‹ La réforme de l'enseignement secondaireChapitre 21 sur 67 · De même ceux d'Arbois et de St-Claude · texte numérisé non relu

De même ceux d'Arbois et de St-Claude

couvre la marchandise, et celle-ci est souvent de qualité très inférieure. Ces établissements comptaient près de onze mille élèves. Ils ont gagné à cette transformation de se rehausser aux yeux des familles et d'avoir plus de facilités pour recruter leurs professeurs. Tandis que les maîtres de l'enseignement primaire doivent justifier de certains titres de capacité, la loi n'exige aucune garantie des professeurs libres de l'enseignement secondaire.

On retrouve la même note dans les académies de Caen, de Chambéry et de Clermont. Le recteur de Dijon a remarqué que, partout où un directeur de collège a eu l'heureuse idée d'organiser un cours de trois années équivalante l'ancien enseignement spécial, il a conservé et môme accru sa clientèle. 11 en est de môme dans l'académie de Grenoble. Le Conseil général des Basses-Alpes est frappé du succès qu'obtiennent les collèges comme ceux de Manosque et de la Seyne, où les programmes de l'enseignement moderne ont été adaptés aux besoins de la région. Partout ailleurs, les collèges ont perdu une partie de leur clientèle. « Sur 80 enfants, écrit le principal du collège de Yienne, il y en a 50 qui ne veulent pas rester au collège pendant six ans. »

On relève les mômes plaintes dans l'académie de Lille. « Partout, dit l'inspecteur du Pas-de-Culais, les écoles libres ont organisé un enseignement moderne

qui se rapproche de l'enseignement primaire supérieur. Le plus souvent, les langues vivantes ont été remplacées par des cours de comptabilitér de chimie agricole... Il y a dans cette orientation déplus en plus marquée une indication dont nous pouvons faire notre profit. » Le recteur de Lyon tient à peu près le même langage. Celui de Nancy n'hésite pas à déclarer que l'enseignement moderne de six années convient aussi mal que possible au public auquel il s'adresse. Il juge « indispensable de revenir sur Terreur qui a été commise. »

Dans la région de Poitiers, l'inspecteur du département de rindre, favorable à l'enseignement moderne, est obligé de reconnaître qu'il a fait le vide dans le lycée de Châteauroux et dans les collèges.

« On ne saurait croire, dit-il, combien l'obligation d'apprendre d'une manière littéraire deux langues vivantes a fait perdre d'élèves à l'enseignement moderne de l'État. » Il conseille ce qu'il appelle un remède héroïque : réserver renseignement moderne aux grands établissements, rétablir partout ailleurs un enseignement plus adapté aux besoins des populations^ C'est aussi l'avis du recteur de Toulouse qui se défend pourtant de toute hostilité contre l'enseignement moderne. Il voudrait que cet enseignement ne fût donné que dans les lycées et dans les

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