C'est nous qui soulignons
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ë) Pour ces mêmes candidats, la maturité scientifique de notre programme, basée essentiellement sur l'étude des sciences mathématiques, physiques et naturelles, représenterait un développement intellectuel équivalent à celui des élèves du gymnase littéraire. La voie par laquelle ils y seraient conduits serait différente ; le résultat serait de même valeur.
f) Nous espérons que Ton arrivera, comme nous l'avons dit, à supprimer les bifurcations fâcheuses qui existent actuellement dans les études moyennes et secondaires, en Suisse. Si les réformes que nous indiquons étaient adoptées, le choix si difficile de la carrière, qui se fait actuellement à l'âge de 10, de 12 et de 14 ans, serait reporté à l'âge de 18 ans, à une époque où la maturité intellectuelle permet une décision plus valable.
... La commission de maturité se permet de rappeler Vidée dominante qui Va toujours inspirée dans le cours de cette longue élaboration : Faire progresser V instruction qui prépare aux études supérieures, et par là donner une plus haute portée à celles-ci 1 .
Les passages que j'ai soulignés ont-ils besoin d'un commentaire ? On prévoit un seul baccalauréat portant la mention lettres ou la mention sciences, et conférant l'admissibilité à tous les établissements d'études techniques supérieures, à la Faculté de médecine et dans « d'autres domaines » encore. Dans ce but, on
1. Projet d'un nouveau programme des examens de maturité pour les candidats en médecine, avec rapport explicatif, présenté au Département fédéral de l'intérieur par la commission fédérale de maturité, 31 janvier 1895.
ferait faire aux élèves classiques assez de sciences, aux modernes assez de lettres pour leur assurer une culture générale équivalente.
Il me semble q^e vpilà le vrai principe, ou si Ton veut, la considération qui doit inspirer tous les changements de programmes, de méthodes et d'horaires. Changer n'est pas tâtonner, c'est faire ce qui est nécessaire pour atteindre un but, et ce but il faut l'apercevoir distinctement. Eh bien, le voilà. Il faut y marcher, d'abord parce que bon gré, mal gré, nous y serons conduits, ensuite parce qu'il est plus utile pour le pays d'accorder aux « scientifiques » l'équivalence de l'admissibilité, en exigeant de sérieuses garanties, que de refuser tout et de n'empêcher rien. G'est là ce qu'ont bien vu les hommes éminents et sages qui forment la commission fédérale de maturité.
Mais il en faut conclure qu'à l'Ecole industrielle cantonale, et par suite dans tous les établissements liés à celui-là par les obligations de la concordance, les études devront être, à l'avenir, calculées pour les futurs élèves de l'enseignement supérieur. Tout serait pour le mieux si personne n'y perdait. Il n'en est pas ainsi. Le quatrième fait caractéristique que je relève dans notre évolution scolaire, c'est qu'il y a des sacrifiés qui commencent à se plaindre et qui se plaindront davantage à mesure que nos écoles industrielles céderont aux légitimes exigences de l'enseignement supérieur. Ce sont les parents qui ne lèvent pas les yeux vers les Facultés académiques et à qui l'école primaire ne donne pas tout ce dont ils ont besoin. Ils auront deux fois raison de réclamer ; ils diront qu'ils
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ont droit à quelque chose, et ils ajouteront qu'on les a dépouillés de ce qu'ils avaient. Ils avaient l'école moyenne. Comparez le programme de l'Ecole industrielle cantonale, qui fait règle, et celui du degré supérieur de l'école primaire. Certes, je ne songe pas à jeter la pierre à nos écoles primaires. Leur programme est établi avec une habile prudence. Mais on l'a calculé, comme il convient, pour la masse, ou tout au moins pour la moyenne des élèves. Pas d'histoire générale ou presque pas; pas d'algèbre. Du métrage, du calcul de surfaces et de volumes, des exercices élémentaires d'arpentage ; des comptes agricoles, des inventaires. En sciences physiques et naturelles, des notions rudimentaires. Si seulement on amenait tous les enfants du peuple jusqu'à ce point, on ferait une œuvre admirable. Mais un bon paysan, un petit commerçant, un artisan peut désirer mieux.
Le succès même de nos sections industrielles en est la preuve. Si elles continuent à se transformer, si, comme les classes latines, elles préparent leurs élèves aux études scientifiques, il sera indispensable de les remplacer dans leur premier rôle comme elles y avaient remplacé les écoles classiques. Nos Confédérés de la Suisse allemande ont franchi ce pas en instituant leurs « Secundarschulen », la France en créant ses écoles primaires supérieures. Nous avons quelques écoles de ce type. On en demande un plus grand nombre.
Voici ce que dit M. F. Guex : « On compte en Suisse 523 écoles secondaires qui, par le programme et l'horaire, ont beaucoup d'analogies avec les écoles pri-
maires supérieures françaises. Elles réunissent 19,396 élèves garçons et 15,532 élèves filles ; 1401 maîtres et maîtresses y donnent l'enseignement. Le canton de Zurich possède une école secondaire fortement organisée. 11 n'en a pas moins de 94. Berne en a 74, Lucerne 29, Glaris 11, Zoug 7, Fribourg (écoles régionales) 19, Soleure 14, Bâle-Campagne 10, Schaffhouse 8. Appenzell R.-E. 10, Saint-Gall 34, Grisons 28, Argovie (Bezirks u. Fortbildungsschulen) 65, Thurgovie 29, Tessin 38, Neuchâtel 6 et Genève 11. Parmi les cantons les moins bien partagés à cet égard, il faut placer ceux du Valais avec 6 écoles secondaires, de Vaiul avec 4, d'Appenzell R.-I. avec 1 école secondaire seulement... Que penser de tel canton où des élèves des écoles primaires sont forcés de refaire le même programme une, deux ou même trois fois, parce qu'il n'existe aucune classe secondaire proprement dite pour les recevoir ? Ce piétinement sur place est profondément décourageant pour les élèves. Est-il besoin de dire qu'il nuit à l'éveil et au maintien de l'intérêt?... Cette école primaire supérieure est indispensable aujourd'hui à cette classe sociale de plus en plus nombreuse à laquelle l'instruction primaire ne suffit pas et dont Y instruction secondaire à base classique ou scientifique dépasse les besoins l . Que les canton qui ne possèdent pas encore cet enseignement se hà tent donc de le créer. A la fois théorique et pratique sans exagération, il ne termine aucun apprentissage, mais prépare sérieusement à un grand nombre 2 . »