AYANT-PROPOS
d'influences héréditaires. Cependant notre système d'éducation est, dans une certaine mesure, responsable des maux de la société française. La Révolution, qui a renouvelé tant de choses, n'a pas eu le temps de donner à la France un système d'éducation secondaire. Avec l'Empire, nous avons repris et nous gardons encore les cadres, déjà vieillis à la fin du xvin® siècle, d'un enseignement qui ne répondait plus au caractère et aux besoins du pays; c'est pourquoi la question de l'enseignement secondaire est encore à cette heure un des problèmes les plus complexes et, par certains côtés, les plus brûlants que nous ayons à résoudre.
L'œuvre d'une Commission d'enquête n'est pas de faire elle-même les réformes dont elle voit et dont elle montre la nécessité. Elle doit se borner à tracer les directions générales. Au Gouvernement il appartient d'étudier les réformes dans leurs détails et de ménager les transitions nécessairesr. L'organisation des lycées, les plans d'études, le baccalauréat ont été, jusqu'à ce jour, réglés non par des lois, mais par des décrets ou des arrêtés du ministre pris sur l'avis du Conseil supérieur de l'Instruction publique. Nous n'avons donc pas rédigé, de toutes pièces, un projet de loi sur l'instruction secondaire. Notre tâche a consisté à dégager des conclusions de l'ensemble de l'enquête. Avant de vous les commu-
nîquer, nous avons conféré avec M. le ministre de rinstruction publique, qui nous a prêté durant l'enquête son concours le plus empressé. Nous avons eu la bonne fortune de constater que sur beaucoup de points essentiels nous étions d'accord avec lui.
L'esprit dans lequel la Commission s'est acquittée de sa mission ressortira des conclusions mômes auxquelles elle est arrivée ; mais peut-être n'est-il pas inutile de mettre en lumière dans cette introduction les idées principales qui nous ont dirigés et de préciser les causes qui placent aujourd'hui l'enseignement public dans une situation difficile, vis-à-vis de l'enseignement privé. Hâtons-nous d'ajouter que ces causes ne sont pas de celles qu'une volonté énergique et persévérante ne puisse faire disparaître sansf porter atteinte [a la liberté d'enseignement. Nous voulons maintenir à l'enseignement public sa prééminence. Mais, pour y parvenir, il n'est pas besoin de recourir à des mesures d'exception. Il suffit de nous rendre compte des maux dont souffre l'Université, d'écouter ses plaintes et de lui donner les moyens qu'clli^ ré^Junie pour soutenir la concur- '^mcfîdô ses rivaux.