DU PRIX DE U PENSION
difficile. Il s'est arrêté en 1885 au début de la crise agricole. Mais « c est à partir de 1890, au lendemain de l'augmentation des prix de la pension, que la diminution s'est accentuée ». Dans l'académie de Rennes « le taux de la pension et celui des frais d'études sont trop élevés. La situation a souvent ému les chefs d'établissements et les bureaux d'administration. Ces relèvements du prix de la pension ont été d'autant plus fâcheux qu'ils se sont produits au moment où les fortunes ont diminué ». Le lycée de Rennes, pour ne citer qu'un exemple, a perdu plus de la moitié de ses internes.
Enfin, la région du Nord, malgré son développement industriel, n'échappe pas au sort commun. Dans l'Aisne, dans les Ardennes, dans le Pas-de- Calais, dans la Somme, nous entendons s'élever les mêmes plaintes et les mêmes réclamations.
Qu'y a-t-il donc à faire?
Réduire, autant que possible, les frais d'études, de manière à permettre aux bureaux d'administration des lycées de réduire le prix total de la pension. En Prusse, les frais d'études, dans les gymnases, ne dépassent pas d'ordinaire 150 francs (120 marks). Aussi l'État et les communes supportent-ils une charge de près de 29 millions de francs (25 millions de marks) sur un budget total de l'instruction secondaire de 54 millions de francs (43 millions de marks).
Chez nous, les déficils des budgets des lycées ne dépassent pas 12 à 13 millions de francs. Ajoutez à cette somme ce que TÉlat paye pour les dépenses des collèges communaux et pour les bourses, nous sommes encore assez loin de la somme que la Prusse s'impose pour le budget de renseignement secondaire. Si renseignement, à tous ses degrés, est un grand service public, l'État doit naturellement prendre à sa charge la plus forte partie des dépenses de renseignement secondaire, comme il fait pour renseignement supérieur, sans aller toutefois jusqu'à la gratuité. ^ ^ Ce sera une charge de plusieurs millions. Mais on peut la diminuer par une meilleure organisation de l'enseignement dans les lycées. 11 y a beaucoup de forces perdues. On a créé trop d'emplois ; les chaires ont été multipliées sans qu'il y eût toujours nécessité de le faire. Dans certains lycées, la disproportion entre le nombre des élèves et celui des professeurs et des répétiteurs est tout à fait choquante. On peut citer tel lycée où le professeur de sixième qui est un agrégé, reçoit un traitement de près de 6000 francs pour faire la classe à quatre élèves. Dans le même lycée, le professeur de cinquième est aussi un agrégé. Il a cinq élèves. Quelle nécessité y a-t-il de ne mettre que des agrégés dans des lycées qui, par leur importance et le nombre de leurs