ou 16 12-15 ou 16 12-15 ou
Ecole complémentaire Ecole secondaire Collèges
pour ceux qui ne vont avec tendances pratiques, que lentement. Pour les élèves mieux
doués.
Ecoles professionnelles classiques industriels
Technicum | J
Ecole de commerce Gymnase Gymnase
Ecole normale classique mathémat.
Facultés universitaires
Réserve faite de la question de l'âge d'admission, dont je traiterai au chapitre second, cette solution me paraît la plus rationnelle, la plus conforme aux indications que l'on peut tirer de l'évolution scolaire dans notre pays et dans les principaux pays qui nous entourent. Je crois que nous en viendrons là par la force ries choses, et que le plus sage est de nous y apprêter.
Dans la préparation aux études scientifiques supérieures, le but est le même que dans la préparation aux études classiques, ou plutôt il doit, il devra de plus en plus être le même : c'est le développement intensif des qualités de l'esprit. Une éducation calculée dans ce but différera beaucoup de l'enseignement pratique et utilitaire, non pas professionnel, sans doute, mais tourné vers les apprentissages, qui convient aux écoles dites moyennes ou écoles secondaires.
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<y -i non*» fie voulons \*ts être condamnés à la plus dé^espérTiiite rné iiocrité. opérer une juste sélection, et pour cela recruter nos futurs étudiai it« au près et au loin, dans toutes les régions du pays, appeler de partout les élèves méritants et bien doués à l'exclusion des incapables.
Telles sont les conditions du problème. Or les deux premières s'opposent entre elles et la troisième parait contradictoire avec la seconde. C'est là ce qui rend la question si difficile. Transformer nos collèges communaux en écoles secondaires et nous borner à deux ou trois collèges régionaux pour les futurs étudiants, c'est rendre les études préparatoires coûteuses, malaisées, presque inabordables pour certaines familles.
(Test, en conséquence, anémier nos gymnases, les oblige!* à se contenter de tout ce qui se présente, en Iraver la sélection, faire disparaître l'émulation, et
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par suite, je le crains fort, abaisser le niveau des études tandis qu'il aurait singulièrement besoin d'être relevé.
Il nous faut donc une large et abondante circulation scolaire ; il faut que l'élève de l'école primaire, de l'école primaire supérieure, de l'enseignement libre, de n'importe où, soit admis à prouver ses capacités, que la porte des collèges littéraires et scientifiques lui soit constamment ouverte et qu'il ait des moyens de regagner son retard, qu'il puisse passer de l'ordre classique à l'ordre industriel, de l'ordre industriel à Tordre classique, se tâter, chercher, expérimenter et choisir sa carrière en connaissance de cause. La vraie démocratie, disait Pasteur, est celle qui permet à chaque individu de donner son maximum d'effort.
Voilà le grave inconvénient du collège régional. Voici son avantage : c'est de nous tirer de la situation équivoque où nous végétons aujourd'hui, hésitant entre l'enseignement pratique qui convient à la masse et l'enseignement de méthode ou, si l'on veut, de culture, indispensable à ceux qui doivent aller plus loin et plus haut. Que les instruments de ce travail soient les langues anciennes ou les sciences, il n'importe ici. Mais cette œuvre doit être accomplie. On dit qu'aujourd'hui nous sacrifions la masse à l'élite ; je le crois et c'est là un grand mal, encore que l'élite Mais je vois venir le jour où nous sacrifierons l'élite à la masse. Qu'aurons-nous alors dans les grands emplois, dans les carrières libérales et scientifiques ? O triomphe de la médiocrité ! Comparez une démocratie ainsi faite à celle que Pasteur rêvait. Et
qui en souffrira, sinon le pays ? 11 y a un mot sur le sel de la terre et sur ce qui arrive quand il perd sa saveur.
Le système actuel est édifié en porte à faux. Le système du collège régional lèse des intérêts légitimes et compromet le recrutement des gymnases. Gomment faire ?
Le mieux serait d'appliquer la loi de 1892 dans son esprit qui est aussi l'esprit de la loi de 1869. 11 faut séparer les élèves destinés à de longues études de ceux qui désirent un simple complément du cours d'études primaire. Et comme certaines raisons économiques, certaines conditions géographiques et autres nous empêchent de les séparer partout, il faut qu'il y ait à titre de modèles, de régulateurs, des sections, soit scientifiques, soit littéraires, exclusivement préparatoires aux études supérieures. Yverdon, par exemple, a déjà une division classique, une division moderne ou industrielle et, si je ne fais erreur, une division professionnelle. En développant chacune de ces divisions dans son propre sens nous aurions un établissement complet, à savoir un collège régional de plein exercice avec une école secondaire annexe. A Lausanne, l'Ecole industrielle deviendrait la grande avenue du Gymnase scientifique, comme le Collège cantonal sert de propylées au Gymnase classique. On organiserait à Lausanne une école secondaire assez riche, assez souple, assez pratique pour que chacun sentît les avantages de ce type scolaire. Et même une section des classes parallèles de l'Ecole industrielle pourrait jouer ce rôle, tandis qu'une autre serait plus spécialement le collège scientifique.
