Michel Bréal, U,, p. 199 sqq
mesure le caractère de notre esprit national. M. Michel Bréal dit quelque part, au milieu de tant d'aperçus ingénieux et quelquefois profonds, que nous nous occupons trop du style. Je n'accepte ce reproche qu'à condition de l'expliquer. Qn ne saurait, à mon avis, trop s'occuper du style ; mais, en notre qualité de routiniers, suivant depuis des siècles la même ornière, c'est du style en latin que nous nous occupons, aux dépens de la philologie; et nous négligeons, jusqu'à la seconde, c'est-à-dire pendant six années entières, d'étudier les beautés du style dans les écrivains français, et de nous accoutumer à écrire. C'est pour réagir contre cette singulière tendance de l'ancien esprit universitaire, que je voudrais, comme M. Michel Bréal et toute cette jeune génération de maîtres excellents qui veut sauver, en le vivifiant, l'enseignement classique, renoncer un peu à écrire en latin, pour avoir le temps d'écrire en français*; faire des cahiers d'élégance, et des annales du concours un grand feu de joie ; lire désormais du latin dans les grands maîtres de la langue latine; le lire à sa place, et non pas émietté et découpé dans des Selectœ; en lire beaucoup, pour y puiser tout ce qui s'y trouve de sens, de justesse
1. « C'est d'ailleurs un latin bariolé qui n*a ni propriété ni consistance, où Salluste heurte Tacite, où Plaute coudoie Virgile et quelquefois même Ausone. Qu'on s'imagine l'aspect que produirait une page de français formée de fragments de Joinville, de Rabelais, de Montaigne, de Bossuet, de Voltaire, de Chateaubriand, de Victor Hugo. Voilà l'image de notre latin. Il est résulté de cet amas confus une langue spéciale que j'appellerai, si l'on veut, le latin de collège, qui ne ressemble à aucun autre, ni à celui des modernes des autres nations, anglais, allemands, italiens, ni surtout à celui des anciens. » (Benoist, Œuvres de Virgile j éd. Hachette, Intr., p. xiix.)
d'esprit, de fermeté de principes et de langage ; y chercher le secret de rart d'écrire dans la langue qui nous est propre, car Tacite nous donne pour écrire en français le même secours que Bossuet; étudier à son tour cette langue française dans son origine, dans son histoire, dans ses principes ; en connaître tous les grands monuments, non pas seulement ceux du dix-septième et du dix-huitième siècle; les comparer avec les chefs-d'œuvre anciens et les chefs-d'œuvre contemporains ; faire en sorte qu'on soit, même au collège, de son temps et de son pays, et qu'en sortant de la classe de philosophie, on ne franchisse pas, en une minute, l'espace de deux siècles.
Notre langue est très-riche en chefs-d'œuvre. En lisant nos programmes, on croirait que nous n'en avons pas d'autres, pour la prose, que YHistoire universelle de Bossuet, le Petit Carême de Massillon, la Lettre à V Académie de Fénelon, et Y Histoire de Charles XII. C'est que la langue française était jusqu'ici reléguée en rhétorique, où elle se trouvait opprimée et étouffée par le discours. A présent, nous suivrons la langue depuis ses origines. Nous arriverons trèsrapidement au seizième siècle, dont nous lirons les principaux auteurs avec ce même procédé, d'analyser ce qui languit et d'insister sur ce qui éclate. Nous entrerons alors dans le grand siècle, en discernant, grâce à nos études antérieures, ce qu'il emprunte à ses devanciers ou à la littérature de Rome et d'Athènes, et ce qui lui appartient en propre. Nous ne serons pas plus tenus de connaître tous les auteurs, que de lire tous les vers d'un poëme; mais quand nous négligerons un livre ou un auteur de second ordre, nous saurons pourtant ce qu'il
était et ce qu'il valait. Il y en a bien peu, de ceux qui ont brillé dans leur temps, à qui on ne puisse emprunter une belle page ou quelques beaux vers.
