CHAPITRE PREMIER
Les Vaudois ne font pas de grandes révolutions parce qu'ils en font constamment de petites. En moins d'un siècle, ils ont changé cinq fois leur Constitution. Chaque fois ils ont remanié leur institution scolaire. Partout ailleurs, une telle instabilité serait la ruine des études. Elle l'eût été chez nous si Jean-Louis n'était le moins aventureux des hommes. Pour le mettre en branle, une impulsion forte ne suffit pas, il faut une impulsion générale. Et même quand il révolutionne, il se garde de bouleverser. L'enseignement secondaire, réorganisé par les lois de 1834 et 1837, de 1846, de 1860, te 1892, de 1900, s'est développé, somme toute, dans une ligne continue. A part une courte période qui suint la révolution de 1845, nous constatons un relève-
ment progressif des traitements, l'enrichissement des programmes, l'accroissement de la population scolaire et même la diminution du nombre des absences.
Par contre, ce qui est très caractéristique, c'est qu'on ne se préoccupe en aucun temps d'établir un plan d'ensemble. On ajoute, on retranche, on corrige, suivant les nécessités du moment; on ne redoute pas les combinaisons compliquées : elles permettent de ménager les intérêts locaux et de satisfaire aux besoins urgents, en un mot de réparer le vieil édifice sans creuser jusqu'à ses fondations. Le législateur a moins commandé qu'obéi. Il a obéi à la force des choses. Stapfer, ministre des arts et sciences sous le régime de la République helvétique unitaire, est le seul qui ait élaboré de toutes pièces un projet complet d'organisation de l'enseignement secondaire, projet hardi et original, qui devançait singulièrement les temps. Il ne put le mettre en œuvre. Nos institutions scolaires n'ont pas été transformées par l'application d'un système mais par des adaptations successives aux conditions politiques, sociales et économiques du pays. Il n'est guère de nation où ces adaptations aient été plus spontanées, se soient faites avec plus de souplesse et moins de heurts .
Notre histoire scolaire offre ainsi deux aspects bien différents. Pour ceux qui la regardent du dehors et qui s'en tiennent aux dates principales, elle consiste en une suite de commotions plus ou moins violentes et tout y semble constamment remis en question. En pénétrant dans le détail on aperçoit sous l'incohérence apparente une évolution presque régulière dont nous
pouvons après coup démêler les causes et les phases importantes. On aurait tort de croire qu'elle s'arrêtera, car les conditions sociales qui la déterminent sont elles-mêmes en perpétuel changement. Renonçons une fois pour toutes à cette idée qu'il y a des types scolaires définitifs, qu'on ne réforme une école ou un enseignement que pour n'avoir plus à y toucher et que l'immutabilité leur est indispensable. Cette conception, démentie par tous les faits, n'a de respectable que son antiquité. Elle est bonne à rejoindre la théorie de la fixité des espèces dans l'arsenal des vieilles erreurs. Les changements qui nuisent à l'école sont les changements brusques; sa vraie stabilité c'est la continuité du mouvement : non pas le repos, mais l'équilibre. Ce que nous faisons aujourd'hui sera changé demain et devra l'être; mais nous n'avons pas charge des siècles futurs, ce que nous faisons aujourd'hui, nous le faisons de notre mieux et pour notre temps.
Notre peuple n'est point amateur de systèmes, ni quêteur d'absolu. Une série d'adaptations, voilà, je le répète, toute notre histoire scolaire. Mais ces adaptations s'enchaînent, forment une trame. En considérant cette évolution, on voit se dégager trois ou quatre faits dominants. 11 faut nous y arrêter et les bien regarder. Tout le reste, en comparaison, est d'importance secondaire. Ils nous permettront d'éclairer le présent à l'aide du passé et de fonder quelque pievisions.
