‹ La réforme de l'enseignement secondaireChapitre 7 sur 67 · AVA>T-PROPOS · texte numérisé non relu

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des professions libérales et des emplois publics, le régime auquel les examens et les concours soumettent la jeunesse n'a-t-il pas une influence déprimante? La tendance à modeler les esprits d'après un type uniforme ne contribue-t-elle pas à leur enlever quelque chose de leur originalité et de leur initiative?

Yoilà les questions qui sont agitées partout.

La crise n'est donc pas limitée à notre pays. Mais elle se compliqué, en P'rance, de la lutte toujours ouverte entre l'enseignement public et l'enseignement privé. Cette lutte a pris chez nous un caractère qu'elle n'a dans aucun pays, sauf qn Belgique. La liberté d'enseignement aboutit en France à un partage du monopole entre TÉtat et l'Église catholique. Les initiatives individuelles sont étouffées. Nous n'avons pas tous les bienfaits de la liberté et nous en avons tous les «inconvénients, pour ne pas dire tous les périls. La question de l'internat est devenue pour l'État une source d'embarras qui n'existent pas ailleurs, tout au moins au même degré. La question du baccalauréat, des grades universitaires, des concours d'admission aux écoles est d'autant plus vivement discutée chez nous que notre organisation sociale, notre amour des . fonctions publiques et les dispenses que la loi militaire attache à certains diplômes font plus vivement sentir les

inconvénients et le caractère artificiel de tous ces modes de sélection.

Faut-il ajouter que nous ne pouvons aborder les problèmes qui touchent à l'éducation sans une certaine inquiétude qui tient à. des causes plus générales? Ce n'est pas seulement l'éducation qui traverse, en France, une crise. Nous souffrons des contradictions qui existent entre notre état social et notre état politique, entre les habitudes d'esprit qui nous rattachent au passé et le besoin pressant que nous éprouvons de nous adapter à une existence nouvelle, entre nos aspirations nationales et les conditions de l'équilibre qui s'établit dans le monde, par suite des changements opérés dans la répartition des forces et du développement de la population. Ces incertitudes et ces contradictions ont obscurci, dans l'âme de la jeunesse, l'idéal p qui a servi de flambeau aux anciennes générations. I Nous avons le sentiment qu'un grand effort est \ nécessaire pour nous mettre d'accord avec nous- \ mêmes, pour garder notre rang et pour mainte- \ nir notre supériorité économique.

^ Nous a ccuso ns volontiers de nos propres défgtil- Ijances l'éducation que nous avons reçue, comme si l'éducation était le seul facteur du développement national, comme si elle n'était pas ellemême la résultante d'un ensemble de traditions et

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