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ENSEIGNEMENT DE l'hISTOIRE. 383
Le pauvre homme est au Ghâtelet, il sera pendu dans un ou deux jours*. » Voilà le grand siècle. Non; voilà le triste et terrible côté d'un siècle vraiment grand. Je dis que c'est de l'histoire, et que les grands écrivains sont les grands historiens, même quand on censure les livres.
Le roi mort, on ne renonça ni à exiger des louanges, ni à craindre la vérité; mais les louanges ne coulaient plus de source, et la vérité trouvait des complices, jusque dans l'administration. RoUin, dans son Traité des Études, a tout un article sur l'art de louer, qui était alors une des grandes parties de la rhétorique. Il y condamne les louanges outrées et trop évidemment contraires à la réalité. « Il est un autre défaut moins choquant en apparence, mais non moins condamnable parce qu'il blesse la religion : c'est d'attribuer aux princes les qualités qui n'appartiennent qu'à Dieu, en les regardant comme les maîtres de la nature, qui en disposent à leur gré, qui changent l'ordre des saisons quand il leur plaît, et leur faisant croire qu'en donnant le titre de ministre, ils en donnent aussi le mérite ^ » On sent le voisinage des panégyriques de Louis XIV. RoUin cependant ne pousse pas trop loin l'austérité, car il cite comme modèles du genre les louanges prodiguées à Auguste par Horace, et à Louis XIV « par M. Despréaux, digne disciple d'Horace, qui a imité en plusieurs endroits l'habileté de son maître à louer. »
Ce doux siècle n^est plus. Le ciel impitoyable A placé sur le trône un prince infatigable :