 la façon dont on nous instruit, il dépend de nous de nous persuader que Corneille est le premier qui ait écrit des tragédies, qu'il en a fait tout seul jusqu'à l'arrivée de Racine, et qu'il ne reste plus, après Racine, qu'à attendre, dans le silence complet du théâtre, Zaïre et Mérope. C'est très-bien de n'étudier que les grandes œuvres, et j'en fais même un précepte formel; mais les œuvres humaines, comme les actions humaines, ont besoin, pour être jugées et comprises, d'être rapprochées de ce qui les entoure. Il faut savoir ce que pensaient et ce que faisaient les contemporains. Corneille et Racine sont les plus grands dans la république des lettres, comme on l'appelle justement; mais il faut au moins jeter les yeux sur le reste de la république, savoir qu'ils ont eu des rivaux, que les, ruelles, les académies, les salons et les cafés ont eu leur influence, avant le règne du feuilleton, qui dispose aujourd'hui de la popularité, sinon de la gloire.
C'est un grand spectacle que la vie ; c'est un grand charme de comparer, de voir ce que le génie emprunte à l'étude, ce qu'il tire de son propre fonds, ce que devient le même sujet traité par Pradon ou par Racine. La leçon devient plus frappante, quand on peut comparer des égaux : Sophocle et Racine, Plante ou Térence, et Molière. Quel plaisir pour le professeur et quel ravissement pour les élèves de ressusciter ces grandes luttes, et d'assister par la pensée à l'éclosion du génie ! Qu'on ait soin de mettre toujours à leur place^ les maîtres de la poésie
et de réloquence, et de ne pas permettre à Tadmiration de s'égarer. Ce danger d'ailleurs n'est pas à craindre; car ils sont là, dans ces récits, entourés de concurrents et de jaloux, comme ils le furent dans la réalité, mais avec l'auréole de gloire que la postérité leur a donnée.
Les sujets de travail naîtront en foule. Il faudra en indiquer souvent, et de nature diverse, pour tenter en quelque sorte le talent. Tantôt on imitera, tantôt on critiquera. Rien n'éteint le talent comme un sujet imposé. En laissant à chacun une certaine liberté de se mouvoir entre plusieurs sujets ou plusieurs genres, on rencontrera plus sûrement les aptitudes, et on verra l'originalité se produire, à la place du convenu. On ne se bornera pas à la littérature; on fera une place à la philologie, à l'histoire delà langue. La grammaire est une belle étude, plutôt philosophique que philologique, et je serais presque tenté de dire ici, si j'avais le temps de m'expliquer, qu'il n'y a pas d'autre grammaire que la grammaire générale, qu'il faut y préparer seulement les élèves pendant la lecture des auteurs, et ne l'enseigner dogmatiquement qu'avec la logique. Mais ce qui appartient essentiellement aux humanités et à l'étude des langues, c'est l'histoire des mots, la recherche de leur origine, et la constatation de l'usage. Il n'y a guère d'étude plus utile ; il n'y en a pas de plus attrayante. Elle est bien nécessaire aujourd'hui pour nous sauver de l'invasion des barbares : j'appelle ainsi les vocabulaires bizarres des saints-simoniens et des fourriéristes, les importations anglaises des amateurs du turf^ la terminologie barbare du régime parlementaire, les termes arabes que nos soldats ont
rapportés d'Afrique ^, et cet argot de coulisses et de mauvais lieu que le demi-monde a fini par introduire dans un certain nombre de journaux et de théâtres. L'Université nous rendrait un grand service, si elle persuadait à nos enfants qu'il y a un style propre aux gens bien élevés, et si elle les accoutumait à s'en servir avec facilité et correction.
