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Uniment complexe, les méthodes de stérilisation dont les médecins sont déjà bien revenus quand il ne s'agissait que du lait de vache, chose relativement simple. Ne nous exposons pas à tuer les germes heureux plus sûrement encore que les autres.
La critique négative appauvrit les intelligences; et comme elle ne donne pas volontiers ses raisons et procède d'autorité, elle incline les esprits à la servitude. Car il y a une servitude intellectuelle qui n'est ni héréditaire ni physiologique, mais scolaire. Toutes nos leçons doivent être calculées pour en affranchir nos élèves, non pas pour les y ravaler.
Ce qui est vrai de la composition ne l'est pas moins des autres exercices ; ce qui est vrai d'une leçon est vrai des autres leçons. Il ne faut pas commencer par détruire, il faut commencer par créer. Il ne faut pas se proposer avant tout de retenir, de contenir, de brider- l'enfant ; il faut l'encourager, le stimuler et le guider.
Un point que je ne puis omettre, c'est l'abus des notes. Depuis que les examens de passage ont été supprimés, la discipline des études, bien loin d'en être plus libérale, s'est resserrée, est devenue rigide comme un moule de plàtie. Les notes de Tannée ayant pris une importance extrême, on les a multipliées. Chaque interrogation, chaque devoir compte pour la promotion, contribue à l'échec. Ce système de contrôle méticuleux fausse renseignement. Il est funeste pour la libre expansion de l'intelligence et pour la formation de l'individualité. Entretenez vos élèves, si vous le voulez, des beaux traits de l'histoire et des
giancles scènes de la nature, de la justesse d'un raisonnement de mathématique ou de l'élégance d'une construction latine ; qu'y a-t-il pour eux au bout de tout cela ? 11 y a une note d'histoire, une note de géographie, une note de géométrie, une note de latin. Tout aboutit à cela. L'enfant « travaille pour la note ». Gomment ferait-il autrement ? La note, n'est-ce pas la seule chose nécessaire ?
On ne mesure pas les conséquences de ce système. C'est chose malaisée, même dans des circonstances favorables, que d'amener l'enfant à l'intelligence de son véritable intérêt. N'est-ce pas là, pourtant, la première tâche du maître ? Gomment a-t-on pu se résoudre à la rendre si difficile qu'elle en devient presque chimérique ?
Récemment, M. Zschokke réclamait au Conseil national contre l'étroitesse du régime que l'on a établi peu à peu à l'Ecole polytechnique fédérale. Presque en même temps, M. Appell faisait entendre une protestation semblable en parlant de l'Ecole polytechnique française. S'il leur paraît dangereux d'opprimer l'initiative et la liberté d'esprit des étudiants par la minutie des programmes, la multiplicité des répétitions et des interrogations, par la rigueur policière du contrôle des études, le mal est bien plus grave encore flans l'enseignement secondaire. On devrait encourager l'initiative des élèves, les pousser à des efforts personnels, leur donner le goût de la recherche, où les erreui-s même sont fécondes, parce qu'elles sont des expériences et qu'on y apprend la discipline de l'esprit. Au contraire, on les fait marcher en colonne,
dans une ornière si profonde qu'ils y enfoncent, qu'ils ne découvrent aucun point de vue, qu'ils ne commandent aucun horizon. Ce que l'enfant aperçoit, c'est le détail de l'administration, c'est la comptabilité scolaire. Et combien cela est compliqué ! Et combien cela est et restera toujours arbitraire parce que artificiel ! Chacune des notes principales est une synthèse bonne k faire pâlir d'envie nos chimistes les plus renommés. 11 y a la note de composition, la note de dictée, la note de récitation, la note de lecture, la note de grammaire, quesais-je encore... Tout cela se combine dans des proportions variées ; il y a des fractions. La note générale, à son tour, se compense avec d'autres notes, dans les branches essentielles. Et il faut obtenir la moyenne, soit dans les branches essentielles combinées ensemble, soit dans l'ensemble des branches. Et les notes trimestrielles se combinent pour faire la note de l'année. Et les notes de la dernière année ou des sept derniers semestres se combinent avec les notes d'examen pour faire la note du baccalauréat.
