BÂFORME DE LA DIVISION INFÉRIEURE DES LYCÉES
secondaire, une foule d'enfants qui n'y conviennent point, et elles enlèvent aux collèges de plein exercice des sujets qui y eussent réussi, et qui, faute de la culture convenable,- n'arrivent pas à leur développement*. »
Il faut avoir visité ces petits collèges pour s'en faire une idée. La maison est étroite, presque toujours en mauvais état; chaque professeur fait deux ou trois classes, dans une même salle, en même temps : on pense que de temps perdu; quelquefois, il n'y a que deux, trois élèves dans une classe. Quelle émulation peut-il y avoir? Quelles ressources en livres, en cartes de géographie ? Le maître est trop souvent ce qui manque le plus. La municipalité lui donne quinze ou dix-huit cents francs, pour une besogne écrasante et écœurante ; encore l'avenir ne lui est-il pas garanti. Il dépend du principal, du maire, de l'inspecteur; il est à la merci de tout le monde, sans espoir d'avancement. Qui donc irait le prendre dans ce recoin ignoré? Quel mérite peut-il montrer dans ces conditions? Il y a peut-être de l'autre côté de la rue une très-belle école primaire, toute neuve, vaste, bien aérée, bien meublée, pourvue de cartes et de livres, d'appareils gymnastiques. Pourquoi la ville, au lieu de payer quelques cours d'adultes, dépenset-elle son argent à soutenir un collège pitoyable? Et pourquoi les parents envoient-ils leurs enfants dans ce taudis, où on les cloue sur des livres latins qu'ils n'entendront jamais, tandis que le maître d'école leur donnerait une bonne éducation pratique ? C'est parce que les familles mettent leur orgueil à