Lettres de Madame de Sévigné, t. IV, p
ENSEIGNEMENT DE l'hISTOIRE. 381
ne voit point ici; on en parle assez ; elles font même quelquefois du bruit ; mais il n'y a rien d'effectif qu'à Marseille*. » Gela n'est pas d'un cœur qui approuve tout, ce La royauté est établie au delà de ce que vous pouvez imaginer : on ne se lève plus, et on ne regarde plus personne. L'autre jour, une pauvre mère toute en pleurs, qui a perdu le plus joli garçon du monde, demandait sa charge à Sa Majesté; Elle passa; ensuite, et toute à genoux, cette pauvre Mme de Froulai se traîna à ses pieds, lui demandant avec des cris et des sanglots qu'EUe eût pitié d'elle; Elle passa sans s'arrêter*. » Mme de Sévigné n'est pas plus indulgente pour le clergé. « J'ai tort, ma bonne, en vérité ; c'est moi qui suis hérétique ; j'offense les jésuites, et vous n'attaquez que le baptême: il n'y a pas de comparaison'. » On la pressait d'aller chez Mme de Bretonvilliers, qui était plus que bien avec l'archevêque, et chez laquelle se pressaient ceux et celles qui avaient un fils à pousser dans l'église; elle refusa. Elle parle de ce refus dans une lettre à Mme de Grignan : « Vous me faites souvenir de cette sottise que je répondis pour ne pas aller chez Mme de Bretonvilliers, que je n'avais qu'un fils; cela fit trembler vos prélats *. » Ailleurs : « Les Minimes de votre Provence ont envoyé une thèse au Roi, où ils le comparent à Dieu; mais d'une manière où l'on voit clairement que Dieu n'est que la copie ^ » Elle parle des grâces répandues par le Roi :