Ce système est faux et nuisible. 11 est faux parce qu'il ne conduit pas à une appréciation équitable de la valeur intellectuelle et des progrès de l'élève; nous entendons dire et répéter que les première de classe, les forts en thème, demeurent souvent des médiocres. Ne sent-on pas l'amère critique qu'il y a dans cette remarque ?
Ce système est nuisible parce qu'il fait perdre de vue au maître le but de l'enseignement et aux élèves le but des études. 11 favorise le travail machinal, l'indifférence intellectuelle et l'inertie morale.
Nous n'en verrons la fin que du jour où le système dit des classes mobiles ou du cours gradué sera introduit dans l'enseignement secondaire. La note sera moins une récompense ou un châtiment ; on y verra mieux la constatation des progrès ou des retards de l'élève, parce qu'elle aura pour sanction le changement de classe, non seulement à chaque trimestre, mais au cours du trimestre. L'enfant ne se sentira plus lié à la caravane ; il dépendra de lui à chaque instant d'avancer ou de reculer et le but de ses efforts sera un but prochain, deviendra concret, restera constamment présent à ses yeux. La note sera le résultat d'une suite d'efforts; le maître se dispensera d'évaluer chaque copie, chaque interrogation, chaque préparation. Je ne serais pas éloigné de penser que la note pourrait être supprimée dans beaucoup de cas et remplacée par une appréciation motivée que les parents comprendront beaucoup mieux et qui les instruira des dispositions et des aptitudes de leur enfant.
La note, actuellement, a le grave défaut de ne rien expliquer ou de ne pas expliquer ce qu'il faut. Elle dit : votre fils est faible. Elle ne dit. pas : c'est par inattention, par incapacité, par manque d'intérêt pour tel objet.
La note a quelque chose de brutal et d'absolu. C'est un verdict, ce n'est pas un conseil. L'appréciation raisonnée, motivée, vaudrait beaucoup mieux ; elle serait envoyée tous les quinze jours, et les maîtres se tiendraient à la disposition des parents chaque semaine à une heure déterminée, pour leur expliquer, textes et copies en main, le fort et le faible de leur enfant, et
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pour les conseiller, s'ils en exprimaient le désir, dans la direction de ces jeunes esprits. Sans doute, il faudrait que le maître eût l'expérience de l'éducation et une» connaissance raisonnée des méthodes. Je toucherai ce point tout à l'heure en traitant de la préparation professionnelle du personnel enseignant.
On m'a fait cette objection : Nous verserons dans l'arbitraire.
— En vérité, je ne vois pas ce qu'il y a de plus arbitraire dans un jugement motivé que dans une évaluation numérique.
— Vous compliquez à plaisir le travail des maîtres.
— Je tâche de le rendre moins mécanique, moins artificiel, et pour tout dire, moins pédantesque. Quand les élèves ne se sentiront plus traités comme des quantités algébriques, ils comprendront mieux que leurs maîtres sont des êtres humains. Au régime de la défiance et même de la guerre, qui n'a pas encore disparu partout, succédera celui de la collaboration.
Au surplus, l'appréciation ne serait point si malaisée. On la fonderait sur une impression d'ensemble et sur des travaux spéciaux qui seraient des travaux à? application.
Vous demandez, mon jeune ami, à passer de cinquième en quatrième pour l'allemand? Voilà une intention louable. Nous avons pris l'avis du maître. Vous êtes laborieux et consciencieux. Nous ne vous demanderons pas ce que vous savez ; épargnez-vous les répétitions hâtives, tout le gavage des préparations d'examens. Montrez-nous de quoi vous êtes capable. Voici un texte que vous n'avez jamais vu. 11 est à la
portée d'un élève de quatrième. Qu'allez-vous en tirer ?