Le premier fait, c'est la transformation du rôle de l'enseignement classique. Pendant le premier tiers du
siècle il n'y avait encore, à peu de chose près, aucun autre intermédiaire entre l'école primaire et l'Académie. Jusqu'à la fin du XVIII e siècle, les classes se firent en latin 1 - Ce qu'on appelle aujourd'hui le raccord des divers degrés de l'enseignement n'existait pas. Tous ceux qui désirent pousser leurs études au delà du maigre programme de l'école primaire suivent les classes latines. La plupart, probablement, s'en tenaient là, ils auraient été embarrassés de continuer! Les programmes ne concordaient pas. A Payerne, par exemple, le collège comprenait deux classes. On y enseignait la religion, le latin, le grec, l'arithmétique et la géométrie, la géographie (surtout la géographie ancienne), la mythologie et le dessin 2 . A Vevey, nous trouvons en plus l'écriture, l'orthographe, les éléments de la grammaire française et l'histoire 3 . Les élèves de ce collège pouvaient entrer directement dans l'auditoire de belles lettres à Lausanne. Mais Vevey occupe une place à part dans notre histoire scolaire. Ailleurs, il semble que les collèges aient eu pour principal office de compléter l'instruction primaire. Les parents qui désiraient préparer leurs en-
1. Cf. Àrchinard, Histoire de l'instruction publique dans le canton de Vaud.
2. Notice historique sur le Collège-Ecole supérieure de Payerne, par P. Margot, directeur. Payerne 1901.
3. Vevey eut, dès 1807, la section ou école française de son collège. Le développement des institutions scolaires de Vevey est fort intéressant. On y trouve une tradition d'autonomie et une initiative dont les Veveysans nous donnent encore la preuve en ce moment. Voir la notice de MM. H. Godet et Recordon.
fants pour les études supérieures les envoyaient à Lausanne, au Collège académique, devenu plus tard le Collège cantonal.
Voilà le point de départ. De cette époque à la nôtre, deux grands changements se sont produits. Le premier est dû à la loi de 1834, qui institue l'enseignement que l'on appelle aujourd'hui moderne ou scientiiique.
« Article premier. Les écoles moyennes ou industrielles sont destinées aux jeunes gens appelés à donner plus de développement à l'instruction qu'ils ont reçue à l'école primaire sans faire toutefois des études scientifiques proprement dites. »
De 1837 à 1841 dix écoles moyennes furent créées dans le canton. L'enseignement secondaire comporta dès lors deux types, dont le second, le type nouveau, fut accueilli dès le début avec beaucoup de faveur. Mais les classes latines demeurèrent la seule filière qui conduisît aux études supérieures. Gela était convenu expressément. Ce rôle qu'elles n'avaient guère joué jusqu'alors, elles le jouèrent de plus en plus. Bans ce but on établit une concordance entre les classes des collèges communaux et celles du Collège cantonal et l'on coordonna les programmes. C'était un changement d'orientation.
Le second changement date de la loi de 1869. Les études classiques qui avaient cessé d'être le seul et même le principal complément des études primaires cessent d'être la seule préparation aux études supérieures. Dans l'exposé des motifs, les auteurs de la loi
proposaient c d'organiser les études réaies et scientifiques à égalité déposition avec les études classiques et, pour'cela, de créer une école industrielle cantonale, recevant les élèves à l'âge où le collège les reçoit et les conduisant sans interruption à une école cantonale technique où l'ingénieur puisse faire toutes les études de sa profession. »
Les progrès du commerce et de l'industrie rendaient cette extension nécessaire. Les écoles moyennes, qui s'étaient fort heureusement développées, ne devaient plus aboutir à une impasse. Nous examinerons , tout à l'heure les dispositions par lesquelles les lois de 1869, de 1892 et de 1900 ont assuré à l'organisation des écoles industrielles un complément indispensable. Voyons quelle est aujourd'hui la situation de l'enseignement classique.
11 n'a rien perdu de ses droits. Mais il n'a plus de monopole. L'égalité de position dont on avait parlé devient toujours davantage une réalité. En traitant de l'enseignement réal, nous chercherons quelles garanties il conviendrait d'assurer dans cette utile concurrence de r humanisme classique et du réalisme scientifique qui peut avoir les meilleurs effets pour les progrès de l'instruction. Ce qui ressort clairement de notre histoire, c'est que le but aujourd'hui assigné aux établissements d'instruction classique est de préparer les élèves aux études supérieures. Leur mission est de rester fidèles à eux-mêmes, humanistes, c'est-à-dire préoccupés de l'éducation de l'esprit et, classiques, c'est-à-dire soucieux d'ouvrir à leurs élèves les sources de la civilisation gréco-romaine. Ces
en ce sens, j'imagine, qu'il faut interpréter la loi :
Art. SI. Le Collège cantonal a pour but de préparer les élèves aux études classiques supérieures.
