Traité des Études, U Vf (XXVIII des Œuvres), p. 387 sqq
384 ENSEIGNEMENT DE l'hISTOIRE.
D brave mes douceurs, il est sourd à ma Toix ; Toos les jours il m^éveille au bruit de ses exploits*.
« Yoilày dit Rollin, un modèle parfait » Il y avait alors quatre censures : œlle des censeurs et du di~ recteur de la librairie, nommés par le Chancelier ; celle du Parlement, qui poursuivait directement quand il lui plaisait, et n'épargnait pas toujours les ouvrages que la censure avait autorisés; celle de l'archevêque, et celle de la Sorbonne. Le Parlement ne condamnait pas seulement le livre, il poursuivait aussi Taut^nr. Dans le procès intenté à Delisle de Sales, l'avocat général demanda contre lui omnia dira morterriy c'est-A-dire le carcan, la marque, le fouet, et les galères. VÉmilCy de J. J. Rousseau, fut persécuté partout, brûlé à Paris et à Genève, interdit même en Hollande. Quand l'auteur fut décrété d'ajournement personnel par le Parlement*, il voulut rester, affronter Vincennes ou la Bastille. Le prince de Conti l'avertit qu'il y allait peut-être du bûcher. 11 n'eut que le temps de s'enfuir. Le courant était la corruption et la faiblesse, mais avec des lois et des exceptions atroces. Le dix-huitième siècle n'en est pas moins le siècle de Voltaire et de l'Encyclopédie. Aussitôt après la mort de Louis XIV, la littérature des pamphlets éclate. Les mémoires, les satires, les révélations foisonnent. La Hollande, l'Angleterre, les imprimeries clandestines en inondent tout le pays en dépit de la police. Dans cette étrange et confuse mêlée, ce sont encore les grandes œuvres qui peignent le mieux ce siècle, et en racontent le plus