C'est l'affaire de dix minutes. Le directeur, le maître, un collègue, ou peut-être l'inspecteur scolaire..., le père, s'il désire assister aux épreuves — on ne les y invite pas assez * — il n'en faut pas davantage.
— C'est en revenir aux examens.
— Non pas. Les examens étaient un but trop éloigné. On s'y préparait dans les derniers mois, à la bourrée. Ils n'étaient d'aucun profit pour l'éducation intellectuelle ni pour l'éducation morale.
Leur suppression a été un bien. Mais on ne les a remplacés que par le carnet de notes et le bulletin, c'est-à-dire par un système tout aussi artificiel et beaucoup plus déprimant parce qu'il agit de façon continue. Plus d'air, au nom du ciel, plus de jeu aux entournures ; et s'il faut absolument qu'on borne l'éducation à des procédés de dressage, je demande que ce soit au moins le dressage en liberté.
Changeons le mode des interrogations et le régime de la taxation scolaire. L'interrogation doit être perpétuelle parce qu'elle est une méthode d'enseignement et l'une des meilleures quand elle est pratiquée, avec intelligence. Mais elle ne convient point pour juger l'enfant. Pour juger sainement de l'élève, il ne iaut pas lui demander ce qu'il a appris, mais ce qu'il
1. Sur les rapports de l'école et de la famille, dont je ne puis traiter ici, voir ce qu'on fait dans le Danemarck, en Angleterre, en Suède, en Finlande, en Allemagne: Dugard, De ta Formation des maîtres de renseignement secondaire, pp. 116-119. Paris, Colin, 1902.
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a compris, c'est-à-dire ce qu'il sait faire, de quoi il est capable.
Là, comme partout, nous avons fait une demi réforme, une réforme négative. Nous avons aboli l'ancien état de choses sans organiser l'état de choses nouveau. Et au lieu d'une institution libérale propre à former des âmes libres, nous avons un régime où l'on réalise cet étonnant paradoxe d'unir les inconvénients de la rigueur géométrique à ceux du hasard et de l'incohérence.
J'ai essayé d'esquisser à grands traits le rôle de l'enseignement dans l'éducation morale. Il me reste à dire quelques mots de l'influence personnelle des maîtres et des règlements de discipline.
Depuis quelques années, nous avons fait des progrès dans la vie scolaire. 11 me souvient d'un temps où, la classe terminée, maîtres et élèves redevenaient aussi étrangers les uns aux autres que le sont des voyageurs réunis fortuitement dans un compartiment de chemin de fer. Le coup de chapeau réglementaire était le seul indice de leurs relations.
Aujourd'hui des bandes joyeuses parcourent les villes et les montagnes ; les courses scolaires sont devenues une coutume, presque une règle. On conduit les élèves dans les musées, dans les fabriques ; on fait avec eux des excursions botaniques ; on leur offre des séances de projections lumineuses ; on les mène au théâtre ; on leur fait des conférences ; ils ont leurs concours, leurs prix et même leurs spo ?ts ; à l'Ecole industrielle cantonale, ils ont leur journa \
Voilà beaucoup d'innovations. Nous en plaind ons-
nous? J'entends quelques voix qui murmurent : sous prétexte d'égayer l'enseignement, on l'énervé. On distrait les élèves ; constamment on les détourne de leur tâche ; on cède à la mode absurde et malsaine qui fait de nos enfants nos maîtres ; on leur donne une fausse notion de la vie, qui n'est point un perpétuel amusement, et du devoir qui n'est pas toujours aimable, ni toujours récompensé.
11 y a du vrai dans ces observations, ou plutôt il y aurait du vrai si l'on ne cherchait qu'à divertir les élèves. Peut-être bien fait-on quelquefois un emploi peu judicieux des plaisirs les plus légitimes. La faute en est, me semble-t-il, à la famille bien plus qu'à l'école.
Je ne connais pas de cas où les récréations scolaires aient nui sensiblement à l'instruction. C'est, d'ailleurs, chose malaisée à constater. Par contre, il y a deux avantages considérables.
