Horace, liv. m, ode m, v
deux devoirs ont été lus. En réalité, six élèves seulement sur cinquante ont eu un rôle actif pendant la leçon. Les copies de discours latin sont rendues; une vingtaine portent en marge des annotations. J'ai supposé une bonne classe, et un professeur zélé et habile, mais attaché aux vieilles traditions, à la mâle école de nos pères, c'est-à-dire à Lhomond et à M. de Fontanes*. Il est clair que les deux tiers des élèves n'assistent que de corps à la leçon; que les plus forts n'ont jamais touché les auteurs qui ne figurent pas sur le programme; qu'ils connaissent uniquement dans un ouvrage les passages qu'ils ont expliqués ; que la suite du récit ou l'ensemble des idées leur échappent complètement, et qu'ils ignorent l'existence de ce grand art de la composition, ce ponere totum* », qu'Horace regarde avec raison comme le premier de tous; qu'ils savent à peine si Tite-Live et Tacite appartiennent à la môme période littéraire ; qu'ils se contentent d'à-peu-près en traduisant, et ne font aucun effort pour serrer le texte et lutter de précision avec l'original; qu'ils ne sont pas exercés à comparer les passages analogues de deux auteurs différents, ni la littérature d'une langue avec celle d'une autre; qu'ils font de trop
1. Les classes de rhétorique les plus célèbres de Paris, celles où renseignement du professeur passait, dans ces vingt dernières années, pour le plus savant et le plus substantiel, présentaient un autre inconvénient, celui d'être presque exclusivement une préparation à l'École normale. Les vingt ou trente meilleurs élèves de la classe se destinaient à cette école, et la préparation au professorat était le produit suprême de cette méthode. C'est tourner dans un cercle.