Il lui reste beaucoup à faire pour cela. Son premier soin doit être de remettre à leur vraie place l'expression et la pensée. On s'occupe trop exclusivement de l'expression dans nos collèges. On dirait qu'il s'agit surtout de parler, même quand on n'a rien à dire. On cherche d'abord une belle expression, et on court ensuite après une pensée qui la soutienne ou la justifie; nous ne pouvons faire avec une tejle méthode que des rhéteurs odieux et ridicules. Toute la rhétorique devrait consister à rendre clairement le mouvement de la pensée, et à le suivre ^ Quant à la passion, il ne s'agit que de la contenir ; elle se fraye une voie malgré nous, et se rit de tous nos préceptes, quand elle est assez forte pour devenir contagieuse. Ceux qui n'ont pas vu les premiers essais de prose française tentés en seconde par de grands garçons de quatorze ou quinze ans, ne sauraient s'i-
1. Ch. Marty-Laveaux, d« V Enseignement de notre langue, Paris,
2. « Vous voyez combien Téducation de nos enfants dans les collèges est ridicule, et combien il est, non-seulement inutile, mais trèsnuisible, de les obliger à écrire lorsqu'ils ont la tête tout à fait vide, et qu*on devrait tout au contraire employer un temps aussi précieux et aussi inestimable que celui de la jeunesse, à développer en eux les facultés de l'esprit et la force de la raison, par des entretiens et des raisonnements fréquents. » (Grimm, Correspondance littérairey Paris, 1829, t. I, p. 51.)
maginer combien ces longues années de thèmes et de mot à mot affaiblissent les esprits. L'imagination qui s'éveillait, la grâce native de Tenfant, le tour naturel de son langage, tout a disparu. Nos faiseurs de thèmes et de vers latins ne peuvent pas même écrire une lettre, qu'ils auraient tournée passablement cinq ans auparavant, s'ils avaient eu quelque besoin et quelque occasion de l'écrire. Ce collège est un long sommeil; je le vois devant moi comme le palais de la belle au bois dormant où les seigneurs, les gardes et le peuple sont rangés dans un bel ordre, et endormis depuis cent ans. Mettons-y la volonté, et nous en ferons l'école de la vie.
Nous ne commettrons donc plus la faute de borner nos élèves à des thèmes et des versions jusqu'en seconde ; et je ne sais si nous conserverons la division actuelle qui met les narrations en seconde, et les discours en rhétorique. Il y a des exercices de style qui ne peuvent aisément se ranger sous ces deux mots, par exemple les portraits, les lettres, les essais de critique. Il ne paraît pas bien démontré qu'un discours soit plus difficile qu'une narration, et qu'il y ait utilité à passer de l'un à l'autre. La difficulté est plutôt dans le sujet que dans le genre. Là encore je chercherais, avant tout, la variété et la spontanéité. J'offrirais plusieurs sujets à mes élèves; j'aimerais qu'ils vinssent eux-mêmes m'en proposer un, qui leur agréerait, et c'est celui-là qu'ils traiteraient le moins mal, et qui les exercerait le plus utilement. 11 •me semble qu'on a un peu abusé du discours. Il a sans difficulté le pas dans nos collèges; les narrations, les dialogues, les dissertations viennent bien loin derrière lui. Cependant, on ne discourt pas tant
que cela dans le monde ; on cause, et l'art de causer ne s'apprend que par la fréquentation des gens d'esprit ; ou bien l'on écrit des lettres d'amitié, des lettres d'affaires; on expose une théorie scientifique; on raconte des événements réels ou imaginaires ; mais des discours proprement dits, il n'y a guère que trois sortes d'hommes qui en fassent : les prédicateurs, les avocats et les députés.