Le premier, c'est le profit intellectuel de l'élève. Il n'y a pas de course scolaire qui ne puisse servir à l'instruction ; il n'y en a pas dont on ne puisse fixer l'itinéraire de manière à faire remarquer aux jeunes touristes des objets qu'ils ne connaissent que par les livres. Ces expéditions doivent être calculées dans ce but. Nous avons la montagne et la vallée, la flore, les travaux d'art, la variété des langues, des mœurs, des habitations, les monuments du moyen-âge, les vestiges de l'antiquité ; que n'avons-nous pas ? Une excellente coutume de l'Ecole industrielle cantonale est de faire préparer la course par les élèves et de leur en faire ensuite rendre compte. Il faudrait les appeler, non
seulement à proposer des itinéraires, mais encore à étudier les particularités intéressantes, à chercher à l'avance ce qui mérite d'être vu. A cet égard nous sommes en bonne voie.
Le second, et, ta mon avis,' le meilleur avantage des délassements scolaires, c'est le commerce des maîtres et des élèves. On ne saurait trop insister sur ce point. Mais il est d'une telle évidence que je le tiens pour acquis, au moins en théorie. Et l'on peut espérer que, de la théorie, nous passerons de plus en plus à la pratique.
Les jeunes gens sont plus sensibles que les hommes aux marques d'intérêt parce qu'ils ne connaissent pas encore tout ce que peut dissimuler un sourire, un geste de courtoisie ou une parole aimable. D'ailleurs c'est leur droit de compter sur leur maître et d'attendre de lui autre chose que des rebuffades quand ils lui demandent un conseil, une indication pour leurs études, un peu de bienveillance. En général ils se montrent reconnaissants de la sympathie qu'on leur témoigne et l'on ne saurait dire qu'ils en abusent.
Ce qui arrive naturellement dans les sorties annuelles ne pourrait-il se faire tout aussi naturellement dans les multiples occasions de la vie scolaire? On ne peut rien prescrire à cet égard, mais il ne sera pas inutile de rappeler aux candidats à l'enseignement que le maître a des obligations professionnelles aussi peu précises et aussi certaines à la fois que celles du médecin, de l'avocat ou du pasteur.
L'utilité des rapports personnels du maître et des élèves est de les lui faire connaître individuellement.
je n'ose pas dire entièrement; qui oserait se flatter de pénétrer entièrement un caractère? Mais enfin le commerce personnel est la condition de l'influence féconde, de celle qui prévient le châtiment en prévenant la faute, qui incline les volontés sans les briser et ouvre les esprits sans les mutiler.
Nous serons condamnés à exercer la discipline répressive tant que l'influence des maîtres sur les élèves ne sera pas suffisante pour la rendre superflue, et l'influence du maître demeurera insuffisante aussi longtemps qu'elle restera isolée, qu'il n'y aura pas action commune et concertée. Le défaut que je signale est général.
Nos établissements d'instruction ne sont pas inférieurs en cela, que je sache, au lycée français ou aux gymnases allemands. Mais j'ai l'ambition de voir mon pays à la tête des autres. Il y a été ; il est à la veille de se laisser dépasser.
Gardons-nous de dicter au maître ses paroles et ses actes. Ce qu'il dit et ce qu'il fait doit venir de luimême. Sa bienveillance prendra autant de formes qu'elle aura d'occasions de s'exercer. Mais elle s'exercera toujours dans le même but. Ce but, il faut le concevoir nettement. C'est de connaître le jeune homme pour agir sur lui. Qu'on ne m'accuse point de prêcher l'abandon, ni la familiarité déplacée, ni la cordialité de parade, ni la fausse bonhomie; ce serait montrer qu'on n'a pas compris. 11 faut beaucoup plus de fermeté dans le régime libéral que dans la routine machinale.