Art. So. Le Gymnase classique complète l'enseignement des collèges et prépare les élèves aux études supérieures.
Retenons ce principe. Nous en ferons l'application quand nous traiterons de l'organisation des collèges communaux, du raccord avec l'école primaire, et, plus loin, du choix des matières et des méthodes d'enseignement. Examinons d'abord quelques autres faits caractéristiques de notre évolution scolaire.
Si le premier est la transformation du rôle des études classiques, le second est le développement des écoles dites moyennes. Elles ont été créées par la loi de 1834. La statistique que j'ai sous les yeux va de 1869 à 1901. A l'Ecole industrielle cantonale, le nombre des élèves s'est élevé de 217 à 293. Dans les collèges communaux il a passé de 423 à 806. Dans le même laps de temps, le Collège cantonal passait de 212 élèves à 244, et les sections classiques communales, de 204 à 208. Total, pour les classiques : 416 en 1869 et 452 en 1901 ; pour les modernes : 640 en 1869 et 1099 en 1901. Cette augmentation n'a rien que de naturel. Les parents ont trouvé dans les écoles moyennes l'enseignement complémentaire dont ils désiraient assurer le bénéfice à leurs enfants. Ces écoles ont rendu à notre pays un service signalé. Leur programme était fort bien approprié à leur but. Aussi voyons-nous naître dix écoles moyennes en moins de
cinq années dès la loi d'organisation, soit de 1837 à 1841. Mais nous découvrons dans ces écoles, presque dès le début, une tendance à dépasser le programme. Lausanne, par exemple, institue l'enseignement de la langue anglaise dont la loi ne fait pas mention. Elle met aussi à son programme des « notions de philosophie intellectuelle » comprenant les éléments du droit privé et dii droit public, l'économie politique et le droit commercial. Il y a, en seconde année, un cours de rhétorique : principes du beau, appliqués à la composition et au style; en troisième année, un cours d'histoire de la littérature française ; on y ajoutait, il est vrai, des exercices de lecture et de composition, mais l'étude de la langue française n'en était pas moins insuffisante.
On avait trop gros appétit. Les élèves sortaient de l'école primaire. Ils avaient à parcourir en trois ans un programme considérable; l'effort n'était pas gradué. Gomme on ne criait pas au surmenage, nous pouvons supposer que l'enseignement était superficiel, et que les écoles moyennes communales, incapables de défrayer un nombreux personnel, se contentaient à moins.
De cette époque à la nôtre, nous assistons à une extension progressive des études scientifiques, qui reproduit l'évolution de l'enseignement classique. Elles tendent de plus en plus à devenir des écoles préparatoires aux études supérieures. Les débats du Grand Conseil, en 1869, attestent nettement cette préoccupation. De même que les classes latines avaient cessé de faire fonction d'écoles primaires complémentaires, l'école
DE l'organisation 9
moyenne de Lausanne devenue l'Ecole industrielle cantonale se recrute, dès 1869, dans sa propre division de grammaire, qui reçoit les élèves à neuf ans. De même que le Collège cantonal donne accès de plain pied à l'ancien auditoire de belles, lettres et sciences, devenu le Gymnase classique, l'Ecole industrielle ouvre sur une division supérieure qui comprend une section industrielle, une section commerciale et une section agricole. Puis chacune de ces sections s'enracine à part, le lien administratif qui les unissait se rompt; Tune, devient le Gymnase scientifique, débouchant sur l'Ecole polytechnique et sur la Faculté des sciences, les autres deviennent l'Ecole cantonale d'agriculture et l'Ecole de commerce. Seul le Gymnase scientifique demeure étroitement uni à l'Ecole industrielle. Et voilà comment notre enseignement moderne s'est développé, poussant toujours par le haut, cédant constamment à des exigences plus élevées et s'éloignant toujours plus des intentions du législateur de 1834. Il tend par la force des choses à s'organiser parallèlement à l'enseignement classique. Entreprendre de l'arrêter serait perdre son temps et le perdre à une injustice.
