‹ La réforme de l'enseignement secondaireChapitre 12 sur 135 · Cournot, îh, p · texte numérisé non relu

Cournot, îh, p

2. « Les élèves médiocres^ à force de double!* et de tripier les cours finissent par acquérir, dans un examen où la mémoire a toujours une grande part^ de Tavantage sur ceux qui TémpoKent de beaucoup par leurs disposition!}' naturelles. » (Cournotj^I.} pi 187.)

d'être tout à fait prêt, pour s'accoutumer à l'examen. Avec cette triple recette, si Ton n'est pas décidément stupide, si on ne tombe pas malade, et si on ne joue pas de malheur, on est à peu près sûr d'entrer à l'École polytechnique.

J'entends bien que l'Université est fondée tout exprès pour maintenir le niveau des études ; qu'elle a des professeurs et non des préparateurs ; et qu'elle se vante, par exemple, de faire une guerre acharnée aux préparateurs pour le baccalauréat. Cependant si l'Université refuse d'entrer dans le système d'entraînement dont je viens de parler, elle perdra tous ceux de ses élèves qui se destinent aux écoles du gouvernement. Elle se met donc à l'unisson par nécessité. Et il en résulte cette singulière contradiction, signalée par M. Cournot * qui a traité toute cette matière en maître, c'est que l'État paye des préparateurs pour faire prendre le change aux examinateurs sur la valeur réelle des candidats, et des examinateurs pour déjouer les artifices de ses préparateurs. Règle générale : celui qui est maître du programme, est maître de l'enseignement. On dit quelquefois que la concurrence est une bonne chose, qu'elle est un aiguillon pour chacun des concurrents, qu'elle les oblige à mieux faire. Cela n'est pas aussi certain qu'on veut bien le dire, surtout en matière tl'enseignement ; cela est absolument faux en matière de préparation ; car on ne lutte pas à qui fera les meilleurs élèves, mais à qui fera recevoir le plus de candidats, à l'aide d'une opération que les Anglais appellent cramming et que j'appelle le bourrage. Il se passe à Brest

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