Le souvenir de Javelle, l'enthousiasme qu'il excitait
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surviT- s. ip/w vL.zt a. - tons Li mémoire de tous ses
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Con^tiV^ un Jviixê Lomme, qu'est-ce que cela? C"**^t. ai î:^i -îe j*i£ •-' >om^yiLrement sur quelques faî*-. et géné:-tl-'.i-at -ur les actes répréheosibles. démé>r -^ d:-p j-nou- inteueetuelles, ses goûls. ses cap fi'és. C'e-L en secon i lieu, discerner les mobiles qui > for:* a^rir et par lesqueN on a prise siu* lui.
Les ►rreiirs proîon ie> de la pédagogie morale vienn»*?:t du retard le la psychologie individuelle. Mais où e-t le hbjratoiiv* d^ la psychologie individuelle, si ce n'e-t à l'Ecol-?
Appliquer le in-ine traitement au timide et à l'in- ^••îi-ibîe. à reniant qui vit beaucoup par l'imagination et à olui qui est. comme on dit. « tout en dehors, '■> cV-i- employer de< remèdes pires que le mal.
On se trompe si aisément dans l'élude des caractères que la collaboration y est indispensable. Deux avi> valent mieux qu'un, en pareille matière, et trois ou quatre; avis valent mieux que deux. Les discussions de nos conférences «le collèges rendent à renseignement d'utiles services. Elles en rendront de précieux le jour où Ton y abordera sérieusement les questions d'éducation morale pour « individualiser la discipline >, comme on propose, en droit pénal, d'individualiser la peine.
Le rapprochement que je viens de faire n'est pas du pur paradoxe. Le règlement de discipline est beaucoup trop un code des délits et des peines. D'une
part nous encourageons trop peu; d'autre part, nous punissons trop souvent et trop uniformément. Cette question nous entraînerait bien loin ; force nous est de nous limiter ; je me borne à toucher trois points : la punition, les encouragements, le traitement des réfractaires.
On a dit que l'Ecole industrielle cantonale avait aboli les punitions*. Erreur profonde. Dans le régime qui y est institué, certaines pénalités, la retenue par exemple, ont disparu. On y a renoncé par la simple raison qu'elles faisaient plus de mal que de bien. Parents, et vous, chers collègues, rassurez-vous: on punit encore à l'Ecole industrielle. Seulement on punit moins et on tâche de punir autrement, qu'au temps jadis. La punition est un moyen d'action parmi plusieurs autres. Dans chaque cas on s'efforce de choisir le plus efficace. Tout délit, en effet, doit être envisagé comme un cas particulier. Chercher la cause pour employer le meilleur remède, telle est la nouveauté, si c'en est une ; n'est-ce pas plutôt la vieille maxime de tous les éducateurs? L'un des plus vilains défauts de l'écolier c'est le mensonge, la tricherie. Mais il y a plusieurs sortes de mensonge. Les uns mentent par timidité, par peur. Frappez-les rigoureusement, vous les affolez; ils mentiront toujours davantage. Beau résultat, en vérité! D'autres mentent par jactance;. Faites qu'il y ait une opinion dans la classe et qu'on n'admire plus celui qui joue un tour au maître, vous
!. On trouvera les détails dans la Xotiro historique sur l'Ecole industrielle cantonale. Lausanne 1002, pajr. 20i-*232.
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supprimez le mobile du menteur et du même coup le mensonge.
Je crois inutile de multiplier les exemples. La punition est plus souvent un aveu d'impuissance qu'un procédé pédagogique. Et le malheur c'est qu'en recourant à de pareils moyens on se dispense d'en chercher d'autres qui auraient une action durable. Ainsi. on néglige les occasions de faire voir le prix qu'on attache à l'effort loyal, à la franchise, à la bonne camaraderie et avant tout au sentiment du devoir. Combien le blâme aurait plus de force si l'on était moins avare de l'éloge! Se figure-t-on que les élèves ne sentent rien? Pourquoi n'encourage-t-on pas avec plus de bienveillance l'effort intellectuel et l'effort moral? Pourquoi ne montre-t-on pas à l'élève, même à l'élève arriéré, que l'on remarque ses lents progrès? Au Collège cantonal il y a, me dit-on, un prix fondé par M. le docteur César Roux, pour celui qui a fait le plus de progrès dans l'année, fût-il parmi les derniers. Heureuse innovation! Voilà de la saine pédagogie. Faudra-t-il que les médecins, non contents de triompher dans leur art, nous enseignent encore le nôtre'?