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! U ne serait donc pas très difficile d'instituer des modèles des trois types scolaires par lesquels nous donnerions satisfaction à des intérêts également légitimes mais divers. Les établissements communaux se mettraient en harmonie avec Tune ou l'autre de ces institutions, selon la demande du public et selon leurs ressources. Ils resteraient des collèges communaux, mais ils modifieraient leur programme, renonceraient à la concordance année par année avec l'Ecole industrielle cantonale, division scientifique, encore que toute issue de ce côté ne fût pas fermée à leurs bons élèves. Ils seraient des écoles secondaires si l'on veut, mais citadines, c'est-à-dire plus riches, développant un programme plus varié que les écoles secondaires rurale^. Et ce serait fort bien, car le degré qui manque à notre échelle scolaire ne doit pas être partout à la même hauteur ni taillé dans la même matière. Leurs meilleurs élèves, ceux qui témoigneraient d'aptitudes particulières pourraient rejoindre l'Ecole industrielle à 14 ans et même à 15 ans, c'est-à-dire au début de la IV e année actuelle ; cela, grâce à une disposition essentielle du plan d'études dont je parlerai dans le prochain chapitre, et qui permettrait aussi aux élèves de l'école primaire vraiment bien doués de reioindre le Collège classique a 12 ans. En effet, la solution de la question du raccord est à mon avis indissolublement liée à l'établissement des cours gradués )u classes mobiles, que nous créerions au moins >our certaines matières et que nous substituerions au ystème absurde, antipédagogique et oppressif des .lasses d'âge uniformes. Cela suffirait peut-être pour
sauvegarder les droits des enfants bien doués et méritants. Quant aux médiocres avérés, gardons-nous de les pousser aux études supérieures. Ils peuvent arriver à faire leur carrière et même leur chemin, mais ils ne le font que pour eux-mêmes, ils ne sont pas une force vive et le pays ne trouve en eux ni profit moral, ni profit social.
Quelques chiffres confirmeront ces vues ; ils feront saisir tout ensemble la différence de ce que nous avons et de ce qu'on fait ailleurs et l'incomparable supériorité de la Suisse allemande dans l'appropriation du système scolaire aux besoins de la population. Je donne le nombre des habitants, pour faire ressortir la proportion numérique des écoles des divers types ; j'y ajoute l'indication de la superficie des territoires. Cette comparaison permettra d'apprécier à leur vraie valeur certaines objections fondées sur des considérations géographiques. Je ne porte pas en compte les écoles supérieures déjeunes filles.
Que conclure de ces chiffres ? Que Zurich, avec plus de 400,000 âmes, possède 3 gymnases pour préparer aux études supérieures 300 jeunes gens ; Berne, avec près de 600,000 âmes, 4 gymnases et 4 progymnases, pour 318 futurs étudiants ; St-Gall, avec 250,000 âmes, une seule école dite cantonale, et nous, avec 281,379 âmes, 19 établissements de ce genre pour 163 futurs étudiants seulement.
Mais regardons plus loin ; prenons l'exemple d'un pays auquel nous empruntons volontiers ses méthodes et qui passe pour l'un des plus avancés et des mieux pourvus. C'est la Prusse, que je veux dire. On trou-
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En 1899-1900 *
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1. Ces chiffres sont compilés d'après l'annuaire statistique fédéral et l'annuaire de l'enseignement du D l Huber. Je n'ai pu me procuver d'exemplaires de ces deux ouvrages ayant trait à la même année. S'il y a là une chance d'erreur, je la crois négligeable ; les statistiques reproduites sous I, II sont
vera la statistique de ses « Hôhere Lehranstalten » dans le magnifique recueil que M. Lexis vient de faire paraître*. Voici les chiffres pour Tannée 1900 :
Gymnasien, 295. Progymnasien, 59. Realgymnasien, 76. Oberrealschulen, 37. Sonstige Real-Lehranstalten,
Total, 626, pour trente millions d'âmes, en nombre rond, c'est-à-dire un établissement pour 48,000 âmes. A ce compte nous en aurions 5,65 ; un peu plus de cinq et demi. Nous en avons 19.
Je conclus :
I. — Nos établissements classiques sont trop nombreux. Ils manquent d'élèves et ils manquent de ressources. Il est à désirer que les communes, éclairées sur leurs vrais intérêts s'entendent pour en réduire progressivement le nombre.
II. — Il est à désirer d'autre part que le corps enseignant étudie l'organisation de collèges classiques régionaux, dont il faudrait faire des établissements modèles, pourvus du personnel et du matériel nécessaires et conformes aux exigences actuelles de l'enseignement.
