‹ La réforme de l'enseignement secondaire (volume 2)Chapitre 9 sur 84 · RÉGIME DES LYCÉES · texte numérisé non relu

RÉGIME DES LYCÉES

indiquée dans Tenquôte*. Il faut substituer à un organisme trop fortement centralisé qui paralyse toute initiative, qui faitde chaque lycée une entreprise de l'Etat, sans racines propres, sans personnalité véritable, un système plus large, plus souple et plus vivant. C'est une réforme nécessaire. Elle est, n'en doutons pas, difficile à réaliser. 11 ne faut pas seule ment modifier un organisme et des règlements, mais surtout changer des traditions et des habitudes.

Personne ne demande que les lycées puissent se gouverner à leur guise. L'État, qui paye les dépenses, doit rester le maître. Il y a peu d'empressement de la part des Conseils généraux à revendiquer la faculté d'entretenir des établissements d'enseignement secondaire. Les villes mômes, qui ont des collèges, sont trop disposées à se décharger sur l'État. C'est la tendance naturelle dans notre pays. Les ressources manquent aux départements comme aux communes. Puis, l'État accepte volontiers que les villes ou les départements aient toutes les charges; mais il ne leur laisse aucune initiative*. A Paris, on a créé pour les écoles primaires supérieures une Commission mixte qui fait des propositions au ministre, quand il y a des directeurs ou des professeurs

1. Voir notamment les dépositions de MM. Lavisse, L. Bourgeois et R. Poincaré. Appendice, p. 216, 268, 247.

2. Enquête, Conseil général de la Gironde, de l'AlIicr, etc..

à nommer. Mais le collège Rollin est administré comme un lycée, avec cette seule différence que c'est la Yille de Paris qui paye le déficit*.

Comment s'étonner que beaucoup de villes cherchent à rejeter sur l'État le fardeau des dépenses? Elles y sont d'autant plus incitées que l'État a pris h sa charge le personnel des écoles primaires, des écoles primaires supérieures, des Facultés, et que seuls les collèges communaux sont entretenus par les communes, avec l'aide de l'État.

Ce n'est pas à dire qu'on ne puisse intéresser les Conseils généraux au développement de l'enseignement secondaire. Ils ont presque tous répondu avec empressement aux questions qui leur ont été soumises et ils ont exprimé le désir que les rapports annuels des inspecteurs d'académie sur la situation de l'enseignement secondaire dans chaque département leur fussent communiqués. Mais, tant que les budgets départementaux resteront ce qu'ils sont aujourd'hui, l'État devra pourvoir aux dépenses de l'enseignement dans les lycées et, de plus en plus, à x^elles de l'enseignement dans les collèges communaux.

L'enseignement secondaire ne peut donc pas être décentralisé et il ne saurait être question de créer des établissements complètement autonomes. Mais,

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