‹ La réforme de l'enseignement secondaireChapitre 23 sur 67 · Enquête. Déposition de M. Poincaré. Appendice^ p · texte numérisé non relu

Enquête. Déposition de M. Poincaré. Appendice^ p

AVEîîIR DE L'ENSEIGNEMENT MODERNE. 63

seignement moderne. Ils se sont demandé si l'effort infructueux que font tant d'enfants pour déchiffrer quelques pages de latin et de grec était le meilleur moyen de pénétrer dans ces civilisations antiques, d'y puiser des leçons et des exemples. Pour une élite, capable d'arriver à lire dans leur texte les chefs-d'œuvre anciens, rien ne peut tenir lieu du contact direct avec ces chefs-d'œuvre. Mais faut-il déclarer incapables de recevoir une culture supérieure tous ceux qui n'ont pour les langues anciennes ni goût, ni facilité?

Aussi bien, l'enseignement moderne a déjà pris une trop grande place pour qu'on puisse le détruire. Là où il est bien organisé, où il ne se recrute pas dans les rebuts de l'enseignement classique, il donne des résultats qui ne sont guère inférieurs à ceux que peut donner l'étude du grec et du latin *. En revanche, quand on se trouve en présence de jeunes gens sortant d'établissements qui n'ont ni les méthodes de l'enseignement secondaire, ni les professeurs capables de s'en servir, on est effrayé de leur défaut de culture générale. Malgré ces inégalités, des hommes, comme M. Lavisse, qui ont été formés par la culture antique et qui n'ont pas vu créer l'enseignement moderne sans appréhension, sont deve-

1. Enquête. Voir les dépositions de MM. Espinas, Langlois, Baquet, Mercadier et l'avis de la Chambre de commerce de Paris.

nus ses défenseurs. M. Boutroux lui-môme, si atUiché qu'il soit aux études classiques, est d'avis de garder l'enseignement moderne dans les lignes principales, sauf à ménager quelques passages avec l'enseignement classique, par exemple en y introduisant le latin à titre facultatif. Ceux qui le voient à Tœuvre dans certains lycées sont frappés de l'animation, de la vivacité de cet enseignement. « Il y a là, dit le doyen de la Faculté des sciences de Paris, M. Darboux, une telle vie, qu'il serait malheureux de la détruire. »

Mais comment peut-on, sans détruire l'enseignement moderne, donner satisfaction aux collèges et aux Chambres de commerce qui réclament un enseignement plus pratique et de plus courte durée?

Nous pensons qu'il faut tout d'abord revenir à la division en deux cycles que M. Berthelot, en 1891, voulait si justement maintenir et fortifier*. Cette division est dans la nature des choses. Il est déraisonnable de ne pas mettre des étapes sur une route, quand on sait que la plupart de ceux qui s'y engagent n'iront pas jusqu'au bout. Le premier cycle se rapprochera, dans la plupart des collèges, des programmes de l'enseignement primaire supérieur- Dans les lycées où les élèves et les professeurs seront assez nombreux, on pourra organiser deux sections

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