Le but du cours de morale créé récemment à l'Ecole industrielle et au Collège cantonal est de grouper, de concentrer les éléments de la discipline éducative. J'en ai traité ailleurs et n'y reviens ici que pour mémoire. On ne fait ni la théorie du devoir, ni l'exposé systématique de la morale. Puiser sa matière dans le livre d'or de la race humaine et dans la réalité quotidienne de la vie scolaire, exercer l'enfant aux émotions généreuses, l'habituer à se juger lui-même en se
comparant avec les modèles, éveiller en lui par l'admiration et par la sympathie le sens de cette beauté supérieure de Pâme sans laquelle tout le reste n'est qu'un vain décor, si l'entreprise en est délicate, n'estelle pas, du moins, fructueuse et digne d'un sérieux intérêt ?
Mais les réfractaires ? Que ferez-vous, nous dit-on, de ceux qui musent et s'amusent, qui échappent aux influences bienfaisantes, répugnent à l'étude, ignorent le devoir et organisent l'hostilité ?
Des ingouvernables, je conviens qu'il y en a. Ce qu'il faut en faire? Nous prierons les parents de le demander à leur médecin. On oublie trop qu'il n'est pas de fait sans cause. Si les effets échappent à nos moyens d'action, c'est que les causes sont d'un ordre qui ne nous appartient pas. Seul, le médecin pourra discerner si le cas est accidentel 1 ou s'il tient à des dispositions organiques ; seul il pourra faire l'anamnèse et parler avec une autorité suffisante. 11 y a une contagion morale. Notre devoir est d'en préserver nos élèves. Gomment donc ! On veut opérer une sélection préliminaire et la continuer d'année en année, et Ton fermerait les yeux avec complaisance sur le vice rédhibitoire, sur l'incapacité morale, plus grave cent fois que l'ignorance de la grammaire ou des quatre opérations? Et l'on s'épuiserait dans une lutte stérile qui compromet la marche de la classe et le renom de rétablissement tout entier ?
I. Voiries cas rapportés par M. Herzen dans ses Causeries physiologiques. Voir aussi Maurice de Fleury : Le Corps et VA me de l'enfant.
Dans nombre de cas où la discipline actuelle échoue ou ne fait que du mal, on ramènera Tentant par une discipline à la fois plus ferme, plus active et beaucoup plus bienveillante. On obtiendra des résultats encore meilleurs en établissant des rapports et des liens entre l'école et la famille. Mais il y a des cas rebelles. On rencontre, dans la société humaine, des goujats essentiellement indécrottables, des âmes en qui la bassesse et la félonie semblent congénitales. Cependant on on découvre fort peu parmi les enfants. Et s'il m'étai' permis de contredire quelques savants des plus re nommés, je dirais que les progrès des sciences psy chologiques nous amèneront à expliquer par les cause actuelles, c'est-à-dire par les influences sociales et pai les circonstances de la vie, une foule de cas et de faits que Ton rapporte aujourd'hui à l'hérédité. Mais entif il y a parfois, dans la population scolaire, des sujet! morbides, des névrosés, des malfaisants, des brutaux On les éliminera sans violence, mais résolument.
Le consilium àbeundi ne doit plus être un châtiment ni, à tout prendre, un déshonneur. Mais il faut le don ner sans hésitation et sans délais trop prolongés quan un élève ne peut décidément s'adapter à un régim d'activé bienveillance et de ferme douceur. Ce qi convient à celui-là, c'est un changement de milieu, lieu, d'occupations, d'alimentation, que sais-je, tout cas, un traitement spécial. L'école ne saurait h offrir ce qui lui est nécessaire. Qu'elle devienne d plus en plus un établissement d'hygiène intellectuel! et morale ; qu'elle ne soit jamais une clinique.