‹ La réforme de l'enseignement secondaireChapitre 105 sur 135 · Décret du 21 septembre 1804^ art · texte numérisé non relu

Décret du 21 septembre 1804^ art

du lycée, et inettent le jeune homme en état d'affronter les luttes de la vie avec égalité. C'est un exemple que nous sommes tenus de suivre ; la justice le veut, Tordre l'exige. L'éducation publique, ravivée par cette institution, prendra tout à coup un nouvel essor. Nous n'aurons plus la douleur de voir des jeunes gens pleins de mérite, après avoir battu leurs rivaux jusqu'à la dernière année du collège, s'engager comme maîtres d'étude, ou solliciter une place d'expéditionnaire. Dans l'état actuel, nous n'avons à leur offrir que les vingt-quatre places gratuites de l'École normale et quelques bourses à l'École des hautes études, ce qui ne suffît pas à ceux qui aspirent à l'enseignement, et n'est compensé, pour tous les autres, par aucune institution analogue*.

J'ai déjà parlé de la possibilité d'organiser de telle sorte les quatre classes inférieures qu'elles puissent en même temps offrir un enseignement complet à ceux qui ne peuvent passer outre, et bien préparer pour les classes d'humanités ceux qui, ayant la capacité et les ressources nécessaires, doivent continuer leurs études jusqu'à la fin. M. Cousin, qui avait trouvé cette disposition dans les écoles allemandes, en recommandait avec instance l'introduction dans nos collèges. « C'est ce qui fait, disait-il, l'excellence du gymnase prussien. Les classes inférieures sont la septième, la sixième et la cinquième ;

1. Il y a bien le dégrèvement total ou partiel des droits d'inscriptions, qui exige des démarches, veut des appuis, entraîne des lenteurs, et ne dispense pas d'ailleurs du versement préalable, car le trésor ne fait point de crédit. A l'École de droit de Paris, en 1872, sur 2436 élèves, 9 ont été déclarés non passibles de droits; est-ce suffisant? J'ajoute que le dégrèvement donne le moyen d'étudier gratis, et ne donne pas le moyen de vivre.

294 RÉFORME DE LA DIVISION INFÉRIEURE DES LTCiSS.

les classes supérieures la seconde et la première. La quatrième et la troisième forment la transition sous le nom de classes intermédiaires. Dans les classes inférieures, renseignement est calculé de manière à préparer aux classes qui suivent, et à former en même temps un ensemble à part et indépendant jusqu'à un certain point. On y a mis tout ce que les élèves ne seront jamais forcés de désapprendre, alors même qu'ils n'iraient pas plus loin. Au premier rang, la religion, qui est nécessaire à tout le monde, puis l'arithmétique, avec un peu de géométrie, l'histoire naturelle, la langue allemande, le français, le chant, l'histoire et la géographie générale et nationale, avec de bonnes études de latinité ^ » On ne commence le grec qu'en quatrième. Le programme, comme on voit, est assez complet. C'est celui d'une école primaire supérieure, auquel on ajoute le latin, mais seulement à partir de la sixième. Cette division aurait chez nous quatre classes au lieu de trois, puisque l'enseignement de nos collèges commence en huitième.

Voici les changements que cette réforme comporte : Le plus important consiste à ne commencer le latin qu'en sixième ; mais c'est un point sur lequel tout le monde semble tomber d'accord ; on peut le regarder comme acquis. Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup d'objections à reculer jusqu'en quatrième le conmiencement des études grecques. Ainsi, en sixième et en cinquième, point de grec; en huitième et eu septième, point de grec ni de latin. Pour ma part, je voudrais qu'on enseignât, dès ces premières années, à lire et à

1. Cousin, de l'Instruction secondaire dans le royaume de Prusse, p. 15; cf. p. 147. ^

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