Au moment où la France et l'Allemagne viennent de lui reconnaître la parité quasi entière, nous serions aveugles de ne pas voir que c'est là une nécessité généralement sentie et que la sagesse consiste à lui élargir la voie, à le rendre plus digne de lui-même, à exiger qu'il tire parti de toutes ses ressources pour cultiver les qualités de l'esprit. 11 y aurait beaucoup à faire, je le sais bien, mais j'essaierai de démontrer
que cette tâche difficile n'est nullement impossible.
Un troisième fait dominant de notre histoire scolaire nous explique les deux précédents. Ce fait, c'est le rôle de l'Etat, canton et Confédération. Ils ont orienté l'enseignement secondaire, classique et moderne, vers les études supérieures. La transformation qu'il a subie de 1834 à 1900 ne leur est pas due entièrement, mais ils l'ont favorisée, achevée et consacrée. Les procédés mis en œuvre sont ingénieux, originaux. 11 faut aller en Angleterre pour en trouver d'analogues, mais j'ose dire que nos hommes d'Etat, agissant dans un petit pays avec de moindres difficultés, ont fait plus vite et mieux, et je le prouve par la qualité de l'instruction, par sa diffusion, surtout, qui, proportionnellement, est bien plus considérable dans notre pays.
Sous réserve de sa haute surveillance, le gouvernement cantonal laisse aux communes le soin d'organiser leurs écoles; mais il leur présente d'une main sa subvention financière, de l'autre la loi et le règlement général. En outre, il entretient deux établissements cantonaux, l'un classique, l'autre moderne, sur lesquels il a vue immédiate et qui servent de régulateurs. Ni réglementation minutieuse, ni administration à distance ; les avantages de l'unité sans les inconvénients de l'uniformité, tel est le premier mérite de cette sage combinaison. 11 y en a d'autres : au lieu d'appliquer un code abstrait on se modèle d'après des organismes vivants. Le principal c'est qu'il y ait concordance des programmes et des classes ; encore le règlement de 1807 admet-il que cette concordance soit
établie année par année ou qu'elle ait lieu à certaines périodes déterminées du cours d'études. Gela étant, les promotions des écoles communales sont valables dans les établissements cantonaux. 11 est résulté de là que l'unité de l'enseignement, si difficile à faire, se fait d'elle-même, par l'intérêt qu'ont les communes à demeurer au bénéfice des équivalences. Et même elle se lait peut-être de façon trop rigide, car, .bien que la loi permette aux communes de porter à leur programme des branches d'études supplémentaires, utiles pour leur région, et d'en supprimer d'autres, elles n'usent pas de cette faculté. De plus, les établissements cantonaux tenant de très près aux gymnases, qui touchent aux Facultés, on s'y préoccupe plus vivement du passage des élèves, et du coup, liés par les nécessités de la concordance, les établissements communaux sont entraînés.
Voilà le système entrevu dès 1837, poursuivi, complété en 1892 et en 1900. La Confédération y a contribué. C'est, un degré plus haut, la répétition de ce que je viens de dire. Le canton subventionne la commune; la Confédération subventionne le canton 1 . Le canton crée des établissements types. La Confédération crée l'Ecole polytechnique fédérale et, par là, commande l'issue principale des gymnases scientifiques cantonaux. Elle en conquiert une autre, en instituant la commission fédérale dite de maturité et le comité -directeur des examens fédéraux de médecine. Le canton offre aux élèves des communes l'accès des gymnases ;
1. Pour les écoles professionnelles et commerciales ; bientôt pour les écoles primaires.
la Gonfédéi-ation offre aux élèves des Facultés de médecine le droit de guérir dans toute la Suisse. Le canton impose aux communes la concordance des programmes ; la Confédération impose aux futurs candidats en médecine et par là même aux établissements qui les préparent, un certain programme d'études. Notre Gymnase scientifique se plie aux exigences de l'Ecole polytechnique et de l'Ecole d'ingénieurs de Lausanne, qui a sa part d'influence. Le Gymnase classique s'y est conformé en créant un baccalauréat latinsciences mathématiques. Il s'est conformé, je crois, au programme de l'examen fédéral de maturité en créant pour les futurs médecins un baccalauréat latinlangues vivantes.