III. — Nos collèges industriels souffrent d'une fâcheuse équivoque. Ils reçoivent les élèves qui désirent
tirées de l'annuaire fédéral pour 1900; celles qui figurent sous III, IV et V, sont transcrites d'après l'annuaire de Huber pour 1899-1900. Je prends ici le mot section dans le sens de cours d'études : section classique, industrielle, commerciale, etc..
1. Lexis : Die Iteform des Hôheren Schulwesens in Preus- | sen. Herausgegeben von W. Lexis. Halle 1902. Cap. XXV. Statistische Ubersichten.
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compléter le cours d'études primaire et ceux qui aspirent aux carrières scientifiques. Ni les uns ni les autres n'y trouvent exactement ce qu'il leur- faut. 11 y a là deux tâches nettement distinctes. Elles le deviendront toujours davantage.
Il est à désirer que la préparation aux études scientifiques se fasse, comme la préparation aux études classiques, dans des collèges régionaux.
IV. — L'intérêt de nos collèges communaux est de rendre plus de services à plus de personnes et de conformer leurs programmes aux besoins de 82 °/o et non de 18 % des élèves. Je n'ai pas besoin de démontrer la nécessité de faire une distinction entre l'école secondaire rurale, dont la création me semble désirable, mais dont je n'ai pas à traiter ici, et l'école secondaire urbaine qui a mission de répondre à des besoins plus nombreux et plus variés et d'inculquer aux jeunes gens les connaissances utiles pour l'apprentissage du commerce, de l'industrie, des arts et métiers. Je cite sommairement : langues vivantes, dessin artistique et technique, comptabilité agricole et commerciale, géographie commerciale ; notions pratiques de physique, de chimie, de chimie industrielle, de mécanique. Notions d'économie politique, de l'histoire de la civilisation, de droit usuel, d'hygiène privée et sociale. Et ce n'est pas tout. 11 faudrait étudier ce qui se fait dans la Suisse allemande, en Allemagne et dans les écoles primaires supérieures françaises, dont quelques-unes, celles de Paris notamment, font l'admiration des connaisseurs. 11 faudrait étudier en outre dans leurs conditions particulières les diverses
k\ LA RÉFORME DE L' ENSEIGNEMENT SECONDAIRE
régions de notre pays, individualiser les programmes, approprier l'enseignement de chaque collège aux besoins de la population, sans d'ailleurs s'y borner exclusivement. Cela est tout à fait dans l'esprit de notre excellente loi scolaire, celle du 19 février 1892 (article 21).
Il est à désirer que, par une revision attentive do leur programme et de leurs plans d'études, nos collèges communaux soient rendus plus aptes à leur véritable fonction, qui est : a) de compléter l'instruction primaire ; b) de préparer leurs élèves pour les écoles professionnelles, école d'agriculture, école de commerce, technicum, école normale, etc.
V. — Cette mesure rendrait superflue la création d'écoles urbaines du type de la Secundarschule de la Suisse allemande, mais il est désirable que des écoles secondaires du type rural 4 soient instituées dans la campagne vaudoise.
VI. — Il est à désirer qu'une école secondaire urbaine soit instituée à Lausanne et que l'Ecole industrielle cantonale* puisse enfin jouer librement son rôle de collège scientifique, comme le législateur de 1869 l'avait si sagement prévu, comme le Collège cantonal joue le rôle de collège* classique, et comme cela se fait dans la Suisse allemande où nous trouvons l'Ecole secondaire communale à côté de la Kantonalschule qui conduit aux études supérieures.
1. Elles seraient utiles dans les centres agricoles. Il ne faudrait pas devancer trop les besoins réels. Dans le canton de Genève, où elles sont organisées depuis un certain temps, on commence à parler d'en réduire le nombre.
DE L ORGANISATION 4i>
YII. — Il est désirable que notre baccalauréat revête la forme d'un diplôme unique, portant mention littéraire ou mention scientifique et donnant accès indistinctement cà toutes les Facultés, le candidat ayant d'ailleurs à faire preuve, aux examens d'Etat, des connaissances spéciales requises pour les études universitaires.
Pour y arriver, il est désirable, si le Conseil fédéral rejette les propositions de la commission fédérale de maturité, qu'un cours facultatif de latin, institué au Gymnase scientifique, assure aux élèves l'équivalent de la faculté d'option, réservée aux élèves du Gymnase classique, entre les types latin-grec, latin-mathématiques et latin-langues vivantes. Par les mêmes raisons, un cours d'anglais devrait être institué au Gymnase classique. Mais l'équivalence pure et simple est infiniment préférable.
VIII. — Il est désirable, si les communes ne peuvent se prêter à la réforme nécessaire, que l'Etat prenne à son compte l'enseignement littéraire et scientifique et affecte ses subventions aux écoles secondaires urbaines et rurales et à des dotations en faveur des élèves méritants du canton que le défout de ressources priverait du bénéfice des études supérieures.