Ce qu'on forme surtout en rhétorique, sans le chercher et sans le savoir, ce sont des prédicateurs. On y inserre, dans les discours, de grands lieux communs de morale, qui ne sont bien à leur place que dans la chaire sacrée. Je doute que tous ces développements, qui ont l'approbation du professeur, soient de nature à exercer quelque influence sur trois juges de police correctionnelle, ou sur une assemblée d'actionnaires, ou sur une chambre politique. 11 arrive quelquefois qu'un jeune député, élu à vingt-cinq ans, et qui, par grâce d'état, se croit sur-le-champ l'égal des vieux parlementaires, débite à la tribune, avec un aplomb imperturbable, de profondes pensées, de grandes maximes de gouvernement, et d'admirables périodes, qui sentent le collège d'où il est sorti trois ans auparavant, et où il a encore des condisciples. La chambre, suivant son tempérament, sourit ou détourne son attention. Elle ne prête l'oreille qu'à ceux qui apportent des raisons, et qui connaissent une affaire. La première condition aujourd'hui, pour être écouté, c'est d'étudier le fond des choses, et de ne jamais parler pour ne rien dire : cela n'est pas tout à fait la définition de la rhétorique; et la condition pour être un orateur non-seulement écouté, mais distingué, c'est d'avoir le goût formé par la lecture assidue des
chefs-d'œuvre. Il n'y a plus qu'à se laisser aller après cela, en suivant bien l'ordre de sa pensée, aux chances de l'improvisation. Quant aux grands mouvements qui passionnent les assemblées, tenez pour certain que, si vous les cherchez, vous ne les trouverez jamais. Ne permettez à la passion de se glisser parmi vos raisonnements que quand elle vient sans être appelée, et même, lorsque vous sentez tout à coup qu'elle s'empare de vous, résistez-lui. Si elle est assez forte pour triompher de votre résistance, et pour vous entraîner vous-même, il est probable qu'elle entraînera l'auditoire. Je crois volontiers que les maîtres de l'éloquence parlementaire diraient aux jeunes gens qui montent pour la première fois à la tribune : Oubliez votre rhétorique ; absolument comme mon ancien maître, qui fut depuis mon collègue, M. Rinn, disait à ses élèves, le jour où ils entraient dans sa classe de rhétorique à Louis-le-6rand : Oubliez votre latin de thème. Tâchons cependant, pour bien faire, de donner des enseignements qu'on n'ait pas besoin d'oublier.
C'est l'ancienne Université qui nous a condamnés à tous ces discours. Elle avait ses raisons pour cela. D'abord les prédicateurs, plus en vogue dans ce temps-là qu'aujourd'hui ; et puis, nos pères étaient grands faiseurs de harangues. La cérémonie jouait un grand rôle dans la vie publique, et même dans la vie privée. Au Parlement, tout se faisait et se disait avec pompe ; les gens du roi, les présidents, et même les conseillers, en opinant, se souvenaient de leur rhétorique. On n'installait pas un échevin sans le haranguer; un méchant seigneur de cinq ou six maisons ne rentrait pas dans son village, que le magis-
ter ne lui fît un discours. On en faisait aussi aux épouses de ces potentats : à madame la Présidente, à madame FÉlue; à plus forte raison à madame la Gouvernante et à madame la Lieutenante générale. Mme de Sévigné est bien plaisante en demandant à sa fille si elle a le talent si nécessaire de garder son sérieux quand on la harangue. C'était, du haut en bas de l'échelle sociale, un perpétuel échange d'éloquence. Tout cela ne brillait pas par le naturel. L'Université parlait le plus souvent en latin : c'était sa langue maternelle. Elle parlait aussi en français. J'en veux donner un échantillon, pour ceux à qui le discours de Thomas, dans le Malade imaginairey ne suffirait pas, et je le choisis parmi les plus célèbres. Quoique un peu suranné, il diffère moins qu'on ne croirait au premier abord des discours qui ont longtemps triomphé dans nos rhétoriques. L'Université ayant été, suivant l'usage, présenter un cierge au roi (Louis XIII), à la reine et au chancelier, la veille de la Chandeleur, le recteur adressa au roi le discours suivant :