C'est ainsi que les pouvoirs fédéraux, agissant comme le moteur immobile d'Aristote, sans contrainte et par leur seule force d'attraction, déterminent peu à peu la concordance des gymnases cantonaux, comme le canton établit celle des écoles communales. Tout cela, je le répète, j'y insiste, et je ne m'en plains pas, au profit exclusif des études supérieures.
Jusqu'à présent, la commission fédérale de maturité a fait un accueil indulgent aux candidats qu'elle a examinés. Elle a cru voir que ses bontés favorisaient l'indolence et, indirectement, exerçaient une influence fâcheuse sur l'enseignement secondaire. Certains gymnases mesuraient leur effort à ses exigences. Sur un rapport très étudié de M. leD r Finsler* elle a élaboré tout un programme des examens fédé-
1 Die Lehrplane und Maturitàtsprûfungen der Gymnasien der Schweiz. Von D r G. Finsler, Rector. Bern und Leipzig Siebert. 1893.
raux de maturité. Par la force des choses, ce programme, s'il est adopté, deviendra le programme minimum des bons gymnases et le programme maximum des autres. En substance, elle propose d'admettre, pour les étudiants en médecine, l'équivalence d'un programme classique, latin-grec, et d'un programme moderne, langues vivantes-sciences. C'est la suppression du type latin-langues vivantes. Le grec devient obligatoire jusqu'au baccalauréat et le gymnase classique retrouve son unité. On relève l'examen de maturité scientifique par le prix qu'on attache à la connaissance de la langue maternelle, de l'histoire littéraire et des œuvres des grands écrivains.
Le rapport de la commission fédérale de maturité est un document important. Qu'on me permette d'en reproduire partiellement les conclusions : « Le règlement d'admission à l'Ecole polytechnique prévoit à l'art. 2 que le Conseil d'école peut conclure avec des gymnases littéraires un contrat par lequel le certificat de maturité de ces gymnases donne le droit d'entrer, sans autre examen, à l'Ecole polytechnique. 11 se posera certainement la question de savoir si, à la place de ces contrats individuels, il n'y aurait pas lieu de reconnaître en général les certificats de maturité littéraire établis conformément au nouveau programme. En mettant sur un pied d'égalité absolue, à ce point de vue, les gymnases littéraires et les gymnases scientifiques, on rendrait un service signalé aussi bien aux élevés qu'aux établissements eux-mêmes de l'instruction publique secondaire K . Dans la plupart des cas, la
t. C'est nous qui soulignons.
décision définitive du jeune homme sur le choix de sa carrière future pourrait être différée jusqu'au moment du passage aux études supérieures ; car le même certificat de maturité, ou littéraire ou scientifique, donnerait accès à toutes les sections de l'Ecole polytechnique, comme aux examens fédéraux de médecine. On peut même prévoir que la validité de ces certifient* serait étendue à d'autres domaines l , et, de cette manière, il serait donné une vive et heureuse satisfaction à l'article 33 de la Constitution fédérale.
... Nous lui attribuons (à notre programme), sur le programme actuel, les avantages que nous résumons rapidement :
a) Pour le gymnase littéraire, il rétablirait son unité, troublée par le remplacement facultatif du grec par une langue moderne.
b) Pour les candidats en médecine sortis du gymnase littéraire, il leur donnerait une culture plus complète, de solides études secondaires basées essentiellement sur les deux grandes langues classiques anciennes.
c) Pour le gymnase scientifique, il relèverait son examen de maturité en perfectionnant la partie littéraire de son programme.
d) Pour les candidats en médecine sortis du gymnase scientifique, il les débarrasserait de l'examen complémentaire en latin, qui est certainement fatigant, onéreux, et sans aucun profit pour leur développement intellectuel.