un sens succède une déposition en sens contraire. Pour cette fois, les rangs des Grecs et des Troyens sont mêlés et confondus.

La Commission — et nous ne saurions trop l'en louer — s'est affranchie de toute idée d'exclusion et de tout esprit d'étroitesse. Si elle ne pouvait tout voir, elle a voulu tout entendre. Avec les représentants de l'enseignement

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