ce Sire, ce cierge que nous venons offrir à Votre Majesté n'est pas pour vous porter de la lumière, mais pour la recevoir de vous, qui, l'unique et trèsagréable soleil de la France, éclairez de vos rayons les parties les plus éloignées de l'Univers. Pour cette raison, nous nous promettons que, comme le ciel vous a fait naître pour, dès votre berceau, étouffer ainsi qu'un Hercule les dragons et les serpents; pour, dès votre enfance, chasser ainsi qu'un Thésée les monstres de votre royaume, et pour, en la fleur de votre c\ge, étendre bien loin, ainsi qu'un Alexandre, les bornes de votre empire; de même il vous a ré-
serve pour, par la splendeur de votre sagesse, dissiper rignorance ; par la douce chaleur de votre bienveillance, échauffer et fomenter les beaux esprits; et par la vive influence de votre royale grandeur, rendre plus fleurissante que jamais la flUe des rois et la mère des lettres, l'Université de Paris. C'est, Sire, ce dont elle supplie très-humblement Votre Majesté, et de lui faire paraître d'autant plus volontiers les effets de votre bonté, qu'on la croit être exposée à un plus grand péril ; à savoir, en ce temps où les jésuites s'efforcent derechef de s'y établir, lesquels ayant déjà opprimé le corps entier de la robe séculière en tous les endroits de votre royaume, ne reste plus que le cœur seul qui vit et respire encore en votre Université de Paris, en laquelle étant une fois établis, ils s'en rendront aussitôt maîtres, comme ils ont fait en tous les autres lieux où ils sont entrés ; et par ainsi ne restant plus aucune compagnie en votre Royaume qui enseigne la jeunesse, autre que jésuite, voilà cette grande et célèbre Université suffoquée et abattue ; voilà ce corps vénérable qui a rendu tant de bons services à l'Église et à l'État; qui a fourni les peuples de pasteurs, les évêchés de prélats, les cours souveraines de juges et de présidents, le conseil des rois de chanceliers, de gardes des sceaux, de maîtres des requêtes, de conseillers et secrétaires d'État; qui a maintenu l'innocence de l'Église, la pureté des langues, l'intégrité des bonnes lettres, et les franchises et libertés de la France contre tous ceux qui les ont voulu opprimer; bref, qui a toujours été comme une forte bride pour arrêter la violence de toute doctrine nouvelle et étrangère, préjudiciable à l'Église et à l'État : voilà, dis-je, cette grande Uni-
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versité ruinée. Ce qui ne peut arriver sans un préjudice notable de Tun et de l'autre, c'est-à-dire de l'Église et de votre État. Ne permettez donc, ô grand roi, que ce beau et riche fleuron de la couronne de France se fane et se ternisse de votre temps. Ne permettez qu'il soit dit que cette grande et célèbre Université, conservée depuis neuf cents ans successivement par tous les rois vos devanciers, commç une pièce du tout nécessaire et essentielle à l'Église et à l'État, soit périe sous le règne de Louis le Juste, Louis le Sage, Louis le Débonnaire, Louis treizième, le roi le plus puissant et le plus grand du monde, Louis treizième qui par sa valeur et par sa sagesse du tout miraculeuse a redonné la vie à tous les autres membres de son État. C'est, Sire, la prière trèshumble qu'elle fait ce jourd'hui à Votre Majesté. Et recevant ce cierge de sa main, recevez tout ensemble les arrhes de sa fidélité, le gage de son obéissance, et une protestation très-entière de jurer plutôt sa propre ruine que de manquer au vœu qu'elle lui a fait d'être pour jamais sa très-affectionnée, très-sujette et très-humble servante *. »
Le recteur Dossier prononça ce discours le 2 février 1618; et il n'est pas impossible que Pierre Corneille, qui entrait alors au collège des jésuites de Rouen, l'ait connu et admiré. Aujourd'hui nous ne faisons plus de si belles harangues. Nous nous efforçons de parler avec naturel et simplicité. Je veux bien qu'on permette aux rhétoriciens d'écrire quelque discours; mais il sera sage de les exercer de préférence à des compositions d'un genre moins solenneL