‹ La réforme de l'enseignement secondaireChapitre 124 sur 135 · Id,, tb., liv. II, p · texte numérisé non relu

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378 ENSEIGNEMENT DE l'hISTOIRE.

D'Aubigné lui-même a hésité & publier son livre, « de peur de gagner, dit-il, le nom de turbulent et de républicain. » S'il n'y avait pas d'écrivains révoltés, nous n'aurions qu'une des faces de l'histoire.

Les inventeurs de la censure Font bien compris. Louis XIY a des historiographes officiels, et U enferme ou bannit quiconque élève trop haut la voix. Saint-Simon qui, à côté de lui, voyait tout et écrivait tout, se défendait de composer ses mémoires conmie d'un crime capital ; il prescrivit par son testament de ne les publier qu'un siècle après sa mort. Le roi suppjrime ainsi une partie de la vérité ; la lumière ne nous vient que par les fissures. Il faut chercher jusqu'au milieu des louanges, un mot échappé, un récit, un aveu qui montre les plaies cachées sous ce faste. Voici un passage de Fénelon, écrit en 1711; il est extrait d'un mandement pour des prières : « Bientôt il ne restera plus à nos campagnes désertes de quoi craindre ni la flamme ni le fer de l'ennemi. Ces terres, qui payaient le laboureur de ses peines par de si riches moissons, demeurent hérissées de ronces et d'épines. Les villages tombent; les troupeaux périssent. Les familles errantes loin de leur ancien héritage, vont sans savoir où elles pourront trouver un asile. Le Seigneur voit ces choses et il les souffre '. » Mais Fénelon est suspect : il passe pour un audacieux ; c'était au moins un mécontent. Prenons Mme de Sévigné. L'exemple est bien choisi; car il faut être au courant non-seulement de l'histoire, mais des anecdotes du temps pour comprendre les fameuses lettres.

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